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Collusion: entre solidarité et incrédulité à l'hôtel de ville

22 octobre 2012 22h14 | Brian Myles | Montréal
Les conseillers d’Union Montréal ont tous voté en faveur d’une déclaration d’appui au maire Gérald Tremblay.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Les conseillers d’Union Montréal ont tous voté en faveur d’une déclaration d’appui au maire Gérald Tremblay.
Les allégations de corruption et de collusion empoisonnent le climat de travail à l’hôtel de ville. Les élus de Projet Montréal ont boycotté l’étude des motions de l’administration Tremblay pendant que l’opposition officielle en dénonçait le caractère diffamatoire.

Dans une démonstration d’inébranlable solidarité, les conseillers d’Union Montréal ont tous voté en faveur d’une déclaration d’appui au maire Gérald Tremblay pour ses efforts de lutte contre la corruption et la collusion, lundi lors de la réunion mensuelle du conseil municipal.

L’opposition officielle de Vision Montréal a joué la carte de l’incrédulité. Selon le maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, ce vote de confiance ressemble à «un mécanisme de défense d’une administration en perdition».
«On se croirait au festival de l’humour québécois», a renchéri sa collègue Elsie Lefebvre.

Un «cirque»

Le débat s’est déroulé en l’absence des élus de Projet Montréal, qui ont refusé de participer à ce «cirque». Ils ont quitté temporairement le conseil pour l’étude de toutes les motions de l’administration Tremblay. «On va laisser les deux vieux partis montréalais corrompus se salir l’un et l’autre», a dit le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

La réunion du conseil survient en plein cœur du témoignage de Gilles Surprenant à la commission Charbonneau. L’ingénieur à la retraite a touché 600 000 $ en pots-de-vin des entrepreneurs pour truquer les appels d’offres dans les travaux d’égout. Il a corroboré en partie les dires de Lino Zambito sur l’existence d’un système de ristournes équivalant à 3 % des contrats.

Selon M. Zambito, ces ristournes étaient destinées à Union Montréal. M. Surprenant affirme plutôt qu’elles étaient empochées par les membres du comité exécutif.
Le leader de la majorité, Marvin Rotrand, est encouragé par ces témoignages qu’il qualifie de « contradictoires », et par conséquent peu crédibles à ses yeux. «Il n’y a personne pour prouver aucune des allégations [de financement illégal]», a-t-il commenté.

Sammy Forcillo, qui a siégé au comité exécutif sous l’administration Bourque (1994-1998) et Tremblay (2002-2009), n’a «jamais, jamais» entendu parler de versement de ristournes aux élus qui font partie du premier cercle décisionnel à la Ville. «C’est quelque chose que j’apprends aujourd’hui», a-t-il dit.

Cette énième révélation au parfum de scandale à la commission Charbonneau a suscité une bien faible réaction lors des débats. Le maire Tremblay a réitéré son souhait de comparaître devant la commission Charbonneau. En réponse à la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui a encore réclamé sa démission, M. Tremblay a promis de rester en poste jusqu’à la fin de son mandat.

Motion diffamatoire

Plus tôt dans l’après-midi, la leader de Vision Montréal, Anie Samson, a fait rejeter une motion d’Union Montréal pour exiger un élargissement du mandat de la commission Charbonneau, afin de couvrir l’élection de Pierre Bourque à la mairie en 1994.

Sous la gouverne de M. Bourque, Vision Montréal a commis plus de 200 infractions à la loi électorale, en utilisant des prête-noms pour financer sa campagne. La motion d’Union Montréal faisait état «d’accusations de blanchiment d’argent», ce qui a fait bondir Mme Samson. «Ce sont des propos diffamatoires», a-t-elle lancé.

Vision Montréal et ses membres n’ont jamais été reconnus coupables de blanchiment d’argent, un acte sanctionné par le Code criminel. Le président du conseil, Harout Chitilian, s’est rendu aux arguments de Mme Samson, et il a jugé la motion irrecevable.

***

Des «lacunes» à expliquer

Le vérificateur général, Jacques Bergeron, sera invité à s’expliquer sur sa gestion lors de la prochaine séance du conseil municipal.

Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) constate des « lacunes » de la part de M. Bergeron dans l’application des règles contractuelles. 

Dans un rapport d’enquête, le MAMROT souligne les pratiques discutables du vérificateur général, qui a divisé plusieurs contrats pour qu’ils soient inférieurs à 25 000 $. De cette façon, il pouvait éviter de faire des appels d’offres. Un contrat de vérification comptable portant sur le scandale des compteurs d’eau a généré un dépassement de coût de plus de 50 %. Le contrat initial, de 400 000 $, a finalement coûté 634 000 $ aux contribuables montréalais. M. Bergeron, dont le bureau avait fait l’objet d’espionnage par la Ville, conteste les conclusions du MAMROT.
 
 
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