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    Un nouvel affront de Québec envers la métropole

    Les quatre candidats à la mairie de Montréal dénoncent le projet de règlement sur les travaux autoroutiers

    26 octobre 2013 | Jeanne Corriveau | Montréal
    Ce projet de règlement permettra à Québec de réaliser des travaux autoroutiers sur le territoire montréalais sans tenir compte des objections de la Ville en matière d’environnement.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Ce projet de règlement permettra à Québec de réaliser des travaux autoroutiers sur le territoire montréalais sans tenir compte des objections de la Ville en matière d’environnement.
    Une fois de plus, Québec fait preuve d’une attitude cavalière à l’égard de la métropole, estiment les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal. Denis Coderre, Richard Bergeron, Marcel Côté et Mélanie Joly s’entendent pour condamner le projet de règlement du gouvernement qui lui permettra de réaliser des travaux autoroutiers sur le territoire montréalais sans tenir compte des objections de la Ville en matière d’environnement.

    « C’est totalement indécent. Agir de cette façon-là, c’est un manque de respect pour la métropole. » Voilà les termes utilisés par Denis Coderre pour décrire l’initiative du gouvernement visant à écarter les villes du processus d’approbation environnementale des projets autoroutiers en milieu urbain. Rappelons que ce projet de règlement a fait l’objet d’une publication dans la Gazette officielle du Québec le 7 août dernier.

     

    L’exemple Turcot

     

    Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n’est pas plus tendre que son adversaire. Il a encore sur le coeur la façon dont s’y est pris le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour imposer à la Ville de Montréal son projet de reconstruction du complexe Turcot. « Il n’en est pas question. Ça voudrait dire que même le maire de Montréal n’aurait rien à dire sur quoi que ce soit. Ça serait terrible. Comment peut-on être aussi insensible à l’avenir de la métropole du Québec ? » se demande M. Bergeron.

     

    Le chef de Coalition Montréal, Marcel Côté, est tout aussi tranchant : « Le ministère des Transports est un des ministères les moins compétents. C’est eux qui nous ont donné les problèmes liés à l’échangeur Turcot. Sur la base de l’échangeur Turcot, on ne peut pas laisser faire le MTQ, avec ses gros sabots et son insensibilité à la réalité urbaine. »

     

    « Ça n’a aucun sens », croit pour sa part Mélanie Joly. « On ne peut pas penser que la construction d’une autoroute n’a pas d’impact sur une ville. C’est la Ville qui a la responsabilité de l’aménagement du territoire », a-t-elle rappelé.

     

    Économiser du temps et de l’argent

     

    Le MTQ et le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) ont invoqué la nécessité de gagner du temps et de réduire les coûts des grands projets pour justifier leur décision de soustraire les projets de reconstruction et d’élargissement des autoroutes en milieu urbain de la nécessité d’obtenir un certificat d’autorisation des villes concernées.

     

    Dans les faits, ce sont les délais occasionnés par la Ville de Montréal et l’arrondissement du Sud-Ouest dans le cadre de la reconstruction du complexe Turcot qui sont à l’origine du projet de règlement. Après qu’un avis eut été publié dans la Gazette officielle, la Ville a exprimé son opposition au projet qui la privera de sa capacité à faire respecter la réglementation municipale en matière d’environnement, dit-elle.

     

    Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Rimouski, Éric Forest, comprend mal la définition que le gouvernement donne au mot « partenaire ». « C’est un peu frustrant, a-t-il indiqué au Devoir. D’un côté, ils nous confient le mandat de l’aménagement de notre territoire, nous disent que nous devons développer des environnements de participation citoyenne, dégager des consensus comme pour le PMAD [Plan métropolitain d’aménagement et de développement] et faire des plans d’urbanisme. De l’autre côté, ils arrivent et nous tassent. Nous n’avons pas un mot à dire. Ben voyons ! C’est un partenaire, ça ? Entre l’esprit et le geste, il y a parfois des écarts incompréhensibles. »

     

    M. Forest cite la volte-face du gouvernement au sujet de l’entente fiscale entre les villes et le gouvernement. La première ministre Pauline Marois avait promis un remboursement à 100 % de la TVQ, dit-il. « On n’est plus là-dedans, on est à 62 % », déplore-t-il.

     

    Une vraie métropole

     

    Pour les quatre candidats à la mairie de Montréal, ce nouvel incident démontre que le temps est venu d’établir un véritable partenariat entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. « C’est n’est plus vrai que les villes sont des créatures des provinces. On doit avoir un partenariat solide », soutient Denis Coderre, en évoquant l’entente conclue entre le gouvernement de l’Ontario et la Ville de Toronto qui accorde à celle-ci une autonomie enviable.

     

    « Je demande au gouvernement de réévaluer sa décision, ajoute M. Coderre au sujet du projet de règlement sur les travaux autoroutiers. C’est très clair qu’à partir de la semaine prochaine, mon administration va jouer un rôle de premier plan, parce qu’en matière d’environnement, avec ce qui s’en vient, le pipeline et les autres dossiers, on aura besoin d’avoir un partenariat entre le gouvernement et la métropole. »

     

    Richard Bergeron promet aussi que le gouvernement le trouvera sur son chemin s’il est élu à la mairie : « J’espère que ça n’aura pas de suite, que ce n’est qu’un ballon d’essai. Mais si ça devait avoir lieu, sachez que le maire de Montréal, si c’est moi, oh ! que je vais parler haut et fort ! Et bonne chance au gouvernement pour réussir à faire ce genre de projet. »

     

    Marcel Côté croit que Québec renoncera à son projet de règlement. « Je pense que c’est une décision qui a été prise à la hâte par le gouvernement du Québec et qui sera révisée. C’est impossible à Montréal de faire des travaux sans demander la permission de la Ville. Ça vous montre l’insensibilité du gouvernement du Québec. Il l’a d’ailleurs démontré dans bien des dossiers comme celui de la Charte des valeurs et la question de la langue. »

     

    Comme elle l’a fait depuis le début de la campagne électorale, Mélanie Joly soutient que Québec devrait accorder un statut particulier à Montréal de même qu’une part de 0,5 % de la TVQ générée sur son territoire de manière à ce que la métropole puisse diversifier ses sources de revenus. Elle s’engage aussi, si elle est élue mairesse le 3 novembre, à faire la tournée des régions. « C’est une question d’affirmation et de dialogue avec les régions. Montréal doit rebâtir son « capital politique » à travers le Québec. »

     

    Jeudi, dans une déclaration transmise au Devoir par courriel, le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a soutenu que son ministère ne contournait pas les normes environnementales ni le processus d’obtention d’un certificat d’autorisation. « Nous permettons seulement d’accélérer les projets majeurs du MTQ, dans l’ensemble du Québec, et de diminuer leurs coûts. C’est une question d’efficacité et d’efficience, dans une vision plus large d’allégements administratifs, qui profitera à l’ensemble des contribuables québécois », avait-il fait savoir.

     

    De son côté, le cabinet du ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a assuré que le gouvernement tiendrait compte des commentaires des municipalités dans l’étude de son projet de règlement.

    Ce projet de règlement permettra à Québec de réaliser des travaux autoroutiers sur le territoire montréalais sans tenir compte des objections de la Ville en matière d’environnement. Pour Denis Coderre, Mélanie Joly, Marcel Côté et Richard Bergeron, ce nouvel incident démontre que le temps est venu d’établir un véritable partenariat entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. Mélanie Joly Richard Bergeron Marcel Côté
     
     
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