Tremblay exige une résolution hâtive
Excédé, le maire en appelle au sens des responsabilités du gouvernement et des associations étudiantes
Excédé que Montréal soit « prise en otage » par les manifestations étudiantes, le maire Gérald Tremblay a exigé hier une résolution hâtive du conflit.
M. Tremblay et le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, ont vivement réagi hier aux débordements survenus dans la nuit de jeudi à hier au centre-ville, où environ 85 personnes ont été arrêtées. « Je n’accepterai pas que les citoyens soient pris en otage », a dit M. Tremblay, faisant valoir que les Montréalais en avaient ras-le-bol des perturbations et du vandalisme. « Les Montréalais sont écoeurés. Ils ne veulent plus vivre ça », tranche-t-il.
Se gardant bien de prendre position dans le conflit, M. Tremblay en appelle au sens des responsabilités du gouvernement Charest et des associations étudiantes. C’est à eux qu’il revient de trouver la sortie de crise. « On ne peut pas se substituer au gouvernement du Québec et aux étudiants », a-t-il dit. Sur les ondes de Radio-Canada, il est cependant allé plus loin en condamnant la violence et les gestes de désobéissance civile.
Le maire n’a pas voulu se prononcer sur la demande formulée par Vision Montréal, qui suggère la nomination d’un médiateur.
M. Tremblay a été piqué au vif par la diffusion de reportages jusqu’aux États-Unis, sur la chaîne CNN. Il ne digère pas que la réputation de Montréal soit ainsi entachée sur la scène internationale.
Après que des vandales eurent mis des briques sur les rails de métro et lancé des pierres sur l’autoroute 720, il craint une escalade de la violence qui mènera inéluctablement à une tragédie. « Nous avons été chanceux. Est-ce que nous allons attendre un événement tragique pour agir ? » s’interroge-t-il.
Climat de tension
Le climat s’est rapidement détérioré dans les rues depuis que des manifestants ont tenté de perturber le Salon Plan Nord vendredi dernier. Depuis une semaine, des casseurs bien organisés se greffent régulièrement aux manifestations avec le but avoué de confronter les policiers.
« C’est une violence qu’on n’avait pas vue depuis des années », a dit Marc Parent. « Plusieurs groupuscules structurés » profitent de l’anonymat de la foule pour se livrer à des actes de vandalisme et s’en prendre aux policiers. « Ils provoquent systématiquement la police. Ils veulent une confrontation », a-t-il affirmé.
Le chef du SPVM a fait les distinctions entre le mouvement étudiant et les casseurs. Il a demandé l’aide des manifestants pacifiques afin qu’ils repèrent et isolent du groupe les fauteurs de troubles.
Le SPVM semble à court de tactiques pour épingler les vandales avant que la situation dégénère. Il est toujours possible d’effectuer des arrestations préventives, mais la démarche est complexe. « Sur le plan juridique, c’est un défi en soi. Mais lorsqu’on peut, on le fait », a dit M. Parent.
Le projet de règlement pour interdire le port du masque dans les manifestations rencontre aussi des écueils juridiques, et son adoption est retardée.
Les policiers sont intervenus dans quelque 165 manifestations depuis le début de la grève. Ils maîtrisent toujours la situation, assure le chef, mais ils commencent à être fatigués.








