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    La « bouffe de rue » pourrait être de retour à Montréal

    14 juin 2012 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Après 65 ans d’interdiction, la Ville de Montréal envisage d’autoriser la vente de nourriture sur rue, et une commission se penchera sur la question au cours des prochains mois, a annoncé hier l’administration du maire Gérald Tremblay. D’emblée, le vice-président du Comité exécutif, Richard Deschamps, avoue que la Ville a un « préjugé favorable » à l’égard de ce type de commerce.


    Lors de sa réunion hebdomadaire, hier, le Comité exécutif a confié à la Commission sur le développement économique et urbain le mandat de tenir une consultation concernant la vente d’aliments sur le domaine public. « Ça s’inscrit dans l’esprit de Montréal, qui est une grande ville festive, mais aussi gastronomique », a expliqué Richard Deschamps lors d’un point de presse.
     
    De nombreuses villes dans le monde permettent la vente itinérante d’aliments, mais, à Montréal, cette activité n’est autorisée que lors d’événements spéciaux. Selon M. Deschamps, le temps est venu de se pencher sur la question dans la métropole. « On a un préjugé favorable pour faire quelque chose de qualité, a-t-il pris soin de préciser. Notre rôle sera de bien encadrer cette activité, parce qu’il y a des enjeux par rapport à nos restaurateurs locaux et aux permis. »
     
    Les consultations menées par la commission auront vraisemblablement lieu à compter du mois d’août et l’administration devrait présenter une proposition de règlement d’ici la fin de l’année, croit Richard Deschamps.
     
    M. Deschamps soutient que la décision de l’administration n’a rien à voir avec la motion que le parti de Louise Harel comptait présenter sur le sujet lors de la séance du Conseil municipal prévue lundi prochain.
     
    « Les Montréalais le demandent depuis longtemps, a commenté Véronique Fournier, conseillère de Vision Montréal. On est très contents que l’administration se mette au diapason des Montréalais. On va pouvoir vivre les quatre saisons montréalaises autrement, avec de la bouffe de rue dans nos quartiers. »
     
    L’Association des restaurateurs du Québec entrevoit l’arrivée de camions ambulants avec beaucoup moins d’enthousiasme. « C’est légitime pour la Ville d’étudier la question, car c’est une tendance lourde partout en Amérique du Nord. Mais il est clair qu’on s’inquiète un peu du discours de M. Deschamps, qui dit qu’il a un préjugé favorable », a expliqué François Meunier, vice-président aux affaires publiques de l’Association.
     
    Les restaurateurs peinent déjà à assurer la rentabilité de leurs établissements, a-t-il rappelé : « Est-ce que Montréal a vraiment besoin de ça pour améliorer sa réputation sur le plan de la gastronomie ? C’est un argument que l’on rejette. »
     
    Il y a moyen d’autoriser la restauration ambulante sans nuire aux établissements ayant pignon sur rue, estime Guy Vincent Melo, président de l’Association des restaurateurs de rue du Québec. « On ne vise pas à s’installer à un coin de rue devant un restaurant pour lui faire de la compétition. On connaît la sensibilité des restaurateurs à ce sujet. On veut plutôt travailler avec les arrondissements pour revitaliser certains quartiers. »












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