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    Gérald Tremblay fier de son bilan, moins de son parti

    Êtes-vous fier de votre parti? lui demande-t-on. Gérald Tremblay hésite un instant, puis se perd dans une réponse sans lien avec Union Montréal. La question est répétée, et alors M. Tremblay lance: «Faites-vous plus confiance à Lino Zambito?»
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Êtes-vous fier de votre parti? lui demande-t-on. Gérald Tremblay hésite un instant, puis se perd dans une réponse sans lien avec Union Montréal. La question est répétée, et alors M. Tremblay lance: «Faites-vous plus confiance à Lino Zambito?»
    Si Gérald Tremblay se dit fier de son bilan à la mairie, il garde le silence en ce qui concerne son parti, Union Montréal. De passage au Devoir pour un bref entretien jeudi, le maire Tremblay a défendu avec force son administration, se qualifiant même d’« excellent gestionnaire ». Mais son parti, qui lui a servi de rampe de lancement pour devenir maire une première fois en 2001 et dont la réputation est malmenée par les travaux de la commission Charbonneau, ne suscite pas chez lui le même enthousiasme.

    Êtes-vous fier de votre parti ? lui demande-t-on. Gérald Tremblay hésite un instant, puis se perd dans une réponse sans lien avec Union Montréal. La question est répétée, et alors M. Tremblay lance : « Faites-vous plus confiance à Lino Zambito ? »


    Gérald Tremblay rêve d’ailleurs de témoigner à son tour devant la commission Charbonneau. Pour le moment, il n’a pas reçu de citation à comparaître. « Je veux vivre dans une société où les gens ont la sagesse d’écouter tous les points de vue avant de juger les personnes. Je ne veux pas vivre dans une société où on écoute deux méchants qui disent des choses… Ça ne veut pas dire que ce qu’ils disent n’a pas de fondement ; ce n’est pas ce que je dis. Mais il y a des explications à tout ça », a affirmé le maire.


    L’ex-entrepreneur Lino Zambito a déclaré sous serment devant la commission Charbonneau qu’Union Montréal recevait une ristourne de 3 % sur les contrats de construction octroyés par la Ville de Montréal à compter de 2005. Un des entrepreneurs de la clique qui se partageaient le marché percevait l’argent pour le remettre au parti du maire.


    Un deuxième témoin, l’ingénieur à la retraite Gilles Surprenant, a soutenu que la part de 3 % était plutôt destinée au comité exécutif. M. Surprenant n’a pas été en mesure de nommer les bénéficiaires de ces pots-de-vin, rappelle le maire.


    Pour ce qui est d’Union Montréal, M. Tremblay a dit avoir reçu l’assurance du cofondateur et agent officiel de son parti, le comptable Marc Deschamps, que tout a toujours été fait dans le respect les lois. « J’ai confiance en M. Deschamps », a-t-il affirmé.


    Lorsque Le Devoir lui a mentionné que l’été dernier, en pleine campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait annoncé le départ de M. Deschamps, condition sine qua non de la candidature de Jacques Duchesneau comme porteur de la question éthique, Gérald Tremblay a mis fin à la discussion. Il s’est levé et a dit : « Je ne suis pas venu ici pour expliquer l’agenda caché de certaines personnes. »


    Priorité aux gens d’affaires


    Plus tôt dans la journée, le maire a aussi vanté son bilan, en marge des cérémonies commémorant le jour du Souvenir à l’hôtel de ville. Les journalistes présents voulaient surtout connaître ses intentions, d’autant que La Presse annonçait à la une qu’il ne sollicitera pas un quatrième mandat.


    Le ministre des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, a invité le maire à réfléchir à ce qui valait le mieux pour les Montréalais. « Ce qui est le mieux pour les Montréalais, c’est qu’on continue avec l’effervescence immobilière, l’effervescence touristique et l’effervescence au niveau du port de Montréal et des grands projets », lui répond le maire.


    À l’évidence, M. Tremblay a choisi de poursuivre sa lente agonie politique. Il a annoncé son intention de s’accrocher jusqu’à l’expiration de son mandat, en novembre 2013, par respect pour les électeurs qui lui ont accordé leur confiance.


    Il réserve aux gens d’affaires la primeur sur ses intentions, dans le cadre d’une allocution qu’il prononcera le 2 novembre devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


    Peu de doutes subsistent sur son intention de tourner le dos à la vie politique, après 23 années d’implication, d’abord au Parti libéral du Québec (de 1989 à 1996), puis à la mairie de 2001 à ce jour.


    L’avalanche de révélations gênantes à la commission Charbonneau a miné son autorité morale, au point qu’il a cet aveu : « La question que tout le monde se pose avec raison : Est-ce qu’il y a de la collusion et de la corruption à Montréal ? Je réponds un oui affirmatif, mais ceci depuis des décennies », a-t-il dit.


    Contrairement à Gilles Vaillancourt, M. Tremblay n’a pas reçu la visite des enquêteurs de l’UPAC. Les membres de sa garde rapprochée, dont son ancien chef de cabinet, Martial Fillion, et l’ex-numéro deux du comité exécutif, Frank Zampino, sont accusés de fraude au criminel. Mais pas lui.


    Le ministre de la Métropole, Jean-François Lisée, a mis ces différences en exergue lors du caucus péquiste à Drummondville. « M. Vaillancourt était personnellement visé par les enquêtes : ses maisons, ses comptes en banque [ont été perquisitionnés]. Alors effectivement la situation devenait intenable, a-t-il commenté. Ce n’est pas le cas de M. Tremblay. Il faut bien le remarquer : il n’est personnellement visé par aucune des révélations, aucune des enquêtes. »


    En ce qui a trait aux contributions illégales qui auraient profité à Union Montréal, il y a une zone grise. « Il y a une question d’imputabilité qui va au-delà des gestes ou des omissions personnelles qu’il a commis ou n’a pas commis. Mais on est dans cette zone qui est hors du droit et qui est dans la conscience personnelle de l’élu », estime M. Lisée.

     

    Un maire indélogeable


    L’opposition a demandé à plusieurs reprises la démission de Gérald Tremblay depuis le début de la commission Charbonneau. Voilà maintenant qu’elle s’accommode de son indésirable présence.


    « Les Montréalais sont fatigués de Gérald Tremblay. Il n’y a plus aucun lien de confiance entre les Montréalais [et lui]. Ceci étant, il n’y a pas de moyen de le forcer à démissionner. Au minimum, son administration sera paralysée pour la prochaine année », a reconnu le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.


    L’attention soutenue que portent les policiers et la commission Charbonneau aux affaires de corruption à Montréal a l’avantage de « neutraliser » l’administration Tremblay, estime M. Bergeron. « On va devoir souffrir la personne de Gérald Tremblay peut-être jusqu’à l’élection du 3 novembre [2013] », a-t-il conclu.


    Louise Harel, chef de Vision Montréal, reproche au maire son aveuglement volontaire. « Il n’a pas voulu voir les signaux d’alarme », a-t-elle déploré.


    Mme Harel est revenue à la charge avec sa demande visant à créer un poste de Commissaire à l’éthique, avec pouvoirs d’enquête et de sanction, dans les villes de plus de 500 000 habitants. Elle a écrit une lettre en ce sens au ministre Gaudreault.

    Êtes-vous fier de votre parti? lui demande-t-on. Gérald Tremblay hésite un instant, puis se perd dans une réponse sans lien avec Union Montréal. La question est répétée, et alors M. Tremblay lance: «Faites-vous plus confiance à Lino Zambito?» <div>
	De passage au Devoir jeudi, le maire Tremblay a défendu avec force son administration, se qualifiant même d’«excellent gestionnaire».</div>












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