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Collusion: le maire Tremblay demande à Québec d'agir plus vite

27 septembre 2012 16h38 | La Presse canadienne | Montréal
Géraldf Tremblay ne veut pas attendre la reprise des travaux à l'Assemblée nationale et l'adoption d'une législation avant de pouvoir mettre un terme aux pratiques douteuses de l'industrie.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Géraldf Tremblay ne veut pas attendre la reprise des travaux à l'Assemblée nationale et l'adoption d'une législation avant de pouvoir mettre un terme aux pratiques douteuses de l'industrie.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et ses homologues de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) demandent à Québec d'accélérer le processus en vue de renforcer les mesures pour contrer la collusion et la corruption dans l'octroi de contrats municipaux.

À l'issue d'une rencontre, jeudi à Montréal, des maires membres de la CMM avec le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, M. Tremblay a dit ne pas vouloir attendre la reprise des travaux à l'Assemblée nationale et l'adoption d'une législation avant de pouvoir mettre un terme aux pratiques douteuses de l'industrie.

La diffusion de vidéos, mercredi à la Commission Charbonneau, montrant des ténors de l'industrie de la construction frayant avec la mafia démontre l'urgence d'agir, selon le maire Tremblay.

Il s'est dit profondément choqué par ces images, de même que par l'inaction de la Gendarmerie royale du Canada, qui a réalisé ces vidéos sans faire de suivi ou transmettre l'information aux autres corps policiers provinciaux ou municipaux.

«Si j'avais vu les images que j'ai vues hier qui datent de 2004-2005, on aurait agi encore d'une façon différente et on aurait demandé au gouvernement du Québec de nous donner les outils nécessaires et on n'aurait pas attendu sept ans», a lancé le maire Tremblay.

Le maire a expliqué que les villes ont les mains liées dans le cadre légal actuel et que son administration reçoit de multiples mises en demeure de compagnies de construction l'enjoignant de leur octroyer des contrats, et ce, même si les villes souhaitent les écarter.

Il a affirmé que le monde municipal est pris en otage avec les règles actuelles et que, dans certains cas nécessitant des travaux urgents, il ne peut pas placer les contrats en attente d'ici à ce que le gouvernement de Pauline Marois modifie la législation.

M. Tremblay a indiqué que les maires de la CMM avaient obtenu l'assurance du ministre Lisée que Québec leur fournirait rapidement les outils requis pour refuser d'octroyer des contrats à des firmes sous enquête.

«Je comprends qu'on vit dans un système de droit, a-t-il dit. Il faut respecter les dispositions législatives à l'effet qu'une personne est présumée innocente. Je conviens de ça. Mais quand on voit ce qu'on a vu hier, l'innocence a ses limites. Est-ce qu'on peut mettre en place des mesures temporaires, surtout à Montréal, parce qu'on parle de beaucoup de contrats, on parle de beaucoup d'argent?»

M. Tremblay a indiqué que les maires de la CMM avaient obtenu l'assurance du ministre Lisée que Québec leur fournirait rapidement les outils requis pour refuser d'octroyer des contrats à des firmes sous enquête.

La CMM regroupe 82 municipalités de la grande région de Montréal.

Harel parle d'aveuglement volontaire

De son côté, la chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, Louise Harel, n'était guère émue par la sortie du maire, estimant que celui-ci a fait preuve d'aveuglement volontaire face à la collusion et la corruption dans l'octroi de contrats de construction.

«C'est un "pattern", dans le cas du maire de Montréal, de prétendre après coup qu'on aurait dû l'en informer. Nous avons à tellement de reprises tenté de sonner l'alarme sur cette question [...] que nous ne pourrions pas accepter qu'aujourd'hui le maire veuille prétendre qu'il aurait dû le savoir. En fait, c'est lui qui n'a pas voulu le savoir», a dit Mme Harel.
Géraldf Tremblay ne veut pas attendre la reprise des travaux à l'Assemblée nationale et l'adoption d'une législation avant de pouvoir mettre un terme aux pratiques douteuses de l'industrie. Géraldf Tremblay ne veut pas attendre la reprise des travaux à l'Assemblée nationale et l'adoption d'une législation avant de pouvoir mettre un terme aux pratiques douteuses de l'industrie.<br />
 
 
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