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    Pas de transparence sans données numériques ouvertes

    L’organisme Montréal Ouvert estime que la restauration de la confiance des citoyens passe par la libération de données informatiques

    22 février 2013 |Fabien Deglise | Montréal
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	Le maire de Montréal, Michael Applebaum, s’adresse aux journalistes après les perquisitions menées mardi à l’hôtel de ville de Montréal par l’UPAC. Dans un tel contexte de suspicion, il serait «moralement obligatoire», selon le groupe Montréal Ouvert, de libérer les données informatiques portant sur les activités des élus ou l’attribution des contrats publics à Montréal.</div>
    Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes
    Le maire de Montréal, Michael Applebaum, s’adresse aux journalistes après les perquisitions menées mardi à l’hôtel de ville de Montréal par l’UPAC. Dans un tel contexte de suspicion, il serait «moralement obligatoire», selon le groupe Montréal Ouvert, de libérer les données informatiques portant sur les activités des élus ou l’attribution des contrats publics à Montréal.
    Lire le texte Libération des données - Montréal, une démocratie impénétrable, écrit par les fondateurs de Montréal Ouvert

    À l’approche de la Journée internationale des données ouvertes, ce samedi, les défenseurs d’une démocratie plus numérique réclament la libération rapide des données informatiques portant, entre autres, sur les activités des élus ou l’attribution des contrats publics détenus et générés par Montréal.


    Cette décision, dans la foulée des révélations des derniers mois devant la commission Charbonneau et des perquisitions effectuées cette semaine à l’hôtel de ville, serait, selon eux, « moralement obligatoire à prendre », et ce, afin d’insuffler un réel vent de transparence sur l’administration municipale mais aussi de restaurer la confiance des citoyens en l’institution publique.


    Dans une lettre ouverte publiée dans les pages du Devoir aujourd’hui, les représentants de l’organisme Montréal Ouvert, qui militent depuis plusieurs années pour un accès libre aux données numériques non nominatives produites par l’appareil municipal, estiment que le temps est venu « d’entamer un changement de culture dans la publication et la transparence des informations civiques municipales ». Ils demandent du coup des « directives claires et puissantes » de la part du nouveau maire, Michael Applebaum, pour, à terme, « bâtir une métropole numérique où la participation citoyenne est alimentée par un accès accru aux données démocratiques ».


    « Pour le moment, nous avons un accès libre à des données sur l’état des patinoires, sur les horaires d’autobus ou sur le recensement par arrondissement. C’est pratique, mais ce n’est plus assez, a indiqué cette semaine au Devoir Jonathan Brun, fervent défenseur des données libres au Québec et un des signataires de la lettre. Nous voulons un accès à des données plus consistantes, à des choses qui vont aider les citoyens à améliorer le fonctionnement de notre société de manière plus profonde. »


    Tout en rappelant les promesses de transparence maintes fois répétées par le successeur de Gérald Tremblay au poste de premier magistrat de la ville, Montréal Ouvert s’étonne qu’à une époque où la vie quotidienne est de plus en plus numérisée, la démocratie montréalaise soit à ce point verrouillée numériquement : les bases de données sur le vote des élus, sur leur participation à des réunions, tout comme les procès-verbaux complets des réunions des conseils et des arrondissements ne sont pas accessibles par voie électronique, mais également dans des formats facilement exploitables par les créateurs d’applications offrant informations ou services aux citoyens.


    « D’autres villes dans le monde ont ouvert les données de ce genre, dit M. Brun. Pourquoi Montréal ne le ferait-elle pas ? Publier des données numériques, pour l’administration publique, ce n’est pas compliqué et ce n’est pas très cher. C’est toutefois une décision politique », ajoute-t-il, tout en réclamant un accès rapide aux données sur la participation aux votes par les élus et sur leurs dépenses, aux procès-verbaux des réunions des conseils, mais aussi à la liste de tous les contrats octroyés par la Ville et les arrondissements. Entre autres choses.

     

    Grand rassemblement


    La demande de Montréal Ouvert survient alors que la Ville s’apprête à accueillir samedi un grand rassemblement d’environ 200 militants pour les données ouvertes, dans le cadre de la Journée internationale des données ouvertes, lancée il y a deux ans par David Eaves, un programmeur de la région de Vancouver. L’événement va se tenir à la Société des arts technologiques (SAT), sous la houlette de Montréal Ouvert et de Québec ouvert, son pendant provincial.


    Durant un jour, les participants vont débattre des enjeux et perspectives des données ouvertes pour la construction d’une autre citoyenneté à une époque où même la démocratie tend à se numériser. Ils vont également tenter d’imaginer de nouveaux services, de nouveaux outils d’information pour le public, sur la base des données gouvernementales actuellement disponibles.













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