Effervescence immobilière à Montréal

L’immeuble Peterson, dans le Quartier des spectacles, comptera 34 étages et 280 logements. Il sera érigé rue de la Concorde, au sud de la rue Sherbrooke.<br />
Photo: Ville de Montréal L’immeuble Peterson, dans le Quartier des spectacles, comptera 34 étages et 280 logements. Il sera érigé rue de la Concorde, au sud de la rue Sherbrooke.

Les projets immobiliers se multiplient au centre-ville de Montréal. Le maire Gérald Tremblay en a annoncé dix d'un coup hier. S'ils se réalisent, ces projets se traduiront par des investissements totalisant 628,2 millions de dollars. La maison Louis-Hippolyte-LaFontaine pourrait profiter de cette effervescence puisque le développement de l'îlot Overdale dont elle fait partie est conditionnel à la restauration de l'immeuble patrimonial laissé à l'abandon depuis une vingtaine d'années.

L'ambiance n'était pas au pessimisme hier matin dans les locaux de l'arrondissement de Ville-Marie où l'équipe de la Direction de l'aménagement urbain dévoilait les projets immobiliers qui devraient voir le jour au cours des prochaines années.

Parmi les plus ambitieux figure le projet de la maison Ogilvy, à l'angle des rues Sainte-Catherine et de la Montagne, qui prévoit la démolition de l'hôtel de la Montagne, l'agrandissement du magasin Ogilvy et la construction d'un nouveau complexe hôtelier et résidentiel. Le tout pour la coquette somme de 140 millions.

Plus au sud, le Roccabella viendra remplacer un stationnement de surface bordé par le boulevard René-Lévesque et la rue de la Montagne. Les deux tours jumelles de 35 étages abriteront 516 condos ainsi que des locaux commerciaux et nécessiteront des investissements de 117 millions.

Dans le Quartier des spectacles, le Peterson, avec ses 280 logements et ses balcons en coursives, s'élèvera sur 34 étages le long de la rue de la Concorde, au sud de la rue Sherbrooke.

Certains projets impliqueront la revalorisation d'immeubles existants, comme dans le cas du Saint-Dominique, qui prévoit la transformation et l'agrandissement de l'ancienne brasserie Ekers du boulevard Saint-Laurent.

Ces projets, a tenu à préciser le maire Tremblay, s'ajoutent aux 29 autres qui sont en cours de réalisation au centre-ville: «On est en train de réhabiliter des bâtiments qui sont vacants et de faire disparaître de grands terrains de stationnement de surface.» Cette effervescence témoigne de la confiance des promoteurs dans la vitalité du centre-ville, a-t-il souligné en rappelant que depuis 2006, la population qui réside dans ce secteur stratégique a grimpé de 6 %.

Le cas de la maison LaFontaine

Le maire fonde beaucoup d'espoirs dans le projet de développement de l'îlot Overdale qui permettra, outre la construction d'un complexe résidentiel et commercial, la restauration de la maison de l'ancien premier ministre du Canada-Uni Louis-Hippolyte-LaFontaine. L'homme d'affaires Kheng Ly, qui a fait l'acquisition du terrain de 140 000 pieds carrés en septembre dernier pour 28 millions, se serait engagé à remettre l'immeuble et état et à restaurer le jardin adjacent. «Il faut absolument que le promoteur, à ses frais, rénove la coquille [de la maison LaFontaine] pour qu'on puisse accueillir un centre d'interprétation afin de reconnaître la contribution exceptionnelle de Louis-Hippolyte LaFontaine, a expliqué le maire. Je vais m'assurer, avec mon équipe, que ce sera une des conditions de l'émission du permis.»

La vocation future de la maison LaFontaine n'est pourtant pas encore confirmée. Le sénateur Serge Joyal, qui milite activement depuis des années avec Phyllis Lambert pour la sauvegarde de l'immeuble, dit avoir bon espoir de voir le projet de lieu de commémoration de l'histoire canadienne se réaliser. Hier, le sénateur a indiqué au Devoir avoir rencontré à deux reprises au cours des derniers mois les représentants du nouveau propriétaire du terrain. «Ils nous ont donné tous les signes de bonne foi et de coopération», a-t-il dit.

M. Joyal croit que le propriétaire devrait solliciter l'aide de Parcs Canada dans le cadre des travaux de restauration de l'édifice et l'élaboration d'un projet de commémoration. La maison LaFontaine pourrait alors être intégrée au circuit historique de Montréal, qui comprend la maison de Georges-Étienne Cartier, de la rue Notre-Dame, celle de Louis-Joseph Papineau et d'autres monuments, comme la prison des Patriotes. «Il n'est pas nécessaire que Parcs Canada fasse l'acquisition de la maison. Il existe toutes sortes de formules. On pourrait par exemple signer un bail emphytéotique de 60 ans ou plus», a-t-il suggéré.

Logements sociaux et abordables


Les projets immobiliers au centre-ville de Montréal comporteront-ils des logements sociaux et abordables comme le prévoit la Stratégie d'inclusion de la Ville de Montréal? «Certains projets en hauteur ne sont pas susceptibles d'accueillir des logements sociaux», a reconnu le maire Tremblay. Des discussions seront toutefois entreprises avec les promoteurs pour qu'ils versent une contribution dans un fonds dédié à la réalisation de projets de logements sociaux. Mais cette contribution est volontaire, a-t-il rappelé.
7 commentaires
  • Alexie Doucet - Inscrit 4 avril 2012 07 h 33

    Encore des condos au centre-ville

    Après avoir évacué le "red light" de la Main et le "night life" qui distinguait jadis Montréal de Toronto, nos promoteurs immobiliers sont en train de faire du centre-ville un grand dortoir. En effet, comment pourra-t-on réellement faire la fête dans la rue, quand juste au dessus, des gens bien, qui ont payé une fortune pour leur condo, essaient de dormir après le téléjournal?
    Faudra-t-il s’adresser à l’UNESCO et faire déclarer le centre-ville de Montréal Patrimoine culturel DE LA CULTURE pour éviter l’étalement des banlieues au centre-ville.

    • Gabriel Cyr - Inscrit 4 avril 2012 10 h 36

      Face au choix d'un centre-ville mort après 17h, entouré d'une banlieue dortoire (pour satisfaire votre envie de fêter) et un centre-ville habité, dynamique, avec services de proximité et lieux d'emploi accessible par transport actif ou collectif....

      Je crois que nos décideurs sont de plus en plus éclairés. Cela dit, ces nouveaux citadins, souvent d'origine banlieusarde, devront réaliser assez rapidement qu'ils sont en ville et non dans une troisième couronne gazonnée et silencieuse après 21h.

  • Martin Blanchard - Inscrit 4 avril 2012 08 h 43

    Contribution volontaire

    Le fonds dédié à la construction de logements sociaux est une source d'inquiétude. Les promoteurs y contribueront de façon volontaire, nous dit le maire. Est-ce bien raisonnable de croire que les promoteurs vont contribuer volontairement pour des logements sociaux, alors qu'ils ont historiquement toujours refusés de céder une place autre que symbolique aux logements sociaux, ne voulant pas d'une concurrence qu'ils dénoncent comme ètant déloyale?

  • Asfour Stah - Inscrit 4 avril 2012 12 h 07

    Pensée Magique....

    On croit rêver quand on lit un article pareil, on dirait que c'est un communiqué de presse de la ville de Montréal. Non mieux, un article promotionnel de promoteurrs immobiliers....

    Contribution volontaire.... Après 2 siècles de capitalisme actif, comment peut-on laisser des entreprises privées dont le but est de faire du fric, s'occuper de décisions aussi importantes que le droit à avoir un logement décent et abordable.

    On va voir ce que ca va donner cette contribution volontaire quand un 3 1/2 va couter 1500$ et que les propriétaires seront endettés jusqu'au bout, le rêve d'un centre-ville de 'classe mondial' sera un cimetiere urbanistique de 'classe mondiale'...

  • MJ - Inscrite 4 avril 2012 21 h 28

    Encore la construction de condos de luxe pour une clientèle d’élite

    Pourquoi la construction immobilière est-elle toujours centrée sur des condos de luxe, au détriment d'autres clientèles moins fortunées qui trouvent de plus en plus difficile de bien se loger à des prix abordables à Montréal? Les fonds publics ne servent-ils que les intérêts des plus fortunés? A l’image des autres villes du monde, Montréal centre-ville deviendra-t-elle inabordable pour ses propres habitants? Ou seront-ils refoulés en périphérie ou en banlieue comme dans les autres grandes villes du monde?

    Une émission récente de “Une heure sur Terre” à SRC nous transportait dans quelques grandes villes du monde où seule l’élite pouvait s’offrir des logements luxueux au coeur de ces grandes villes européennes (Paris, Moscou, etc.) ou chinoises (Pékin) par exemple, tandis que les classes moyennes ou moins fortunées étaient refoulées en périphérie, même si elles travaillaient dans les grands centres urbains.

  • MJ - Inscrite 4 avril 2012 21 h 32

    Réinventer la ville

    L’exemple de Strasbourg en France serait un modèle de ville à imiter pour le type de mise en chantiers: petits projets de logements en rangée et de hauteur moyenne, concourant à la mixité des classes sociales avec logements prévus pour familles à moyen revenu, studios pour étudiants, et logements abordables, le tout dans un même projet comportant quelques unités de logements, de grandeurs variables. Le tout dans un environnement convivial à proximité d’un réseau de tramway électrique sillonnant la ville de Strasbourg, dans un espace reboisé, près de parcs publics et de verdure, où le vélo a droit de cité et est aussi un moyen de transport privilégié. La voiture est interdite au centre de Strasbourg. La ville de Strasbourg réunit les avantages à la fois de la ville et de la banlieue avec sa verdure, un espace ouvert avec squares publiques aménagés pour les piétons. Quelques édifices publics d’importance dont le parlement européen se retrouvent au coeur de cette ville coquette de Strasbourg.

    Pourquoi à Montréal ne prévoit-on pas cette mixité sociale dans les nouveaux projets de construction (plutôt que de créer des ghettos pour riches ou pauvres) et ne favorise-t-on pas un aménagement urbain plus "naturel" qui ramènerait un peu de fraîcheur et de verdure dans notre grande ville trop bétonnée?

    • Denis Beland - Inscrit 6 avril 2012 01 h 40

      L`exemple de Strasbourg est un example merveilleux. Je crois que s`est important de mixer toute les classes sociales dans le centre-ville de Montréal pour donner un charme et un beau charactère à la ville de Montréal. J`encourage les Montréalais à mettre de la pression sur la ville pour immiter l`exemple de Strasbourg. Moi, j`habite dans le centre de Vancouver et s`est presque que des gens en moyens ou riche qui peuvent se le permettre. Malheurement, Je trouve que s`est un vrai problème ici a Vancouver. Bonne chance avec vos projets chère Montréalais.