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Six ans d’orphelinat pour Richard Bergeron

Dans un bref récit qui vient de paraître, le chef de Projet Montréal raconte son enfance passée dans un orphelinat de Chicoutimi

13 octobre 2012 | Louis Cornellier | Montréal
Richard Bergeron avait quatre ans quand sa mère s’est retrouvée paralysée et que son père a décidé de le confier, avec ses frères, à un orphelinat.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Richard Bergeron avait quatre ans quand sa mère s’est retrouvée paralysée et que son père a décidé de le confier, avec ses frères, à un orphelinat.
Richard Bergeron, le chef du parti Projet Montréal, a passé une bonne partie de son enfance dans un orphelinat de Chicoutimi, même si ses parents étaient vivants. Dans L’orphelinat, un récit-vérité paru il y a quelques jours chez Del Busso éditeur, l’homme politique raconte cette expérience avec style et sensibilité.

Né à Alma en 1955, Bergeron a presque quatre ans et déjà trois frères quand sa mère tombe dans le coma en accouchant du cinquième garçon de la famille. Cet accident la laisse paralysée, avec « l’âge mental d’un enfant de cinq ans ». Refusant de séparer ses garçons, le père, grutier et rarement à la maison pour cause de travail, décide donc de les placer dans un orphelinat de Chicoutimi, tenu par des religieuses, dont ils ne sortiront qu’à Noël et l’été.


Bergeron, non sans délicatesse, relate dans ce bref récit les six années vécues dans ce « système concentrationnaire ». Il évoque « la pédagogie de la strappe » qui y règne, la lourde routine qui rythme les jours, mais aussi les bons moments qui surviennent parfois. Sans pathos, il dépeint un milieu de vie austère, mais dans lequel l’humanité n’est pas absente. « Un peu plus et j’irais jusqu’à dire qu’on s’y plaisait », avoue-t-il.


Bergeron trace de lui-même le portrait d’un enfant curieux et précoce - il sait lire à quatre ans - qui devient vite le chouchou des religieuses. À l’orphelinat, explique-t-il, il faut bien séduire si on veut se rendre la vie plus agréable.


Gravement brûlé en 1962 en rendant service aux soeurs, Bergeron échappe alors de peu à la catastrophe. Son père, fâché par la négligence des religieuses, assène même un coup de poing au visage de la mère supérieure. Porté sur la boisson, il récidivera, quelques années plus tard, sur une de ses conjointes.


Doté d’une joie de vivre naturelle, le petit Richard ne se démonte jamais. Heureux à l’orphelinat, animateur de jeux à l’hôpital pendant sa convalescence, il habitera ensuite chez sa grand-mère paternelle adorée, après l’échec de son père à recréer une vraie vie familiale à Montréal.


« La suite, conclut Bergeron, ce fut la vie, tout simplement. » La vie de sa mère, retombée en enfance en 1959, qui a depuis ri et fait rire presque chaque jour, et qui, encore aujourd’hui, à 80 ans, propage la bonne humeur dans une résidence de Montréal. La vie de Bergeron lui-même, aussi, devenu architecte et docteur en aménagement urbain, conférencier recherché, chef d’un parti politique qui aspire à diriger sa ville d’adoption et, enfin, les soeurs seraient fières de lui, écrivain.

 

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