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    Souriez, on vous filme

    Le maire Coderre veut augmenter la vidéosurveillance dans les «coins chauds» de Montréal

    La vidéosurveillance est déjà tellement répandue qu’il est à peu près impossible de marcher au centre-ville sans être filmé, souligne Christian Boudreau, professeur à l’École nationale d’administration publique.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La vidéosurveillance est déjà tellement répandue qu’il est à peu près impossible de marcher au centre-ville sans être filmé, souligne Christian Boudreau, professeur à l’École nationale d’administration publique.
    Elles sont partout, et il faudra s’y faire : la surveillance par caméra dans les endroits publics, souhaitée par le maire Denis Coderre, est en forte progression partout dans le monde, y compris à Montréal, malgré des effets contestés sur la baisse de la criminalité.

    La vidéosurveillance est déjà tellement répandue qu’il est à peu près impossible de marcher au centre-ville sans être filmé, souligne Christian Boudreau, professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP). Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit avoir placé une vingtaine de caméras vidéo dans les endroits publics, la Société de transport de Montréal (STM) en a installé 1200, notamment dans le métro, et l’Office municipal d’habitation en posséderait 1000.

    Il faut ajouter à cela des centaines de caméras qui scrutent vos moindres faits et gestes dans les hôpitaux, les écoles, les restaurants, les édifices publics, les bars, les casinos, les parcs et les commerces, note Christian Boudreau.

    « La vidéosurveillance est l’un des mécanismes de sécurité qui connaît la progression la plus forte dans le monde, malgré la vive opposition de citoyens, de journalistes, de chercheurs, de “ chiens de garde ” gouvernementaux et d’organismes de la société civile », écrit le professeur dans une étude publiée en juillet 2013 dans la Revue canadienne de criminologie et de justice pénale.

    Il a étudié l’installation de caméras de surveillance dans une vingtaine de villes canadiennes, dont Montréal. Il note que la vidéosurveillance est largement acceptée, et même souhaitée par la population, malgré les risques d’intrusion dans la vie privée. « Le sentiment de sécurité, réel ou perçu, prend le dessus sur le respect de la vie privée », dit-il en entrevue au Devoir.

    « Assistons-nous en ce moment à la mise en place graduelle d’une infrastructure de “ surveillance totale ” des lieux publics ? Comment surveiller et encadrer le déploiement de caméras de surveillance toujours plus nombreuses, intelligentes et interconnectées pour éviter les dérives possibles en matière de vidéosurveillance et de contrôle social ? », écrit-il.

    Consultations

    Malgré ces risques de « dérives », le maire Denis Coderre a suggéré mercredi que davantage de caméras de surveillance soient installées dans les secteurs chauds de la ville par mesure de sécurité.

    En point de presse, M. Coderre a indiqué qu’il souhaitait lancer un débat sur la question à la suite des inquiétudes exprimées par des résidants et commerçants du Village. Le maire a rappelé que Le Devoir a fait état il y a deux semaines d’une vague d’agressions dans le quartier gai et de l’insécurité ressentie par les citoyens. « Je crois qu’on a besoin de plus de caméras de surveillance, mais je veux m’être assuré qu’il y a un cadre légal pour qu’on puisse protéger les renseignements personnels, et je lance le débat », a-t-il expliqué.

    Denis Coderre croit qu’il faut envisager un recours accru aux caméras de surveillance pour lutter contre le crime, mais surtout pour rassurer les citoyens. Le Village compte déjà plusieurs caméras de surveillance, mais d’autres pourraient être installées dans ce secteur. Le maire estime que plusieurs « coins chauds » de la ville pourraient aussi être dotés de caméras, et peut-être même des parcs.

    Avant de prendre une décision, M. Coderre veut analyser les effets de la vidéosurveillance sur la criminalité et sonder les citoyens.

    Membre du comité exécutif, le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, considère que la question des caméras de surveillance mérite d’être étudiée. « Il faudra voir jusqu’à quel point il y a une corrélation entre la présence de caméras et une baisse de la criminalité. »

    Selon le professeur Christian Boudreau, il existe des études contradictoires sur l’effet des caméras de surveillance sur la criminalité. Il ne fait cependant aucun doute que la vidéosurveillance aide les policiers à mener des enquêtes, comme on l’a vu après les attentats au marathon de Boston et dans le métro de Londres, notamment.
    La vidéosurveillance est déjà tellement répandue qu’il est à peu près impossible de marcher au centre-ville sans être filmé, souligne Christian Boudreau, professeur à l’École nationale d’administration publique. En matinée, Denis Coderre a demandé au directeur du Service de police de la Ville de Montréal d’expliquer aux membres du comité exécutif les règles qui encadrent la gestion de caméras de surveillance dans les lieux publics.












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