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Libre opinion - Les Montréalais ne sont pas des valises!

27 septembre 2012 | Marvin Rotrand - Conseiller municipal pour Union Montréal et leader de la majorité à la Ville de Montréal | Montréal
La lettre publiée dans Le Devoir du 25 septembre 2012 sous la plume de Louise Harel, Réal Ménard, Chantal Rouleau et Anie Samson, membres de l’opposition officielle, est démagogique, insultante envers les 29 000 employés de la Ville de Montréal, mais également trahit la mauvaise foi des élus de Vision Montréal.

Il est absurde de comparer les événements de la dernière décennie au Montréal des années 50 que Pax Plante a combattu, où des dizaines de policiers étaient directement impliqués dans des activités criminelles. Les élus de Vision Montréal mettent dans le même panier une fraude effectuée par quelques fonctionnaires (fraude d’ailleurs révélée grâce aux mesures mises en place par notre administration) ; une fraude pratiquée par des individus isolés, des ouï-dire d’un entrepreneur ayant avoué ouvertement avoir laissé des motards criminalisés prendre le contrôle de son entreprise, ainsi que des allégations d’apparence d’irrégularités dans certaines transactions immobilières, dont l’origine remonte à plusieurs décennies, rapportées par certains médias.


Certaines de ces enquêtes policières ont été jugées sans fondement par les autorités. Plus étonnant encore, la lettre mentionne l’augmentation des coûts des contrats octroyés par le ministère des Transports du Québec ! Comme si l’administration montréalaise avait une quelconque responsabilité là-dedans.


Évidemment, cette énumération a comme objectif de laisser croire à la population que tout cela est concerté et organisé par notre administration. La preuve : l’arrestation de Frank Zampino. Une unité d’enquête de toute urgence s’il vous plaît ! On tente de condamner par association. D’une part, nous vivons dans un état de droit et tout le monde est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Mais d’autre part, qu’est-ce que cette unité d’enquête peut faire que le SPVM, la SQ, la GRC, l’escouade Marteau, l’UPAC et la commission Charbonneau ne peuvent pas faire ?


Les élus de Vision Montréal, qui ont plusieurs années d’expérience en politique, sont passés maîtres dans l’art des allégations et des sous-entendus. Comme ils le font régulièrement dans les médias, ils utilisent un fait et y ajoutent certains mots et expressions clés pour semer le doute, par exemple « semble », « s’apparente », « on peut s’imaginer » et le très percutant « on est en droit de se demander ». Ces combinaisons peuvent devenir de puissants outils de désinformation. Voyons voir.


Vision Montréal a été condamné à plus de 200 reprises pour des infractions à la Loi électorale et a plaidé coupable à 18 constats d’infraction en matière de financement politique (rappelons qu’Union Montréal n’a jamais été reconnu coupable d’une infraction et que le DGEQ a toujours approuvé ses états financiers). Anie Samson est cofondatrice de Vision Montréal. Il « semble » évident qu’elle ne pouvait ignorer les gestes posés par les administrateurs du parti qu’elle a fondé. Au début du millénaire, le scandale de la firme Oxygène 9 a fait les manchettes, et on apprenait entre autres que cette firme faisait payer des milliers de dollars à des entrepreneurs pour qu’ils obtiennent un rendez-vous auprès d’un ministre du gouvernement de l’époque. Cette façon de faire « s’apparente » à du taxage et a mené à la démission du ministre Gilles Baril et à l’adoption de la Loi sur le lobbyisme.


Louise Harel était l’une des ministres les plus influentes du Conseil des ministres de Bernard Landry. « On peut s’imaginer » qu’elle était au courant, sinon partie prenante du stratagème. Par ailleurs, Réal Ménard défend de façon énergique l’instauration d’une zone de tolérance pour la prostitution. Pourtant, il sait très bien que la prostitution est illégale et surtout, que le crime organisé contrôle cette activité très lucrative. « On est en droit de se demander » quelles sont les véritables motivations de M. Ménard dans ce dossier.


Bien évidemment, il s’agit là d’allégations farfelues. Cette méthode, utilisée à tous les vents par les élus de Vision Montréal, doit cesser. Ils savent très bien que pour lutter contre la corruption et la collusion, notre administration a posé plusieurs gestes, que nos prédécesseurs, y compris les élus de Vision Montréal, n’ont pas osé faire et nous continuons dans cette direction.


Nous avons d’ailleurs demandé au directeur général de la Ville de réviser notre Politique de gestion contractuelle, déjà la plus sévère au Québec, pour voir s’il serait possible de la renforcer encore. Nous demandons également à Québec de renforcer la loi 35 et de nous donner plus de pouvoir pour combattre ce fléau dont nous sommes tous les victimes.


Que les élus de Vision Montréal se le tiennent pour dit : leurs campagnes de désinformation ne fonctionnent pas. Les Montréalais ne sont pas des valises. Ils savent faire la différence entre de la politique-spectacle et la vérité.

 
 
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