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Sans reproche ni culpabilité

Gérald Tremblay n’a pas l’intention de démissionner

2 octobre 2012 | Brian Myles | Montréal
Le maire Tremblay défend l’intégrité de son parti, Union Montréal.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le maire Tremblay défend l’intégrité de son parti, Union Montréal.
Rien à cacher, rien à vérifier. Union Montréal et son chef, Gérald Tremblay, n’ont aucune intention d’examiner les allégations de financement illicite du parti lancées par l’entrepreneur en construction Lino Zambito.

Les partis d’opposition à l’hôtel de ville sont si scandalisés par le témoignage rendu par M. Zambito, lundi à la commission Charbonneau, qu’ils ont exigé la démission immédiate du maire Tremblay. « Gérald Tremblay ne peut pas dire qu’il ne savait pas. Le temps de l’aveuglement volontaire est maintenant révolu. Le temps de sa démission est maintenant arrivé », a affirmé Louise Harel, chef de Vision Montréal.


Selon Mme Harel, le témoignage de M. Zambito illustre la pertinence de créer une unité d’enquête administrative sur la gestion des contrats publics par l’administration Tremblay.


Pour brasser des affaires à Montréal, Lino Zambito a déclaré qu’il payait une somme équivalant à 3 % de la valeur de ses contrats au parti du maire, Union Montréal. Une dépense qui s’ajoute au « pizzo » de 2,5 % qu’il versait au clan mafieux des Rizzuto.


Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, retient du témoignage de M. Zambito qu’Union Montréal est plus vorace que la mafia pour obtenir sa quote-part sur les contrats publics. « La taxe d’Union Montréal est même supérieure à celle de la mafia. La boucle est bouclée entre financement politique, entrepreneurs en construction et la mafia », a lancé M. Bergeron, qui a aussi réclamé la démission immédiate du maire, à treize mois de la fin de son mandat. « C’est absolument intolérable comme situation. Gérald Tremblay n’a plus la confiance de personne », a-t-il dit.


Les allégations de M. Zambito sont compatibles avec le portrait dévastateur livré par l’ancien chef de l’opposition officielle, Benoit Labonté. En 2009, il avait affirmé que Bernard Trépanier, directeur du financement d’Union Montréal de 2004 à 2006, était surnommé « monsieur 3 % » en raison des quotes-parts qu’il aurait prélevées sur certains contrats de construction au bénéfice d’Union Montréal. M. Trépanier est présentement accusé de fraude, avec l’ex-numéro deux de l’administration Tremblay, Frank Zampino, et l’entrepreneur en construction Paolo Catania pour la vente des terrains du Faubourg Contrecoeur.

 

« Conscience en paix »


Gérald Tremblay était hors de lui la semaine dernière, se disant choqué par la mainmise de la mafia sur l’octroi des contrats publics. Il en voulait à la GRC de ne pas avoir transmis plus tôt des vidéos de surveillance tournées lors de l’opération Colisée.


Lundi, le maire était d’un calme surprenant compte tenu de la gravité des allégations de Lino Zambito. « J’ai ma conscience en paix », a-t-il dit. « Il n’est pas question que je démissionne au moment même où ce que je souhaite depuis des années se concrétise », a ajouté M. Tremblay.


Le Directeur général des élections du Québec n’a rien trouvé d’illégal dans le financement d’Union Montréal à la suite de ses nombreuses enquêtes, a rappelé le maire.


Les allégations sur le financement occulte d’Union Montréal ne datent pas d’hier. Dès qu’il a entendu les premières rumeurs sur la taxe de 3 %, le maire a demandé à l’agent officiel du parti, Marc Deschamps, de faire son enquête. « J’ai fait les vérifications d’usage, et on m’a assuré que tout était fait selon les règles de l’art », a expliqué M. Tremblay.


Le directeur général d’Union Montréal, Richard Mimeau, a tenu le même discours. Les états financiers du parti sont en ordre depuis sa fondation en 2001. « Il n’y a jamais eu de caisse occulte chez Union Montréal », a assuré M. Mimeau.

***

Labeaume veut des partis financés à 100 % par l’État

Pour le maire de Québec, Régis Labeaume, ce qui se passe à Montréal est « épouvantable ». « Je ne voudrais pas être à sa place », a-t-il dit de Gérald Tremblay. « Je ne sais pas comment on peut diriger une ville avec de telles allégations. »

Interrogé sur la possibilité qu’un tel système se développe à Québec, il a ajouté : « Je ne pense pas. Pour ce qui est de notre parti, ça m’étonnerait ben gros », a-t-il dit en riant. « Ce qu’on peut redouter, c’est la collusion extérieure. Est-ce qu’il y a eu dans le passé un système où les gens s’arrangeaient sur les prix, ça, je ne peux pas vous le garantir. […] Qu’un ingénieur ici aux approvisionnements ait un pourcentage ? Honnêtement, à 98 % sûr [que ce n’est pas le cas]. »

Selon lui, la solution passe par le mode de financement des partis. « On n’a pas besoin d’autant d’argent. […] Peut-être que les gouvernements et les villes seraient bien mieux eux-mêmes de financer les partis politiques. Ça coûterait moins cher que des commissions. »

 
 
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