Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Libre opinion - La déplorable partialité du DGE et de l’INM

    10 septembre 2013 |Michel Brûlé - Éditeur | Montréal

    Le 16 août dernier, l’Institut du Nouveau Monde a organisé un débat entre quatre candidats à la mairie de Montréal, soit Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly.

     

    Pendant dix jours, j’ai fait des pressions pour y participer en donnant des entrevues aux médias et par une mise en demeure envoyée à l’organisme la veille de l’événement. De son côté, Michel Venne, directeur de l’INM, n’est pas revenu sur sa décision de m’exclure du débat et, quand les journalistes lui ont demandé pourquoi il avait invité Mélanie Joly, qui est candidate indépendante comme moi, il a répondu que c’était à cause de son jeune âge (elle a 34 ans). En tant qu’éditeur, j’ai toujours dénoncé la discrimination faite sur la base de l’âge en publiant notamment un livre sur les clauses de disparité de traitement qui affectent les jeunes travailleurs. Toute ma vie, j’ai défendu la cause des jeunes, comme en témoignent les essais Interdit aux autruches et Génération IDéaliste, publiés respectivement en 1997 et en 2004. Aujourd’hui, à 49 ans, je crois toujours en notre jeunesse.

     

    L’INM se définit comme « un organisme non partisan dont la mission est de favoriser la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec ». Il est paradoxal d’avoir ces prétentions et d’exclure du débat un éditeur, renommé pour ses livres polémiques. (Rappelons que j’ai publié Normand Lester, Jacques Parizeau, Richard Le Hir et beaucoup d’autres.) Peu importe cette contradiction, peut-être que vous vous direz que l’INM avait le droit d’organiser un débat avec les candidats de son choix, et ce point de vue est défendable.

     

    Le lendemain du débat, j’ai appris que le Directeur général des élections du Québec était l’un des partenaires officiels de l’INM ! Le DGE, qui est censé être d’une neutralité absolue, s’associe à un organisme, qui approuve le favoritisme politique ! Quatre jours durant, Michel Venne a défendu bec et ongles son choix de m’exclure du débat, et le DGE n’a pas réagi. Le DGE doit jouer le rôle de chien de garde de la démocratie et il a perdu toute sa crédibilité en n’intervenant pas dans ce dossier. Le DGE aurait dû sommer l’INM d’inviter tous les candidats autorisés sous peine de retirer son partenariat. En n’ayant pas pris position, le DGE s’est placé dans une situation inacceptable. Si le DGE encourage la partialité, quelle institution démocratique nous reste-t-il ?

     

    Après le débat auquel j’ai assisté en tant que spectateur, un journaliste de Radio-Canada m’a interviewé en me demandant ce que j’aurais dit si j’avais participé au débat. J’ai répondu que j’étais le seul à avoir une position claire face à la langue et qu’aucun des candidats ne faisait la différence entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme collectif. Sur une base individuelle, ai-je expliqué, il est bien de parler l’anglais (je suis moi-même polyglotte), mais dans toutes les villes bilingues, il y a une langue qui empiète sur l’autre et, à Montréal, l’anglais gagne du terrain au détriment du français. Eh bien, cette entrevue n’a pas été présentée aux nouvelles de fin de soirée. Le dimanche 25 août, Isabelle Perras, vice-présidente et directrice générale, Citoyen Optimum, une firme de relations publiques, a commenté l’actualité municipale à RDI Matin et elle a affirmé que je ne serais invité dans aucun débat.

     

    Il y a quelques mois, la Chambre de commerce de Montréal avait brossé le portrait du candidat idéal et je pense avoir le profil qu’il faut. Je suis un homme d’affaires prospère et j’ai des idées de gauche. Je suis dynamique, fonceur et innovateur. Enfin, je suis d’une intégrité exemplaire et comme je le dis souvent : « Je préfère mourir qu’être croche. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.