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Richard Bergeron a été mis en garde par Duchesneau

29 juin 2012 | Jeanne Corriveau | Montréal
À l’instar de Gérald Tremblay, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a rencontré Jacques Duchesneau à l’été 2009. Mais dans son cas, l’ex-directeur de l’Unité anticollusion (UAC) lui aurait dévoilé les noms de personnes dont il devait se méfier, a relaté M. Bergeron hier.

M. Bergeron aurait discuté à plusieurs reprises avec M. Duchesneau au cours des mois précédant les élections municipales de novembre 2009. « Il m’a donné beaucoup de noms, que, naturellement, je ne répéterai pas. Il me mettait en garde, moi et ma famille, parce que, si j’étais devenu maire de Montréal à l’élection de 2009, c’était 300 millions de chiffre d’affaires qui étaient perdus pour certains réseaux », a-t-il expliqué.


Durant la campagne électorale de 2009, M. Bergeron avait d’ailleurs demandé la protection de la police, à la suggestion de M. Duchesneau.


De son côté, le maire Gérald Tremblay n’en démord pas. À aucun moment lors de la rencontre qu’il a eue le 2 juillet 2009 avec Jacques Duchesneau, celui-ci ne l’a mis en garde contre des membres de son entourage, a-t-il répété hier.


Gérald Tremblay a de nouveau exigé des excuses de la part de Jacques Duchesneau pour les propos que celui-ci a tenus plus tôt cette semaine. Rappelons que dans une entrevue accordée à The Gazette, M. Duchesneau a dit que le maire pouvait aller en enfer en ajoutant que jamais il n’achèterait jamais une bicyclette usagée de lui.


« Ce qui me surprend le plus, c’est qu’on a la même cause à coeur, a déploré le maire Tremblay. On travaille pour faire la lumière le plus rapidement possible sur toutes les allégations de collusion et de corruption dans l’industrie de la construction. Donc, on devrait être des alliés avec une cause commune. »


« Je donne une occasion à Jacques Duchesneau de se rétracter parce qu’il n’a jamais mentionné des noms, a-t-il dit. Il ne m’a jamais mis en garde contre mon entourage ou mon équipe immédiate. S’il l’avait fait […], j’aurais posé des gestes concrets. Si Jacques Duchesneau a des noms, qu’il les dise le plus rapidement possible et j’espère que la justice va suivre son cours. »


Même si M. Duchesneau ne s’est toujours pas amendé, le maire n’a pas l’intention d’intenter une poursuite contre lui. « Je n’ai pas l’intention de dépenser un sou de fonds publics pour faire des mises en demeure contre une personne qui veut assumer un rôle important. Je ne veux pas me chicaner avec qui que ce soit. […] On n’a pas raison de m’attaquer », a-t-il soutenu.


Questionné sur les intérêts politiques que pourrait avoir M. Duchesneau, le maire a répliqué : « Je présume toujours de la bonne foi des personnes. Jamais je ne vais porter un jugement ou accuser une personne de quoi que ce soit. Ça fait maintenant 11 ans que je suis maire de Montréal. Vous ne m’avez jamais entendu tenir des propos comme ceux tenus par Jacques Duchesneau. S’il veut assumer des responsabilités importantes, comme celles qu’il assume avec la commission Charbonneau, et s’il veut maintenir sa crédibilité, il faut qu’il arrête d’accuser des gens faussement et qu’il se rétracte des propos qu’il a tenus à mon égard. »


De son côté, la chef de l’opposition, Louise Harel, entend demander au maire que le conseil municipal puisse entendre Jacques Duchesneau, mais encore faudrait-il que celui-ci puisse bénéficier d’une immunité, un privilège que n’ont pas les conseillers municipaux dans l’enceinte du conseil.

 
 
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