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Faubourg Contrecoeur - Catania aurait invité Zampino et Trépanier à Miami

30 avril 2013 | Brian Myles | Montréal
Bernard Trépanier
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Bernard Trépanier

Peu de temps après la vente au rabais des terrains du Faubourg Contrecoeur à Paolo Catania, l’entrepreneur aurait invité le collecteur de fonds d’Union Montréal, Bernard Trépanier, et le président du comité exécutif, Frank Zampino, dans un voyage de luxe à Miami.


C’est l’un des principaux éléments qui étaient restés frappés d’une ordonnance de non-publication à la commission Charbonneau. Cette ordonnance a été levée lundi après que MM. Trépanier, Zampino, Catania et cinq autres coaccusés eurent décidé de subir leur procès pour fraude, complot et abus de confiance devant un juge seul.


En raison de leur mise en accusation directe (sans enquête préliminaire), les huit coaccusés auraient dû subir un procès devant jury. La défense a convaincu le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de confier la cause à un juge seul. Le procès n’aura pas lieu avant 2014. L’abandon du procès devant jury rend caduques les précautions prises pour ne pas influencer les éventuels jurés.


Pour le moment, l’interdit pèse toujours sur des portions du témoignage de M. Trépanier, surnommé « Monsieur 3 % ». Son avocat, Daniel Rock, envisage de déposer une requête en abus de procédures si jamais la commission autorise la diffusion complète de son témoignage.


Me Rock est fort critique des travaux de la commission Charbonneau. « Ça nuit au processus judiciaire, ça ne fait pas vraiment avancer la société québécoise. Je ne pense pas que c’est l’idée du siècle de faire une commission, a-t-il dit. On aurait pu régler ces problèmes-là sans nécessairement être devant un soap opera continuel. »


Des faits troublants


La levée des ordonnances de non-publication a permis à l’ex-maire Gérald Tremblay de s’exprimer librement sur la vente des terrains du Faubourg Contrecoeur à l’entrepreneur Paolo Catania.


M. Tremblay juge « inacceptable » que deux membres d’Union Montréal, l’agent officiel Marc Deschamps et l’avocat Mario Paul-Hus, aient été choisis pour faire partie du comité de sélection. M. Deschamps est même devenu le comptable de Paolo Catania à la suite de son effort.


Lors des délibérations, M. Deschamps a interrompu la rencontre afin de prendre un appel de Bernard Trépanier. « On n’a sûrement pas parlé des critères de sélection et des notes à donner », a dit M. Deschamps sans grande conviction, lors de son témoignage à ce sujet.


Les problèmes d’apparence de conflit d’intérêts auraient dû être soulevés par le secrétaire du comité de sélection, mais il n’y a aucune trace écrite de ses délibérations.


Certains critères de sélection étaient « bizarres et compliqués », sans lien avec l’objet du contrat, a dit le spécialiste des appels d’offres Jacques Victor. Il s’agissait d’une façon de limiter le nombre de candidatures potentielles pour l’achat des terrains.


D’autres témoins ont fait état des pressions politiques de Frank Zampino pour que les terrains soient cédés à Paolo Catania. M. Zampino avait même demandé au directeur des Stratégies et transactions immobilières, Joseph Farinacci, d’accélérer l’approbation de la vente.


 

Avec La Presse canadienne

 
 
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