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Vision Montréal favorable à la bouffe de rue

Le parti d’opposition déposera une motion pour réglementer la vente d’aliments sur le domaine public

9 juin 2012 | Jeanne Corriveau | Montréal
La vente dans la rue d’aliments préparés est une pratique permise dans plusieurs villes canadiennes et américaines, comme à New York.
Photo : Agence France-Presse Emmanuel Dunand La vente dans la rue d’aliments préparés est une pratique permise dans plusieurs villes canadiennes et américaines, comme à New York.
Interdite à Montréal depuis des décennies, la vente d’aliments sur le domaine public refait son apparition à la faveur d’événements spéciaux et de festivals. Afin de favoriser le retour de ce type de commerce dans la rue, une pratique autorisée dans plusieurs grandes villes canadiennes, l’opposition à l’Hôtel de Ville propose que le conseil municipal débatte de la question.

À la séance du conseil municipal du 18 juin prochain, le parti dirigé par Louise Harel déposera une motion demandant à la Ville d’élaborer un règlement-cadre qui autoriserait la vente, la préparation et la consommation de nourriture sur le domaine public. Ce modèle de règlement donnerait des balises claires aux arrondissements désireux de permettre ce type de commerce sur leur territoire, estime Vision Montréal.


La vente de nourriture dans la rue a été prohibée en 1947. À l’époque, les autorités municipales avaient invoqué la malpropreté et les piètres conditions sanitaires entourant ces activités pour interdire ce commerce.


Au lendemain des fusions municipales de 2001, les arrondissements ont hérité du pouvoir de légiférer dans ce domaine, mais seul Verdun aurait adopté un règlement sur le commerce de rue, explique la conseillère de Vision Montréal Véronique Fournier.


La vente ambulante de nourriture effectue subtilement un retour dans la métropole avec, entre autres, les camions de Grumman‘78 et de La Mangeoire qui, au cours des prochains mois, s’installeront à la Place des Arts et sur l’esplanade du Parc olympique, au gré d’événements spéciaux. Mais elle est toujours interdite dans la rue.


Véronique Fournier croit que le temps est venu d’assouplir les règles : « Ce que l’on constate, c’est que l’industrie est en avance sur les pratiques de la Ville de Montréal. La population le demande. Selon nous, c’est un moment opportun de bouger et ça va dans le sens des pratiques adoptées dans plusieurs villes canadiennes et américaines. »


« Le but de la motion, c’est d’établir des critères généraux autant sur la sécurité et la salubrité que sur la façon de gérer le commerce de rue, poursuit-elle. C’est important qu’il y ait une réglementation cohérente sur l’ensemble du territoire. Il ne peut pas y avoir 19 manières d’appliquer un règlement. »


La conseillère croit toutefois qu’il faudrait privilégier une nourriture saine ou des mets à caractère gastronomique et non se contenter de hot-dogs et de poutines. Et selon elle, la vente ambulante ne doit pas se limiter au centre-ville ou aux endroits touristiques. « Ce qui peut être très intéressant, c’est d’appuyer des efforts de revitalisation des quartiers et permettre à des restaurateurs de rue d’aller dans des secteurs moins bien desservis ou de se greffer à des événements ponctuels afin d’animer l’espace public autrement », dit-elle.


En 2003, l’arrondissement de Ville-Marie avait songé à autoriser la vente de nourriture sur rue, mais le projet avait été abandonné après qu’un comité de travail eut jugé que ces activités commerciales n’amélioreraient pas la qualité de vie ni l’attrait touristique de la métropole.


Les motions des partis d’opposition sont souvent balayées par la majorité, mais Véronique Fournier croit qu’un débat sur le sujet est nécessaire. « S’il est au diapason de la population montréalaise, le conseil municipal devrait appuyer cette motion. La motion vise l’élaboration d’un règlement-cadre avec de grands paramètres, mais il n’oblige pas tous les arrondissements à l’adopter », dit-elle.

 
 
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