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Montréal - Budget de la honte

31 octobre 2012 | Jean-Robert Sansfaçon | Montréal
Parce que la gangrène mafieuse a envahi Montréal, le budget présenté hier par l’administration Tremblay ne peut pas être l’objet d’une analyse financière normale. Non seulement les taxes augmentent-elles à un rythme injustifié, mais plus personne ne peut désormais faire confiance à des partis politiques aussi sérieusement soupçonnés de corruption et de pratiques de financement illégales.

Les Montréalais comme les Lavallois sont des gens tolérants, ou plus certainement impuissants, pour ne pas crier plus fort leur profond dégoût devant les témoignages entendus à la commission Charbonneau. Il ne se passe plus une journée sans qu’un entrepreneur, un fonctionnaire, un organisateur politique ne viennent témoigner de gestes crapuleux érigés en système dont les conséquences sont désastreuses sur la vie démocratique et sur les coûts des grands travaux publics d’infrastructures.


Des élus qui empochent des centaines de milliers de dollars, voire des millions ; des fonctionnaires qui s’enrichissent en gonflant le prix des contrats dont ils ont la responsabilité ; des entrepreneurs qui empochent à leur tour des dizaines de millions de profit illégitime après avoir soudoyé les deux premiers…


Et voilà que ce maire qui ne pouvait pas ignorer que son succès électoral était en partie le résultat de ces collectes d’argent sale veut faire accepter pour la quatrième fois en autant d’années des augmentations d’impôt deux fois supérieures à l’inflation ? Non, M. Tremblay, la dinde est déjà trop pleine de cette farce nauséabonde !


Ce budget 2013 mérite aussi d’être rejeté parce qu’il témoigne d’une absence totale d’efforts dans le contrôle des dépenses. Que ce soit au chapitre de la rémunération, des régimes de retraite ou du financement des services de police et d’incendie, à 2,7 %, les dépenses grimpent plus vite que les revenus des Montréalais. Ce que rien ne justifie ! Surtout pas l’état des infrastructures pour lesquelles on sait maintenant avec certitude que sous cette administration, les entreprises de construction ont gonflé leurs prix de 30 à 35 % avec la complicité de fonctionnaires et d’élus municipaux.


M. Tremblay voudrait négocier de nouveaux arrangements financiers avec le gouvernement du Québec, mais la décence la plus élémentaire interdit d’appuyer une telle demande tant et aussi longtemps que Montréal n’aura pas fait la preuve qu’elle a adopté des normes de bonne gouvernance exemplaire et repris le contrôle de ses dépenses.


Quant à l’opposition officielle de Vision Montréal, qui fait les gorges chaudes devant les pitreries du maire, non seulement cet autre vieux parti semble avoir oublié qu’il a aussi trempé dans le scandale, mais comme par le passé, sa chef Louise Harel refuse de s’engager à régler certains vrais problèmes de Montréal que sont le niveau trop élevé de la rémunération de tous ses employés et leur nombre excessif, de peur de perdre l’appui des syndicats. À l’entendre, il est donc normal d’offrir 11 % d’augmentation de salaire à des gens qui gagnent déjà 30 % de plus que les fonctionnaires provinciaux, et il suffirait de réduire les primes des cadres, d’augmenter la contribution des élus à leur régime de retraite et de centraliser la gestion des bâtiments pour économiser. Un plaster sur une jambe de bois !


À l’instar des Lavallois, nous en sommes rendus à plaindre les Montréalais de la qualité déprimante de leurs dirigeants. Une tare pour laquelle on désespère de trouver un remède.

 
 
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