Michael Applebaum condamne la conduite de Gilles Surprenant
Gilles Surprenant, «M. TPS», est «un voleur» qui inspire le dégoût au numéro 2 de l’administration Tremblay, Michael Applebaum. Le président du comité exécutif n’a pas mâché ses mots pour condamner la conduite de M. Surprenant, un ingénieur à la retraite. «Je suis vraiment dégoûté. On parle d’un employé de la Ville de Montréal qui a collaboré avec des bandits. Ils ont volé de l’argent de nos contribuables et je n’accepterai pas ça», a dit vendredi M. Applebaum.
M. Applebaum et le maire Gérald Tremblay rencontreront les avocats du contentieux, lundi, afin d’envisager les recours possibles contre Gilles Surprenant. «On va voir comment on va être capable de récupérer notre argent», a dit M. Applebaum.
M. Surprenant a avoué devant la commission Charbonneau qu’il avait empoché 600 000 $ en pots-de-vin des entrepreneurs en construction, de 1991 à 2009, pour truquer les appels d’offres dans les travaux d’égout. À lui seul, Lino Zambito a donné 200 000 $ à Gilles Suprenant, qui avait hérité du surnom TPS pour «taxe pour Surprenant».
M. Surprenant a faussé un premier appel d’offres pour un contrat d’eau à Westmount, après un lunch avec Frank Catania dont il garde un pénible souvenir. Frank Catania avait présenté une soumission de 500 000 $ pour le contrat, alors que la Ville évaluait les coûts à 250 000 $. Le fondateur de Construction F. Catania lui a fait comprendre, par des menaces à peine voilées, qu’il voulait ce contrat.
Gilles Suprenant a choisi de modifier son rapport pour que les travaux exigés concordent à 75 000 $ près à la soumission de Frank Catania. Lorsque celui-ci a obtenu le contrat, il a remis à Gilles Surprenant 4000 $ en argent comptant.
La voie de la corruption était tracée. Jusqu’à sa retraite en 2009, il a touché des pots-de-vin sur 90 appels d’offres qui seront passés en revue à compter de lundi par la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).
Les gestes illégaux posés par M. Surprenant ont commencé à l’époque où Jean Doré était maire (1991). Ils se sont poursuivis sous l’administration de Pierre Bourque (1994 à 2001) et celle de Gérald Tremblay (à partir de 2002).
Michael Applebaum refuse d’y voir un problème généralisé de corruption et de collusion à l’hôtel de ville. Montréal compte 29 000 employés; il y aura toujours parmi eux une minorité qui brisera les règles, a-t-il expliqué. «Comme dans n’importe quelle "business", il peut y avoir des personnes qui sont corrompues et des voleurs. Notre objectif, c’est de mettre en place les mécanismes nécessaires pour trouver ces personnes-là et les sortir.»
Démission exigée
Louise Harel, chef de Vision Montréal, a réclamé une fois de plus la démission de Gérald Tremblay à la suite des aveux détaillés de Gilles Surprenant. «Le maire Tremblay, délibérément et volontairement, n’a pas voulu enquêter sur ce qui apparaissait comme un système organisé au sein de l’administration», a-t-elle dit.
Selon l’opposition officielle, le témoignage de Gilles Surprenant démontre la pertinence de créer une unité d’enquête administrative sur la gestion des contrats et un poste de commissaire à l’éthique avec des pouvoirs d’enquête et de sanction.
De son côté, Alex Norris, conseiller de Projet Montréal, a reproché «aux vieux partis» que sont Vision Montréal et Union Montréal d’être responsables de «ce scandale», en liant l’octroi des contrats publics au financement illicite des partis politiques. Il ne prête aucune crédibilité à Michael Applebaum lorsqu’il affirme lutter contre la corruption et la collusion.
Projet Montréal souhaite non seulement la démission du maire, mais une enquête criminelle à son sujet.








