Contrat de travail - Une entente «historique» entre Montréal et ses cols bleus
Le vice-président du comité exécutif, Michael Applebaum, est tout simplement emballé par cette entente qui permet à la Ville de Montréal d’économiser 6,3 millions de dollars dans le régime de retraite. « On est sur le point d’écrire une nouvelle page historique entre la Ville de Montréal et les cols bleus », a dit M. Applebaum.
Le Syndicat regroupé des cols bleus de Montréal a fait des concessions sur la question du régime de retraite, en échange d’une entente à long terme pour les cinq prochaines années.
La convention collective arrivait à échéance le 31 décembre prochain. Selon Michael Applebaum, c’est la première fois que la Ville et les cols bleus réussissent à s’entendre avant l’expiration d’un contrat de travail. « Aujourd’hui, on tourne la page. Au lieu d’avoir une confrontation, on travaille en collaboration avec eux », a-t-il ajouté.
Les déficits des régimes de retraite sont bien réels, reconnaît le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, dans un communiqué commun publié avec le cabinet du maire. « Nous n’avons pas attendu que des solutions nous soient imposées ou nous tombent du ciel. Le syndicat a pris une approche responsable », a-t-il dit.
Le Syndicat des cols bleus soumettra l’entente au vote de ses 4400 membres dans les prochains jours. Pour cette raison, M. Applebaum et le directeur du capital humain, Jean-Yves Hinse, se sont montrés avares de commentaires sur les paramètres financiers de l’entente.
Impossible de connaître les augmentations de salaire consenties aux cols bleus, ni même l’ampleur exacte de la future masse salariale. « Les objectifs financiers recherchés par la Ville de Montréal ont été atteints », a dit M. Hinse.
L’administration Tremblay cherche à récupérer 50 millions sur trois ans dans les coûts du régime de retraite avec l’ensemble de ses employés. Ces régimes plombent le budget de Montréal. Ils coûteront environ 474 millions pour l’an prochain seulement.
L’entente met de la pression sur les syndicats des policiers et des pompiers, deux groupes avec lesquels les négociations sont difficiles. « On veut maintenant qu’ils prennent l’exemple des cols bleus. Si les autres ne sont pas capables d’arriver à une entente avec la Ville de Montréal, c’est clair qu’on va demander au gouvernement d’appliquer une nouvelle loi et de forcer les pompiers et les policiers à respecter notre cadre financier », a prévenu M. Applebaum.
M. Hinse s’est montré particulièrement critique de la Fraternité des policiers. Son président, Yves Francoeur, a désavoué le maire Gérald Tremblay cette semaine en disant que l’étude des budgets du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne devait plus être faite par des élus d’Union Montréal, « un parti qu’on allègue corrompu ».
« Les signaux que nous avons actuellement de la Fraternité, c’est qu’ils ne veulent pas contribuer à la réduction des taxes des citoyens par le refinancement du régime de retraite. S’ils ne le font pas, nous n’aurons pas d’autre choix que d’aller en arbitrage », a dit M. Hinse.
La Fraternité des policiers n’a pas voulu commenter l’affaire parce qu’elle n’a pas réussi à obtenir une copie de l’entente des cols bleus.
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Ce texte a été mis à jour après publication








