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Lettre - Printemps érable: des policiers rancuniers?

13 octobre 2012 | Gabrielle C. Poirier - Montréal, le 11 octobre 2012 | Montréal
L’arrestation musclée à laquelle a procédé Stéphanie Trudeau du Service de police de la Ville de Montréal est troublante. On le sait, la policière a utilisé la violence tant physique que verbale, et ce, de manière outrancière, voire ordurière. Les vidéos la montrant ont maintenant fait le tour du Web. On en parle partout, probablement à cause de ses antécédents, mais surtout à cause de sa position d’autorité abusive. Le choc de plusieurs a été de constater avec quelle violence totalement injustifiée elle a agi ; d’autres, d’observer l’ineptie, l’inaction et le total je-m’en-foutisme avec lesquels le supérieur du « Matricule 728 » a écouté son agente déblatérer des énormités sur l’opération qu’elle venait d’exécuter.

Personnellement, mon choc réside dans les termes que Mme Trudeau utilise pour décrire les suspects alors neutralisés, ou plutôt pour les insulter : « des hosties de carrés rouges ».


Ne vous inquiétez pas, je ne rouvrirai pas le débat des droits de scolarité ! Non, mais je vous avoue que ça m’amène à m’interroger maintenant sur ce qui reste du printemps érable, quelles blessures il en reste et qui est blessé. Stéphanie Trudeau, dans son envolée lyrique post-arrestation, et son supérieur fantôme soulèvent un point important sur la situation des policiers aujourd’hui : sont-ils encore sous le joug des frustrations qu’ils ont ressenties au moment où ils se faisaient lancer des cocktails Molotov en plein visage ?


Les questions que les responsables du SPVM (principalement) devraient se poser sont celles-ci : les policiers sauront-ils agir avec objectivité lors des conflits quotidiens auxquels ils font face tous les jours ? Ont-ils, par exemple, une propension plus grande à sortir le poivre de Cayenne maintenant qu’ils l’ont utilisé quotidiennement et presque systématiquement ? Je me pose des questions, moi, avec mon look d’étudiante en littérature, sur la question de savoir si les limites de la tolérance policière ont changé depuis un an. Se promener en pleine rue avec une bouteille de bière ouverte à la main n’a jamais été légal, mais très souvent toléré. Les règles du jeu ont-elles changé ?

 
 
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