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    Montréal: le mégacentre commercial reçoit un appui de taille

    12 février 2015 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc
    Il vaudrait mieux attendre de voir en quoi consiste le projet de mégacentre commercial de Mont-Royal avant de le condamner, estime le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Michel Leblanc fait partie de ceux qui voient d’un bon œil l’arrivée du «Quinze40».

    «Il est très tôt pour tuer un projet, croit M. Leblanc. Dès la première journée, on est en train de dire à un promoteur privé qui veut investir 2 milliards de dollars que ce n’est pas une bonne idée. C’est une réaction dangereuse.»

    Selon M. Leblanc, il est également «absurde» d’invoquer la menace qui plane sur d’autres entreprises commerciales pour s’opposer au projet du promoteur Carbonleo, qui détient également le Quartier Dix30 de Brossard. Montréal s’enrichit. La population croît, le PIB augmente et le paysage commercial évolue. Si on craint pour les artères commerciales, c’est qu’il est temps d’y investir. «La première menace pour nos artères commerciales, c’est l’espèce d’indifférence, et même de complaisance, qu’on a eue face à ces artères, explique M. Leblanc. Dans le cas du Plateau-Mont-Royal, c’est encore pire. On a lancé le signal que ce n’était pas grave quand les commerces fermaient. Et qu’on n’avait pas besoin des consommateurs des banlieues.»

    Lundi, les élus de Projet Montréal, avec Luc Ferrandez à leur tête, se disaient prêts à partir en croisade contre le projet de centre commercial «lifestyle» de Carbonleo. Ce centre de 1,6 million de pieds carrés qui doit voir le jour à la jonction des autoroutes 15 et 40 dans un secteur industriel de Mont-Royal menace l’économie montréalaise et la santé des artères commerciales, avait fait valoir M. Ferrandez.

    De son côté, le maire Denis Coderre n’a pas voulu prendre position. Il a déjà discuté avec le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, et rencontré le promoteur lundi. Ce sera au tour des représentants des artères commerciales de Montréal dans les prochains jours. «Il ne faudrait pas que ça devienne un débat émotif. Il faut que ce soit vraiment factuel», a-t-il expliqué mercredi. «Je ne voudrais pas qu’on empêche une saine compétition. J’invite les gens à ne pas partir en peur», a-t-il ajouté tout en soulignant que Montréal ne pouvait décider de la réglementation de Mont-Royal.

    Michel Leblanc prévient toutefois que le problème de congestion observé dans le secteur des autoroutes 15 et 40 devra être réglé avant de songer à y installer un mégacentre commercial.

    Concurrence

    Professeure au Département de marketing à HEC Montréal, JoAnne Labrecque estime que la «cannibalisation» entre les places commerciales est inévitable si le bassin de consommateurs n’augmente pas. «La demande n’est pas en croissance en ce moment. Et le secteur du commerce de détail est en restructuration. Les habitudes des consommateurs changent et les ventes en ligne augmentent», signale-t-elle. Dans ce contexte, la nature du concept du futur «Quinze40» sera déterminante.

    Une certaine prise de conscience sociale des consommateurs envers l’économie locale pourrait profiter aux artères commerciales, mais de façon globale, une part d’inconnu subsiste quant aux habitudes des consommateurs dans trois à cinq ans, dit-elle.

    D’autres soulèvent des inquiétudes à l’égard de la planification urbaine dans le contexte où le projet de mégacentre commercial, voisin de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, se retrouvera à proximité de l’ancien hippodrome où un nouveau quartier doit voir le jour. «Il faut que ce soit planifié en fonction de l’ensemble afin que ce projet ne siphonne pas toute l’activité commerciale du futur quartier Blue Bonnets. Celui-ci ne doit pas être uniquement résidentiel. On n’arrêtera pas ce projet, mais il faut s’asseoir ensemble», dit Ron Rayside, associé principal chez Rayside Labossière architectes.












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