Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    La Ville doit reprendre en main Griffintown

    L’OCPM estime que le développement immobilier du quartier doit être mieux encadré

    1 mai 2012 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Quelque 17 projets immobiliers sont autorisés ou en voie de l’être dans cet ancien quartier ouvrier.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Quelque 17 projets immobiliers sont autorisés ou en voie de l’être dans cet ancien quartier ouvrier.
    Au cours des dernières années, les promoteurs privés ont dicté le développement du quartier Griffintown, mais il n’est pas trop tard pour que la Ville reprenne en main la planification de cet ancien secteur industriel, estime l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) dans un rapport rendu public hier.

    Pour l’Office, il y a urgence à agir. Quelque 17 projets immobiliers sont autorisés ou en voie de l’être dans Griffintown. Avant que le quartier ne devienne un quartier monolithique dominé par des condos, l’Office presse les autorités municipales d’adopter un Plan de développement urbain intégré qui favorisera une mixité des fonctions et modulera la hauteur des immeubles.


    Griffintown devra être plus accueillant pour les familles. À cet égard, la Ville devra sans tarder imposer des réserves sur plusieurs terrains afin de combler les besoins en espaces verts et en places publiques, suggère l’Office, qui souligne que l’inclusion des logements abordables devra aussi être planifiée. Une attention particulière devra être accordée à la protection du patrimoine, ajoute l’OCPM en citant la New City Gas, l’édifice Rodier ou le Horse Palace.


    L’Office recommande aussi la mise sur pied d’un bureau de projet réunissant des représentants de la ville-centre et de l’arrondissement du Sud-Ouest de même que la création d’une table de concertation pour que les citoyens puissent être associés à toutes les étapes du développement du quartier.

     

    Lacunes


    L’OCPM ne manque pas de souligner au passage les lacunes qui ont conduit à l’effervescence immobilière de Griffintown. « Ce n’est pas une décision des pouvoirs publics qui a donné le signal de départ du redéveloppement du quartier, mais l’arrivée de deux mégaprojets », souligne l’Office en évoquant le projet immobilier et commercial du promoteur Devinco et celui des Bassins du nouveau Havre. L’Office croit néanmoins qu’un « rattrapage » est possible. « Il est clair que les faç̧ons de faire, autant que les
    décisions qui ont été prises dans le passé, ont laissé des traces profondes qui ont entaché la crédibilité des autorités municipales », ajoute-t-on.


    Dans un communiqué conjoint, le président du comité exécutif, Michael Applebaum, et le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, se sont dits satisfaits des conclusions du rapport. Ils ont assuré qu’un bureau de projet serait formé et qu’une version préliminaire du Plan de développement serait présentée avant la fin de l’été. « Je suis content de voir que les différents principes que nous avions énoncés en 2010 se retrouvent dans le rapport de l’OCPM, a commenté M. Dorais. Il n’est pas trop tard, mais c’est sûr que ça fait longtemps que ça aurait dû être fait. »


    De son côté, Gérard Beaudet, professeur titulaire à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, ne peut s’empêcher de demeurer sceptique. « Il y a une culture de la négociation qui s’est installée à Montréal [entre les élus et les promoteurs]. Tant que les règles seront floues et que les promoteurs penseront faire plus de gains en négociant avec les élus directement, je ne connais pas beaucoup de promoteurs qui vont s’en priver. »













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.