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Montréal veut planter 300 000 arbres de plus d’ici 10 ans

30 juin 2012 | Jeanne Corriveau | Montréal
Certains arrondissements ont un indice de canopée élevé.
Photo : Association communautaire de Glenmount Certains arrondissements ont un indice de canopée élevé.
D’un couvert arborescent à un autre

Indice de canopée par arrondissement montréalais
Ahuntsic-Cartierville 25,32 %
Anjou 10,19 %
CDN-NDG 25,80 %
Lachine 11,34 %
LaSalle 10,04 %
L’Île-Bizard -Sainte-Geneviève 42,87 %
Mercier -H.-M. 12,78 %
Montréal-Nord 14,50 %
Outremont 34,43 %
Pierrefonds-Roxboro 33,31 %
Plateau-Mont-Royal 18,71 %
RDP-PAT 17,93 %
Rosemont -La Petite-Patrie 19,44 %
Saint-Laurent 10,80 %
Saint-Léonard 9,43 %
Sud-Ouest 14,90 %
Verdun 17,05 %
Ville-Marie 21,98 %
Villeray -Saint-Michel -Parc-Ex. 12,24 %

L’indice de canopée est calculé en fonction de la superficie des couronnes d’arbres ou groupes d’arbres projetés au sol par rapport à la superficie du territoire. Les données pour chaque arrondissement ont été déterminées à partir de photographies aériennes prises en juin 2007.
Les vertus des arbres en milieu urbain ne sont plus à démontrer, notamment dans la lutte contre les îlots de chaleur. La Ville de Montréal a décidé qu’elle en voulait davantage et vise la plantation 300 000 arbres supplémentaires d’ici 10 ans afin de faire passer l’indice de canopée, ou surface du couvert arborescent, de 20 à 25 % sur le territoire de l’île de Montréal. Les propriétaires privés devront mettre la main à la pâte puisqu’ils devront contribuer à plus de la moitié des plantations.

Montréal a dévoilé la semaine dernière son Plan d’action canopée pour 2012-2021, qui fixe comme cible la plantation de 120 000 arbres sur le domaine public et de 180 000 arbres sur les propriétés privées. Cet objectif correspond à 2333 hectares de canopée supplémentaire, soit l’équivalent de 65 fois la superficie du parc Lafontaine, précise-t-on. Une telle opération nécessitera des investissements estimés à 158 millions, dont 70 millions devront être assumés par le secteur privé.


« C’est à peu près l’équivalent des efforts qu’on a demandés après le verglas de 1998, signale Daniel Desjardins, chef de division à la Direction des grands parcs. C’est pour ça qu’on pense que ce n’est pas impossible. »


Si le projet se concrétise, l’indice de canopée passera de 20,3 % à 25 % sur l’île de Montréal, qui compte 16 municipalités. La contribution demandée aux propriétaires privés sera plus élevée que celle demandée aux villes, car dans plusieurs arrondissements, l’ajout d’arbres sur le domaine public s’avère limité compte tenu du peu d’espace disponible. Dans d’autres arrondissements, tels Anjou et Saint-Laurent, la présence importante d’industries et de centres commerciaux crée des zones fortement minéralisées où les arbres sont rares. Dans ces secteurs où l’indice de canopée est réduit à 2 ou 3 %, la Direction des grands parcs recommande de viser un taux de 15 %.


« Les déficiences les plus importantes se retrouvent sur le domaine privé, institutionnel et industriel », confirme Pierre Bélec, directeur de projets chez Soverdi, un organisme sans but lucratif qui travaille auprès d’entreprises pour favoriser le verdissement. « Dans les parcs industriels, vous avez typiquement la table de pique-nique sur l’asphalte attachée avec une chaîne après le poteau de téléphone. Il y a quelque chose à faire pour le bien-être des employés. »


Pour Alan DeSousa, responsable du développement durable au comité exécutif de la Ville et maire de Saint-Laurent, la participation du secteur privé est indispensable. « Tout le monde a un rôle à jouer. La plantation d’arbres n’est pas une obligation qui revient seulement à la Ville. La canopée doit donner des bénéfices à tout le monde », insiste-t-il.


Dans son arrondissement, plusieurs projets de plantation en milieu industriel ont vu le jour au cours des dernières années. « Il reste beaucoup de travail à faire, reconnaît-il. Les quatre dernières années nous ont permis de planter plus de 4500 arbres et arbustes, mais je ne peux pas corriger les effets du passé du jour au lendemain avec une baguette magique. »


Si l’indice de canopée est généralement plus élevé dans les villes de banlieue de l’île de Montréal à faible densité, comme Senneville (56,4 %) ou Beaconsfield (40,8 %), le palmarès des 19 arrondissements montréalais révèle que les arrondissements de l’ancienne ville de Montréal présentent généralement un meilleur indice de canopée que les nouveaux arrondissements nés des fusions comme Saint-Léonard, Anjou, Saint-Laurent et Lachine. Daniel Desjardins attribue cette performance au fait que la Ville de Montréal dispose de sa propre pépinière et qu’elle oblige, depuis des décennies, les arrondissements à planter un minimum d’arbres chaque année.


Comparaisons difficiles


Sur son site Internet, la Ville de Toronto affiche un indice de canopée de 20 %, mais selon Daniel Desjardins, il serait hasardeux de se livrer à des comparaisons, car les méthodologies diffèrent. « On a les données les plus précises parce qu’on a pris des photos aériennes avec un petit pixel et on a mesuré toutes les couronnes d’arbres pour additionner ces surfaces. On a donc éliminé tout ce qui est arbuste. À Toronto et ailleurs, cette mesure a été faite à partir d’échantillonnages ou de photos satellites avec un gros pixel », explique-t-il.


Le Plan canopée sera soumis pour consultation à la Commission de l’eau, de l’environnement, du développement durable et des grands parcs l’automne prochain. Josée Duplessis, conseillère de Projet Montréal dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, croit qu’on ne pourra pas limiter le débat à la simple plantation d’arbres. « Planter de nouveaux arbres, c’est bien, mais entretenir ceux qui sont existants et ne pas les perdre, ça doit faire partie du plan d’action d’après nous, dit-elle. C’est le genre de choses dont on devra parler aussi. »

 
 
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