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    Griffintown: une vieille écurie est menacée

    Vieux de 150 ans, le Horse Palace pourrait faire place à des condominiums

    13 avril 2012 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Le Horse Palace, qui n’abrite plus de huit chevaux, a été vendu à deux promoteurs immobiliers.<br />
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le Horse Palace, qui n’abrite plus de huit chevaux, a été vendu à deux promoteurs immobiliers.
    Les condominiums pourraient bien avoir raison du Horse Palace, une écurie décrépite de Griffintown qui héberge depuis 150 ans des chevaux de calèche. Selon le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, la menace est bien réelle, car le site a récemment été vendu à deux promoteurs immobiliers. Il a réclamé hier l'intervention de l'administration Tremblay pour que le site fasse l'objet d'une citation patrimoniale et qu'une réserve foncière soit imposée sur le terrain adjacent à l'écurie.

    Les bâtiments délabrés du Horse Palace ont triste mine, Benoit Dorais en convient. Mais la vieille écurie, vestige d'une autre époque, mérite d'être sauvée, croit-il. Le Horse Palace peut loger jusqu'à huit chevaux de calèche en été. L'écurie a récemment été vendue au promoteur immobilier Maître Carré, qui s'affaire d'ailleurs à la construction d'un immeuble à condos non loin de là, à l'angle des rues de la Montagne et Ottawa. Le promoteur a toutefois confié aux représentants de l'arrondissement son intention de conserver l'écurie et de la rénover.

    Ce qui inquiète davantage le maire Dorais, c'est l'acquisition toute récente par le promoteur BCG Construction d'un lot bordant la rue Ottawa qui sert de paddock pour les chevaux. Le nouveau propriétaire aurait la ferme intention d'y ériger un immeuble résidentiel de huit étages comme le lui permet le Programme particulier d'urbanisme (PPU) de Griffintown adopté en 2008. Un tel projet enclaverait l'écurie et mettrait en péril sa survie, craint Benoit Dorais: «Le promoteur est de plein droit. Il faut absolument prendre des actions légales et réglementaires.» Comme l'arrondissement ne peut refuser la délivrance d'un permis de construction, le maire Dorais presse la Ville d'imposer une réserve foncière sur cette parcelle qui couvre environ le tiers du site du Horse Palace.

    L'arrondissement demande aussi à la Ville de protéger le Horse Palace ainsi que la New City Gas et l'édifice Rodier, tous deux situés dans Griffintown, en les déclarant sites patrimoniaux. Selon M. Dorais, la Division de la culture et du patrimoine aurait suspendu l'étude de nouveaux dossiers, c'est pourquoi il déposera une motion à ce sujet à la séance du conseil municipal de lundi.

    Centre d'interprétation

    Ces mesures permettraient à la Fondation du Horse Palace de Griffintown de se porter acquéreur de l'ensemble du site, croit M. Dorais. Cette fondation, qui souhaite maintenir les activités de l'écurie, rêve de créer un centre d'interprétation sur l'histoire du quartier et d'offrir des activités d'équithérapie. «Le nouveau propriétaire [Maître Carré] s'est montré ouvert à rénover l'écurie et à travailler avec nous sur notre projet», a souligné Juliette Patterson, la présidente de la fondation. Pour l'instant toutefois, l'organisme ne dispose pas des fonds nécessaires pour acheter l'ensemble du site.

    Au cabinet du maire Gérald Tremblay, on soutient que l'arrondissement est mieux outillé que la Ville pour protéger ce patrimoine. «Le Horse Palace fait partie d'un secteur patrimonial dans le plan d'urbanisme. C'est l'arrondissement qui doit s'assurer que la réglementation en place n'amène pas une pression immobilière indue sur ce lieu qu'on veut protéger», a expliqué hier Martine Painchaud, attachée de presse au cabinet du maire. Elle a par ailleurs affirmé qu'aucun moratoire n'avait été imposé pour les citations patrimoniales, contrairement à ce qu'a laissé entendre le maire du Sud-Ouest.

    Les promoteurs Maître Carré et BCG Construction n'ont pas rappelé Le Devoir.












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