Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Cohabitation vélos-camions

    Un peu d’audace, SVP

    18 octobre 2014 | Mathieu Séguin - Membre de la Coalition vélo Montréal | Montréal
    La cohabitation est possible et souhaitable.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La cohabitation est possible et souhaitable.

    Après un été marqué par plusieurs collisions mortelles entre cyclistes et poids lourds, un article du Devoir du 16 octobre (« Les poids lourds en cause dans le tiers des morts à vélo ») présente des faits bien sombres, mais peu surprenants. Les camions font bel et bien mauvais ménage avec les utilisateurs les plus vulnérables de la route, surtout en ville, où l’espace est souvent plus restreint et l’activité, plus importante.

     

    Malgré tout, malgré des statistiques on ne peut plus claires, les accidents graves et les morts, que fait-on pour changer la situation ? Alors que de plus en plus de citoyens choisissent le vélo pour se déplacer, aller au travail, faire leurs achats, aller reconduire les enfants à la garderie, comment assure-t-on la sécurité de ces personnes dans leurs déplacements ? Comment peut-on continuer d’accepter que près du tiers des accidents mortels de cyclistes impliquent un camion ?

     

    Les problèmes ont beau être connus, on s’en tient essentiellement à des voeux pieux et aux petites mesures. À la suite du décès de Mathilde Blais en avril dernier, la Ville de Montréal a rapidement réagi, notamment en obligeant les véhicules lourds à circuler à gauche sous les viaducs. C’est mieux que rien, diront certains. Toutefois, l’occasion était belle pour que tous s’engagent clairement à régler durablement ce grave problème de partage de la route dans les zones les plus dangereuses. À la place, on envoie les camions à gauche, les vélos sur les trottoirs sous certains viaducs, et on croise les doigts. C’est la solution diachylon par excellence !

     

    Évidemment, les cyclistes et les piétons doivent s’assurer d’être aussi visibles que possible et éviter à tout prix de se retrouver dans l’angle mort d’un poids lourd. L’éducation et la sensibilisation ont donc leur place pour améliorer la cohabitation.

     

    Par ailleurs, où sont les infrastructures assurant une plus grande sécurité aux cyclistes dans les zones les plus fréquentées, comme autour du métro Vendôme où la Ville retarde l’implantation d’une piste cyclable sécurisée ? Et encore, même lorsque des bandes cyclables sont timidement installées, elles se transforment presque instantanément en zone de stationnement temporaire pour les taxis et les livreurs, forçant les cyclistes à les contourner et à se lancer subitement dans la circulation. Pire encore, ces bandes sont parfois cachées par des voitures stationnées ou collées sur leur gauche, augmentant ainsi le risque d’emportiérage.

     

    Qu’en est-il de l’application rigoureuse du règlement interdisant le stationnement à moins de cinq mètres d’une intersection ? Une mesure pourtant bien simple qui augmente la sécurité des piétons en augmentant considérablement leur visibilité là où les dangers sont les plus grands.

     

    Pourquoi l’industrie du transport s’entête-t-elle encore à refuser d’installer des protections latérales sur les camions alors qu’il s’agit d’une manière simple de réduire les décès en cas d’accidents ? La Ville de Montréal s’est engagée à installer de telles protections au fil des prochaines années et la Ville de Westmount l’a déjà fait, en plus d’équiper ses camions de caméras pour couvrir les angles morts.

     

    Tous doivent collaborer pour que ce sombre bilan ne se répète pas. La cohabitation entre l’ensemble des usagers de la route est possible et souhaitable, particulièrement entre les plus gros et les plus petits. Il suffit d’une dose de courtoisie de la part des usagers et d’un peu plus de volonté et d’audace chez les décideurs. Et la rue sera alors vraiment accueillante pour tous.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.