L’INRS lorgne le nouveau campus de l’UdeM
L’Institut pourrait déménager à Outremont son centre dédié à l’énergie, les matériaux et les télécommunications
Des discussions sont en cours entre cette composante du réseau de l’Université du Québec et l’UdeM, dont le recteur se réjouit de la perspective de densifier les équipes de recherche. « Le temps où s’élevaient, sur les campus, de magnifiques tours d’ivoire est révolu », a lancé hier Guy Breton lors d’une présentation du développement du campus Outremont devant le Cercle canadien de Montréal. Outre l’INRS, Polytechnique, qui est à l’étroit sur la montagne, pourrait installer certaines de ses activités de recherche sur le site de l’ancienne gare de triage, a également indiqué M. Breton. Pour ce dernier, la création d’un environnement favorable à la synergie entre universités constitue une voie d’avenir.
Le directeur général de l’INRS, Daniel Coderre, abonde dans le même sens. « Ce n’est pas un projet immobilier. Notre objectif est scientifique. Il s’agit de créer une masse critique de chercheurs, de grands équipements de recherche, en un lieu pour en faire un pôle d’excellence pour le Québec », a affirmé M. Coderre après la conférence de son collègue.
En 2006, des pourparlers entre l’INRS et l’UdeM avaient été entamés afin d’implanter un pavillon des nanosciences sur le campus d’Outremont, qui en était à ses balbutiements. Aujourd’hui, le projet ne se limite pas aux nanosciences. Concrètement, il s’agirait de regrouper le secteur de l’énergie et des matériaux actuellement situé à Varennes et les équipes et les laboratoires de télécommunications qui logent à la Place Bonaventure, au centre-ville montréalais. Le conseil d’administration de l’INRS a mandaté M. Coderre pour explorer ce projet de façon prioritaire.
La prochaine étape consistera à faire une analyse financière. Cela pourrait démarrer au cours des prochaines semaines. Il est d’ores et déjà acquis que l’INRS devra se tourner vers le secteur privé. La Fondation canadienne de l’innovation (FCI) accorde à l’INRS un financement annuel de 65 millions pour la recherche qui ne peut servir aux infrastructures. L’INRS met sur pied une fondation afin de recueillir l’argent pour ses projets.
« On a une université qui est en équilibre budgétaire depuis 2000. On n’a pas de dettes. Jamais je ne mettrais mon université dans une situation délicate », a précisé M. Coderre.
De son côté, l’UdeM lancera à l’automne une vaste opération philanthropique avec l’école des HEC et Polytechnique afin de financer le campus Outremont. Guy Breton a tenu à préciser que pas un sou du financement du projet ne proviendrait des droits de scolarité.
Depuis avril dernier, les travaux de préparation du site (décontamination des sols, déplacement des voies ferrées, construction des infrastructures, par exemple) ont débuté. Le chantier nécessite un investissement de 120 millions accordé par les gouvernements fédéral et provincial ainsi que la Ville de Montréal.
De plus, l’UdeM travaille avec Infrastructure Québec à l’élaboration du dossier d’affaires initial, un passage obligé pour les grands projets. Il est prévu que le pavillon des sciences ouvrira ses portes en 2017.








