Rentrée infernale en vue

Les coûts de reconstruction du complexe Turcot sont évalués à 3,7 milliards.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les coûts de reconstruction du complexe Turcot sont évalués à 3,7 milliards.

D’autres jours difficiles s’annoncent pour les automobilistes : dans le cadre des travaux d’entretien de l’échangeur Turcot, deux bretelles seront entièrement fermées à la circulation à compter du mois d’août, et ce, pour trois mois, a appris Le Devoir. Les autorités de l’arrondissement montréalais du Sud-Ouest et les citoyens appréhendent un afflux de circulation dans les environs du marché Atwater.

 

Porte-parole du ministère des Transports du Québec (MTQ), Mario St-Pierre admet que ces fermetures seront importantes. Les travaux consistent à réparer la surface de béton sur la bretelle menant de l’autoroute 20 Est à l’autoroute 15 Nord, et sur celle de l’autoroute 720 Ouest vers l’autoroute 15 Sud, en direction du pont Champlain.

 

Près de 22 500 véhicules

 

La première bretelle est empruntée par 15 000 véhicules chaque jour en moyenne (débit journalier moyen annualisé), alors que la seconde accueille une circulation quotidienne de 7400 véhicules.

 

Les travaux prévus sur ces bretelles s’apparentent à ceux effectués sur les deux bretelles menant de l’autoroute 15 Nord vers la 20 Ouest et la 720, qui ont été fermées au printemps dernier pour plusieurs mois.

 

La fermeture de ces bretelles avait causé tout un émoi en mars dernier quand le MTQ avait annoncé l’imminence des travaux. Les autorités de la Ville de Montréal avaient affirmé avoir appris par communiqué ces importants chantiers. Le maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman, avait dénoncé le chemin de contournement proposé par le MTQ, qui imposait un détour de 5 kilomètres aux automobilistes.

 

Le MTQ avait affirmé avoir prévenu les autorités municipales plusieurs semaines à l’avance et avait soutenu que la déviation suggérée permettait de concentrer la circulation sur son propre réseau.

 

Une surprise pour l’arrondissement

 

À l’arrondissement du Sud-Ouest, on ignorait la fermeture de deux bretelles de l’échangeur à compter du mois d’août, mais ces travaux n’étonnent pas Éric Cimon, conseiller politique du maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais.

 

En attendant la reconstruction de l’échangeur Turcot, les fermetures complètes ou partielles de bretelles sont fréquentes en raison du délabrement de l’infrastructure. Une situation qui met la patience des résidants du Sud-Ouest à rude épreuve. Le Sud-Ouest appréhende le flot supplémentaire de véhicules que la fermeture de la bretelle menant vers le pont Champlain pourrait engendrer dans le secteur du marché Atwater et sur la rue Saint-Antoine Ouest.

 

« Il y a les travaux de l’échangeur Turcot, oui, mais c’est toute une série de travaux qui se déroulent simultanément dans le secteur. Les résidants du Sud-Ouest sont fortement sollicités », souligne, indulgente, la directrice de l’organisme Prévention Sud-Ouest, Diane Lemon, citant en exemple la revitalisation de l’autoroute Bonaventure.

 

Aux bouchons de circulation dans le quartier s’ajoutent des inquiétudes quant à la qualité de l’air et la sécurité des piétons, notamment parce que le secteur compte de nombreuses écoles et centres de la petite enfance, ajoute-t-elle. « Plus il y a de véhicules à l’arrêt, plus il y a de la pollution. De plus, souvent, les gens ont été retardés par des bouchons de circulation à cause des travaux. Ils ont le pied un peu plus pesant sur l’accélérateur une fois que c’est passé. Il n’y a pas eu d’accidents majeurs jusqu’à maintenant, heureusement. »

 

Selon M. Cimon, les communications sont fréquentes entre le ministère et l’arrondissement à ce sujet.

 

M. Cimon espère que les citoyens seront nombreux, le 9 juillet prochain, à participer à la réunion du comité de bon voisinage mis sur pied par le MTQ dans le cadre du projet Turcot, dont le but est de faciliter les échanges avec les riverains des secteurs touchés par les travaux. « On essaie d’inciter les citoyens à participer à cette réunion pour faire entendre leurs revendications, dit-il. La Ville ne peut pas être la porte d’entrée des plaintes sur le bruit, la poussière et le camionnage. »

 

Pour sa part, le MTQ indique que les déviations qui seront proposées aux automobilistes n’ont pas encore été déterminées. « On va collaborer avec toutes les instances et [tous les] partenaires dans ce secteur », tient à préciser Mario St-Pierre.

5 commentaires
  • Marie-Claude Lefrancois - Inscrite 8 juillet 2014 03 h 40

    Les liaisons avec les usagers

    Conjointement à ce bordel, le service de liaison aux usagers, du ministère des transports, doit fermer. Ce service, qui faisait le lien entre les municipalités, les contracteurs, les évènements majeurs à Montréal et la circulation sur les routes, (qu'on soit automobiliste, cycliste ou piéton), les gens ordinaires qui appelaient pour signaler des problèmes ainsi que les policiers et journalistes préoccupés des infrastructures routières et de la circulation.

  • François Dugal - Inscrit 8 juillet 2014 07 h 52

    Historique

    La bretelle 20 ouest vers 15 sud a été fermée pendant 6 longs mois, de juin 2012 à janvier 2013, parce le contracteur a été pris dans des magouilles et ce chantier est devenu orphelin.
    Pendant ces 6 mois, je suis passé par le marché Atwater, moi aussi.

  • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 8 juillet 2014 09 h 52

    Coûts

    3.7 milliards, c'est avec ou sans la corruption?

  • Sylvain Labelle - Abonné 8 juillet 2014 12 h 13

    Apathie

    Ceci est le résultat d'une apathie général de la part de la population en général et plus particulièrement de l'arrondissement Sud-ouest. Nous avons formé un groupe que proposait de conserver l'échangeur sous sa forme actuelle tout en le consolidant. Un groupe d'ingénieur et chercheur en structure nous ont prouvé hors de tout doute raisonnable que la structure interne des piles était en excellente état. Le MTQ sous les pressions du parti Libéral de Jean Charest voulait en nouvel échangeur de 6 milliards de dollars afin de saupoudrer de l'argent en retour d'ascenseur pour le financement des élections. Le MTQ n'était que les "yes men" des politiciens. Le MTQ a orchestré de main de maître une campagne de peur et de désinformation concernant l’état de l’échangeur. L’incompétence des ingénieurs du MTQ jumelé au manque de ressources ont culminé en une série d’allégations démagogiques.
    Tout ce que je mentionne a été révélé par la commission Charbonneau. Seulement un soulèvement de la population aurait pût mettre fin au cauchemar qui s'annonce pour quelques décennies à venir et au delà. L’enclavement des 4 quartiers de l’arrondissement, l’accroissement de la pollution atmosphérique (poussière, particules fines, le bruit et le CO2 provenant de l’augmentation du débit de circulation avec plus de 300,000 véhicules par jour) risque d’entraîner une augmentation du nombre d’incidences cardiaque et de maladies pulmonaires vont entraîner des coûts astronomiques pour l’ensemble des contribuables québécois. Vous n’avez pas idée des conséquences qu’entraîneront ces travaux pour plusieurs générations à venir. Tout ceci pour flatter l’égo de quelques politiciens véreux. En passant, le pont Champlain a aussi fait l’objet d’une campagne de propagande démagogique car l’ingénieur responsables des trois ponts de juridiction fédéral a démontrer la viabilité de le structure et l’économie substantielle (1,2 milliards versus 6 milliards ou plus pour un nouveau pont à péage) de la restauration a

  • Olivier Mauder - Inscrit 8 juillet 2014 15 h 29

    L'enfer

    J'habite le quartier et c'est l'enfer. On est doublement pénalisés car les travaux se situent sur l'échangeur Turcot et aussi au niveau du pont Champlain. On a eu le droit aussi pendant des mois, l'an dernier, je crois, à des travaux au niveau du tunnel St-Rémi.

    On se retrouve en fait totalement prisonniers sur l'île de Montréal.

    De plus, les automobilistes d'un peu partout viennent encombrer nos petites rues de quartier.

    Et en plus, et cela le maire Dorais est responsable, ils ont la bonne idée de multiplier les condos, ce qui augmente le nombre d'autos. Sans parler de la voie de chemin de fer avec les citernes de pétrole qui traversent St-Henri et Pointe St-Charles.

    Le paradis sur terre, comme je vous dis. C'est bien beau les pistes cyclables le long du canal Lachine mais quel paysage de fin du monde !!!