L’écrin de verre et d’aluminium du Carré Saint-Laurent pourrait accueillir le Centre d’histoire de Montréal

Vue de la tour du Projet Carré Saint-Laurent, depuis la rue Sainte-Catherine Est
Photo: Maquette architecture Provencher_Roy Vue de la tour du Projet Carré Saint-Laurent, depuis la rue Sainte-Catherine Est

Le Carré Saint-Laurent, projet immobilier majeur attendu pour combler la plaie béante qui persiste sur la Main au coeur du Quartier des spectacles, pourrait consacrer tout le premier étage de son futur édifice de verre et d’aluminium au Centre d’histoire de Montréal.

 

Les plus récentes images numériques de l’ensemble architectural, obtenues par Le Devoir, dévoilent en effet un bâtiment translucide, drapé de parements de verre sur toute sa hauteur, qui laisserait une place substantielle à des salles de projections et d’expositions idéales pour un musée ou un organisme culturel.

 

Selon les plus récents plans, tout le premier étage, situé entre le Monument-National et le Café Cléopâtre (qui a refusé les offres d’achat des promoteurs) pourrait être consacré à un locataire « culturel » prestigieux. Ces espaces seraient d’ailleurs logés en grande partie derrière les façades historiques démantelées en 2012, que le promoteur, la Société de développement Angus (SDA), s’est engagé à réintégrer dans son projet final.

 

Lors de la séance du conseil municipal du 18 août, le maire Denis Coderre, en réponse à une intervention du chef de l’opposition, Richard Bergeron, s’est en outre dit très ouvert à l’idée de faire du Carré Saint-Laurent le nouvel hôte du Centre d’histoire de Montréal, actuellement situé dans la caserne de pompiers de la place D’Youville. « Je suis tout à fait d’accord avec la question du Carré Saint-Laurent. Que l’on puisse également y mettre le Centre d’histoire de Montréal pourrait être une excellence chose pour donner un caractère historique. […] Dans le contexte patrimonial, c’est quelque chose qu’on doit prendre en considération », a dit le maire, qui s’est montré impatient de poser cette dernière pierre au secteur ouest du Quartier des spectacles.

 

Le chef de Projet Montréal estime qu’il s’agit d’un « projet prioritaire » pour Montréal. « Le Carré Saint-Laurent est un projet magnifique et la Ville doit aider à le réaliser pour 2017 », a insisté M. Bergeron mardi.

 

Le projet Carré Saint-Laurent, lancé en grande pompe en décembre 2013 par le gouvernement Marois, est en suspens depuis que le nouveau gouvernement, principal locataire des futurs bureaux, a annoncé en juin dernier son intention de se retirer de ce projet, jugeant le loyer projeté excessif. La première pelletée de terre, prévue à la fin août, a été reportée jusqu’à nouvel ordre.

 

Selon les explications obtenues de la Société québécoise des infrastructures (SQI), le promoteur a travaillé pendant l’été « à revoir son projet » pour se rapprocher des impératifs financiers du gouvernement. De son côté, la SDA confirme être à la recherche de solutions pour respecter les « paramètres administratifs » de Québec. Au cabinet du ministre responsable de la métropole, Robert Poëti, on a indiqué mardi que ce dernier, tout juste de retour de vacances, avait l’intention de rencontrer très prochainement les promoteurs.

 

Un vaisseau de verre au coeur du QdS

 

Chose certaine, la dernière mouture des plans du Carré Saint-Laurent laisse prévoir un ensemble architectural très aérien, dominé par le verre et l’aluminium, qui créera un pont entre le riche passé historique du boulevard Saint-Laurent et la nouvelle place publique projetée sur l’esplanade Clark.

 

« Les matériaux utilisés créeront des zones d’ombres et de lumière qui donneront de la verticalité et de la transparence au bâtiment. Le parement extérieur aura l’aspect d’un rideau texturé et fluide, qui jouera avec la lumière du jour et de la nuit. Cela sera fait dans le même esprit que l’ajout fait au Ritz-Carlton ou le pavillon Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Le bâtiment sera très contemporain, mais reprendra le rythme de la rue », a expliqué l’architecte au Devoir.

 

À 49 mètres, le corps principal de l’édifice dédié aux bureaux prévoit un dégagement suffisant pour libérer la vue de la montagne depuis l’hôtel de ville, comme l’exige un règlement municipal. Campée à l’angle de Sainte-Catherine et Clark, une tour logeant 135condominiums s’élèvera toutefois à 65 mètres.

 

Au rez-de-chaussée, des halles marchandes décloisonnées, destinées à des comptoirs alimentaires et d’autres commerces gourmands, totalement ouvertes aux piétons sur le boulevard Saint-Laurent, rappelleront le passé métissé de la Main. L’espace sera traversé en diagonale par un passage piétonnier reliant l’esplanade Clark à une autre entrée située sur Saint-Laurent, à deux pas du Monument-National. Le projet actuel prévoit que ces halles, l’espace culturel et les bureaux, qui envelopperont le Café Cléopâtre sur deux côtés, seront reliés à la tour d’habitation par des passerelles et des toits verts.

1 commentaire
  • Claude Bélanger - Abonné 3 septembre 2014 05 h 53

    De quel architecte ? Provencher_Roy?

    D'après la vignette de la photo, ce serait un immeuble signé Provencher_Roy. On peut alors penser que ce sera un édifice de qualité. En partant, c'est difficile de faire un immeuble de verre qui soit vraiment transparent, comme le suggèrent les dessins.