Priorité à l’échangeur Turcot
Les élus montréalais veulent une révision du projet routier
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et les deux partis d’opposition à l’hôtel de ville ont tous cité l’échangeur Turcot comme un dossier prioritaire auquel devront s’attaquer le nouveau ministre des Transports et Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, et son homologue à la Métropole, Jean-François Lisée.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, et celui de Projet Montréal, Richard Bergeron, partagent le sentiment d’urgence du maire. Ils souhaitent que le projet Turcot soit remis sur la planche à dessin avant le lancement des appels d’offres.
« L’irréparable n’a pas encore été commis. On peut revoir ce projet », a dit M. Bergeron.
M. Bergeron a réitéré l’importance d’atteindre un équilibre dans le budget de réaménagement, en consacrant 1,5 milliard au transport collectif et 1,5 milliard au transport routier. « Il faut en faire un projet de développement de Montréal plutôt qu’un strict projet autoroutier visant le développement des banlieues », a-t-il dit.
Louise Harel conteste aussi le projet dans sa forme actuelle, jugeant qu’il n’est pas nécessaire de déplacer la voie ferrée le long de la falaise Saint-Jacques.
Par ailleurs, le maire Tremblay a déjà écrit au nouveau ministre des Affaires municipales pour exiger une réforme de la fiscalité municipale dans les plus brefs délais. Montréal dépend à 70 % des taxes foncières pour boucler son budget, un carcan qui freine son développement.
« On ne peut pas continuer si tous les revenus à court terme, c’est-à-dire les taxes de vente, l’impôt sur les revenus et sur les sociétés vont aux deux paliers de gouvernement alors que nous n’avons que les taxes foncières », a-t-il expliqué.
Pour illustrer son point, le maire cite l’exemple du projet de prolongement du boulevard L’Assomption (entre Hochelaga et Notre-Dame) afin de désengorger la circulation aux abords du port. Si Québec investit 200 millions et Montréal 100 millions, le provincial récupérera ses billes en dix ans, selon ses calculs. À l’inverse, Montréal percevra 50 millions en taxes foncières pour la même période, avec un manque à gagner de 50 millions. « Est-ce qu’on pourrait trouver une façon de mieux partager la richesse ? », s’interroge-t-il.








