Policiers à louer: le SPVM sur un fil de fer, dit Bergeron

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Au service du public ou des entreprises ? Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) marche sur un fil de fer en permettant au secteur privé de « louer » ses agents, estime le chef de l’opposition officiel à l’Hôtel de Ville, Richard Bergeron.

 

Comme le révélait Le Devoir dans son édition de vendredi, la Ville de Montréal cherche actuellement à accroître ses revenus en permettant à des entreprises de faire appel, à fort prix, aux services de policiers municipaux. La Commission de la sécurité publique a récemment recommandé d’augmenter les activités commerciales de la police, en raison des difficultés budgétaires de la Ville.

 

De telles pratiques ne posent pas de problèmes lorsqu’il s’agit de rediriger la circulation en raison de tournages de films ou d’émissions de télévision, mais la chose est plus ambiguë lorsque des entreprises font appel à la police pour gérer la foule lors d’événements ou à proximité d’hôtels ou de centres commerciaux, estime Richard Bergeron. « S’il se produit un événement qui requiert une réelle intervention policière, puisqu’il est engagé à l’extérieur des heures de travail, va-t-ilintervenir ? Il y a un ensemble de considérations éthiques qui doivent être considérées », affirme le chef de Projet Montréal.

 

Le seul membre de Projet Montréal à siéger à la Commission de la sécurité publique, le vice-président FrançoisLimoges, se trouvait à l’extérieur du pays lorsque la commission a formulé les recommandations portant sur la commercialisation des services du SPVM. Projet Montréal ne s’oppose pas totalement à l’initiative, mais souhaite que cette pratique soit codifiée de façon stricte.

 

« C’est une question de bon sens. Déjà, le chef de police Marc Parent a une approche beaucoup plus posée que son prédécesseur Yvan Delorme à ce sujet. »

 

 

8 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 19 juillet 2014 05 h 56

    Troublant

    On se croirait dans une république de bananes.

  • François Bélanger Boisclair - Abonné 19 juillet 2014 10 h 14

    Problème éthique

    La commercialisation des corps policiers pose un problème éthique. Il s’agit ici de payer pour la protection policière. Quelle est la différence entre cette pratique et celle qui se faisait dans le Redlight de Montréal? La ligne est mince.

    Payer pour la location de voiture de police pour le cinéma est une chose. Payer pour avoir plus de protection lors d’événements spéciaux en est une autre.

  • Pierre Germain - Inscrit 19 juillet 2014 10 h 40

    Article 9 du Code de déontologie des policiers du Québec:

    Le policier doit exercer ses fonctions avec désintéressement et impartialité et éviter de se placer dans une situation où il serait en conflit d'intérêts de nature à compromettre son impartialité ou à affecter défavorablement son jugement et sa loyauté.

    Messieurs Coderre, Parent et Limoges, portez une réflexion sérieuse là-dessus.

  • Pierre Germain - Inscrit 19 juillet 2014 12 h 02

    Certains élus se laisseraient-ils aveugler par le Dieu Dollar? Il faut croire que oui!

    Cependant, au moment où le SPVM peine à contrer les agissements plus que répréhensibles de ses éléments "de type 728" et à inculquer des notions élémentaires d'éthique et de professionalisme à ses membres, au moment où le SPVM est régulièrement secoué par scandales par dessus scandales (démission nébuleuse de Delorme, BCIA, 728, bavures policières avec décès, taupes, ...), transformés les policiers du SPVM n'est peut-être pas l'idée du siècle.

    Il me semble qu'un bon ménage au SPVM est beaucoup plus urgent...

  • Pierre Germain - Inscrit 19 juillet 2014 14 h 40

    Erratum à mon commentaire de 12 h 02

    Putôt lire:

    "... transformer les policiers du SPVM en mercenaires n'est peut-être pas l'idée du siècle."