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Quatre grands chantiers pour stimuler le tourisme à Montréal

27 mars 2013 | Marco Bélair-Cirino | Montréal
Le 375e anniversaire
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le 375e anniversaire

Le président-directeur général sortant de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, a esquissé mardi les grandes lignes d’un ambitieux programme politique que devrait mettre en oeuvre la prochaine administration montréalaise, une fois les travaux publics de la commission Charbonneau terminés et les « querelles linguistiques futiles et farfelues » apaisées.


Dans son dernier discours public avant son départ de l’organisme privé à but non lucratif, M. Lapointe a appelé les décideurs politiques, à Ottawa, à Québec et à Montréal, à doter la métropole québécoise d’un nouveau pont Champlain qui s’imposerait rapidement comme une « icône » du génie québécois. Au même moment, des photographies du Golden Gate Bridge de San Francisco, du Sixth Street Bridge de Milwaukee ainsi que du viaduc de Millau de la Vallée du Tarn en France défilaient sur deux écrans géants disposés derrière lui. « Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose ? », a-t-il déclaré à l’occasion d’un déjeuner-causerie de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


Devant un parterre de dizaines de gens d’affaires, l’ancien ministre fédéral a dit craindre la construction d’un « non-pont » enjambant le fleuve Saint-Laurent entre l’arrondissement Verdun de Montréal et la municipalité de Brossard « que nous contemplerons en disant : quand on se regarde, on se désole ».


M. Lapointe, qui a récemment rencontré le ministre fédéral des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, Denis Lebel, « ne pense pas qu’il y a de la mauvaise volonté de la part de [ses] amis du gouvernement du Canada pour faire un mauvais pont », bien qu’une coalition d’organisations dont fait partie Tourisme Montréal s’efforce toujours de les convaincre « de suivre un autre processus », durant lequel la population et des experts seraient consultés, après quoi un concours international d’architecture pour le design du nouveau pont serait lancé.


D’autre part, Charles Lapointe a appelé mardi le gouvernement du Québec à considérer sérieusement l’agrandissement du Palais des congrès de Montréal, qui a accueilli pas moins de 221 congrès et réunions de toutes sortes en 2011-2012. « Notre Palais des congrès est grand. Mais bientôt, il sera trop petit », a-t-il indiqué, soulignant à grands traits que le carnet de commandes de l’établissement sera « saturé » en 2015-2016.


Le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, a annoncé jeudi dernier une mise en réserve sur deux sites au nord et à l’est de l’établissement afin de « poursuivre, de façon diligente, les études techniques et l’évaluation des besoins d’espace du Palais des congrès de Montréal en plus d’examiner les différentes possibilités d’agrandissement », ce qu’a salué M. Lapointe mardi.


D’ailleurs, selon lui, la construction du nouveau Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) contribuera à coup sûr à y attirer des « événements d’envergure » dans le secteur de la santé et des pharmaceutiques.


Le p.-d.g. sortant de Tourisme Montréal a aussi exhorté les spectateurs à saisir le « prétexte » du 375e anniversaire de la fondation de Montréal pour attirer « des événements, des congrès et des réunions d’affaires » afin de « célébrer notre ville et son histoire ».


Montréal ne doit pas, à ses yeux, perdre de vue son « histoire marquée par la présence de deux communautés aux langues différentes », fondant de grands espoirs dans la Cité d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière, qui prend forme dans le Vieux-Montréal. Les vestiges du fort Ville-Marie, du marché Sainte-Anne, du Parlement du Canada-Uni, ainsi que de l’égout collecteur William seront aménagés afin d’accueillir les Montréalais et les touristes après leur visite du musée Pointe-à-Callière et de la Maison-des-Marins, qui a, elle, été inaugurée en septembre 2012.

 

«Chamailleries»


Le tourisme montréalais peut être plombé par les « chicanes » entre francophones et anglophones qui sont médiatisées à l’extérieur des frontières du Québec, a-t-il mis en garde, citant en exemple les caricatures « à notre sujet » dans la presse canadienne, mais également anglaise, australienne et néo-zélandaise. « Je pense que ce n’est pas bon. […] Ça nous fait paraître ridicules. »


« W.C., pasta : vous n’appelez pas ça des chamailleries ridicules ? » a-t-il lancé aux journalistes lors d’un point de presse suivant son allocution. « Moi, oui ! » a-t-il ajouté du tac au tac.


Le bilinguisme constitue un « atout » pour la métropole québécoise, a-t-il soutenu. « Il faut jouer là dessus. […] Il ne faut jamais oublier, et ça, c’est important pour les touristes également, que nous sommes une société qui a été bâtie à la fois par des anglophones et des francophones, qu’on a un caractère multiethnique qui nous rend encore plus accueillants que si nous ne parlions qu’une seule langue. »


Les « quatre projets d’envergure » qu’il a pris soin d’expliquer ne doivent pas pour autant occulter dans les esprits des décideurs politiques les « services essentiels » à développer à Montréal - lien rapide entre l’aéroport Montréal-Trudeau et le centre-ville, centre de foire, gare maritime moderne - de même que la nécessité d’achever sans encombre le Quartier des spectacles, le Quartier de l’innovation autour de l’École de technologie supérieure (ETS), la revitalisation du Silo no 5 et du Hangar 16 dans le Vieux-Port, la promenade Smith dans Griffintown, et l’Espace pour la vie. « Il nous faut aussi des projets distinctifs, des projets “wow” qui vont attirer les touristes, qui vont renforcer le positionnement de Montréal et nous distinguer des villes qui sont nos concurrentes », a dit M. Lapointe.


À moins de trois mois de son départ, « l’indécrottable optimiste » s’est montré aussi « inquiet » des échos à l’étranger de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics. « On a besoin de construire, auprès de la population montréalaise, toute une confiance. Pour ça, il faut se doter [à la Ville de Montréal] de nouvelles règles d’éthique, de nouvelles pratiques de gouvernance », a-t-il fait valoir, estimant en revanche que le tapage médiatique suscité par les travaux de la commission Charbonneau « nous nuit très certainement au Québec et en Ontario », mais pas nécessairement à l’extérieur de « ces deux territoires-là à l’heure actuelle ».


M. Lapointe, qui quittera ses fonctions de p.-d.g. en juin, après quoi il sera élevé au rang de président émérite de Tourisme Montréal, s’est enfin dit mardi « plein d’admiration » à l’égard du maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum, qui gouverne un « bateau en plein tangage ».

Le 375e anniversaire Le Palais des congrès Le pont Champlain La Cité d’archéologie et d’histoire
 
 
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