Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?

    Montréal - Le pétrole de Suncor

    10 août 2013 |Bernard Descôteaux | Montréal

    Il y a quelques années à peine, le gouvernement du Québec envisageait de construire le CHUM sur le site Rosemont sans trop s’inquiéter de la proximité d’un des principaux axes ferroviaires de Montréal. Les questions de sécurité avaient été soulevées, sans être pour autant un obstacle au projet, qui n’a pas été réalisé à cet endroit pour d’autres raisons. C’était avant Lac-Mégantic, qui nous a appris à quel point le train et les produits dangereux, comme le pétrole, pouvaient être un cocktail meurtrier.

     

    Les municipalités canadiennes ont entrepris de faire pression sur Ottawa pour forcer les compagnies ferroviaires à les informer des matières dangereuses transitant à travers leurs territoires. En cas de sinistre, les premiers intervenants seront les services municipaux d’urgence, qui doivent connaître la nature du risque auquel ils sont confrontés. Invoquant la concurrence, les transporteurs refusent ce partage d’information, se contentant d’indiquer sur chaque wagon son contenu. Ce serait pourtant facile de partager l’information. Tous les transporteurs disposent de logiciels pour suivre en temps réel le déplacement des produits transportés.

     

    Le cas de Montréal est éloquent. Le Centre de sécurité civile, qui regroupe tous les services d’urgence, ne dispose pas d’information précise sur la nature des produits transportés et la fréquence des transports. C’est un non-sens pour une ville de cette taille où le risque est proportionnel à la densité de la population. Ces prochains mois, le Canadien National ou le Canadien Pacifique commenceront à alimenter par rail la raffinerie Suncor de Pointe-aux-Trembles de pétrole brut provenant de l’Ouest. De 10 000 à 15 000 barils de pétrole seront livrés chaque jour, soit l’équivalent d’une vingtaine de wagons par jour. Suncor a confirmé ce projet. Quelles voies emprunteront ces wagons ? Ce sera le transporteur qui choisira, mais il ne sera pas à même d’évaluer seul les risques dans un milieu urbain. On verra bien si Lac-Mégantic a réveillé le sens civique du CN et du CP.

     

    Les autorités municipales montréalaises doivent rapidement intervenir avant d’être mises devant un fait accompli. Elles doivent s’assurer que soit choisi le trajet le moins risqué. Elles doivent aussi exiger que les wagons-citernes utilisés soient ceux de dernière génération et sécuritaires. Les candidats à la mairie ont entrepris de poser des questions, voire de s’indigner. Mais cette question doit être résolue par le maire actuel, Laurent Blanchard. On ne peut attendre après l’élection du 3 novembre, car les premières livraisons à la raffinerie de Pointe-aux-Trembles auront lieu avant la fin de l’année.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel