La Ville de Montréal aura son centre de services animaliers
Photo : Agence Reuters Konstantin Chernichkin
Des soins vétérinaires seront dispensés par la municipalité.
Huit mois après la diffusion d'un reportage-choc sur des euthanasies sordides effectuées à la fourrière privée Berger blanc, la Ville de Montréal a annoncé hier son intention de créer un centre municipal de services animaliers et de resserrer sa réglementation afin de réduire le nombre d'animaux abandonnés sur son territoire. Pour l'instant toutefois, la Ville ne peut préciser les coûts de cette entreprise.
«Je ne veux plus revoir les images que j'ai vues à la télévision», a indiqué hier le responsable des services aux citoyens au comité exécutif, Richard Deschamps.
À l'instar de Toronto et de Calgary, Montréal mettra sur pied son propre refuge afin d'offrir des services de contrôle animalier et de soins vétérinaires «qui seront accessibles et à des coûts raisonnables pour l'ensemble des citoyens», a expliqué M. Deschamps, qui ignore encore si les services seront réunis sur un seul site ou sur plusieurs sites à Montréal.
Montréal mettra l'accent sur l'éducation et la sensibilisation dans le but de diminuer le nombre d'euthanasies. Des 20 000 chiens et chats qui ont échoué dans les refuges de l'île de Montréal l'an dernier, 15 000 ont dû être euthanasiés, a-t-il dit. En moyenne, ces animaux ne restent chez leurs propriétaires que 19 mois, alors que leur espérance de vie est d'environ 10 ans.
La Ville compte aussi resserrer sa réglementation pour obliger les propriétaires de chats et de chiens à identifier leur animal à l'aide d'une licence ou d'une micropuce et les inciter à stériliser leur bête. Comme la gestion animale relève de la compétence des arrondissements, il lui faudra s'entendre avec eux pour uniformiser sa réglementation.
Richard Deschamps n'a pu préciser les coûts liés à ce projet: «D'ici l'été 2012, nous aurons en mains divers scénarios permettant de préciser les modalités opérationnelles, techniques et financières du centre de services animaliers», a-t-il indiqué.
Cela ne signifie pas que les contrats que détiennent plusieurs arrondissements avec Berger blanc seront résiliés. «Je pense que les contrats doivent être respectés», a souligné M. Deschamps, qui a même évoqué la possibilité d'un partenariat avec cette entreprise et avec la SPCA. Dans certains cas, il s'agit de contrats échelonnés sur cinq ans.
Un pas dans la bonne direction
La chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville a salué l'annonce faite par l'administration. En mai dernier, Louise Harel avait réclamé la création d'un service animalier municipal. Mais selon elle, l'adoption d'une réglementation uniforme sur toute l'île de Montréal sera nécessaire. «Les chats ne respectent pas les frontières des arrondissements. C'est une réglementation d'agglomération qu'il nous faut», a-t-elle dit.
La conseillère de Projet Montréal, Piper Huggins, trouve le projet trop vague. La Ville devra assurer un financement adéquat aux arrondissements pour que ceux-ci puissent remplir leur mission adéquatement, a-t-elle insisté. «C'est un pas dans la bonne direction, mais les détails seront très importants.»
Plusieurs municipalités québécoises voudront s'inspirer du modèle qui sera créé à Montréal, croit pour sa part le président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le Dr Joël Bergeron, qui a siégé au sein du comité d'experts mis sur pied par la Ville.
Quant à la vente d'animaux dans les commerces, Montréal n'entend pas s'en mêler. En septembre dernier, Toronto a adopté un règlement interdisant aux animaleries de vendre des animaux à moins que ceux-ci ne proviennent de refuges reconnus. «Je ne crois pas que ce type d'interdiction soit la voie à suivre», estime Richard Deschamps.
La Dre Chantal Allinger, présidente de l'Association des médecins vétérinaires du Québec, est aussi de cet avis. «Il y a beaucoup d'animaleries qui sont très responsables. Donc, de taper sur les animaleries, c'est un faux débat pour nous. Il faut plutôt regarder du côté des usines à chiots et d'Internet, où il y a beaucoup de ventes d'animaux», dit-elle.
Pour la SPCA, la volonté démontrée par la Ville de prendre en mains la gestion animale est une bonne nouvelle. «C'est vraiment encourageant et on aimerait bien travailler avec la Ville pour réduire la surpopulation d'animaux», a indiqué Allana Devine, porte-parole de l'organisme.
Le président de Berger blanc, Pierre Couture, met en garde contre les coûts importants que pourrait engendrer le projet de la Ville et des risques de conflits syndicaux susceptibles de mettre en péril les soins aux animaux. À cet effet, il a rappelé la grève des cols bleus en 1975 au cours de laquelle trois dauphins étaient morts de faim: «Est-ce que tout cela va nous amener à un monde meilleur dans lequel il va y avoir une collaboration plus étroite? Je le souhaite personnellement.»
«Je ne veux plus revoir les images que j'ai vues à la télévision», a indiqué hier le responsable des services aux citoyens au comité exécutif, Richard Deschamps.
À l'instar de Toronto et de Calgary, Montréal mettra sur pied son propre refuge afin d'offrir des services de contrôle animalier et de soins vétérinaires «qui seront accessibles et à des coûts raisonnables pour l'ensemble des citoyens», a expliqué M. Deschamps, qui ignore encore si les services seront réunis sur un seul site ou sur plusieurs sites à Montréal.
Montréal mettra l'accent sur l'éducation et la sensibilisation dans le but de diminuer le nombre d'euthanasies. Des 20 000 chiens et chats qui ont échoué dans les refuges de l'île de Montréal l'an dernier, 15 000 ont dû être euthanasiés, a-t-il dit. En moyenne, ces animaux ne restent chez leurs propriétaires que 19 mois, alors que leur espérance de vie est d'environ 10 ans.
La Ville compte aussi resserrer sa réglementation pour obliger les propriétaires de chats et de chiens à identifier leur animal à l'aide d'une licence ou d'une micropuce et les inciter à stériliser leur bête. Comme la gestion animale relève de la compétence des arrondissements, il lui faudra s'entendre avec eux pour uniformiser sa réglementation.
Richard Deschamps n'a pu préciser les coûts liés à ce projet: «D'ici l'été 2012, nous aurons en mains divers scénarios permettant de préciser les modalités opérationnelles, techniques et financières du centre de services animaliers», a-t-il indiqué.
Cela ne signifie pas que les contrats que détiennent plusieurs arrondissements avec Berger blanc seront résiliés. «Je pense que les contrats doivent être respectés», a souligné M. Deschamps, qui a même évoqué la possibilité d'un partenariat avec cette entreprise et avec la SPCA. Dans certains cas, il s'agit de contrats échelonnés sur cinq ans.
Un pas dans la bonne direction
La chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville a salué l'annonce faite par l'administration. En mai dernier, Louise Harel avait réclamé la création d'un service animalier municipal. Mais selon elle, l'adoption d'une réglementation uniforme sur toute l'île de Montréal sera nécessaire. «Les chats ne respectent pas les frontières des arrondissements. C'est une réglementation d'agglomération qu'il nous faut», a-t-elle dit.
La conseillère de Projet Montréal, Piper Huggins, trouve le projet trop vague. La Ville devra assurer un financement adéquat aux arrondissements pour que ceux-ci puissent remplir leur mission adéquatement, a-t-elle insisté. «C'est un pas dans la bonne direction, mais les détails seront très importants.»
Plusieurs municipalités québécoises voudront s'inspirer du modèle qui sera créé à Montréal, croit pour sa part le président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le Dr Joël Bergeron, qui a siégé au sein du comité d'experts mis sur pied par la Ville.
Quant à la vente d'animaux dans les commerces, Montréal n'entend pas s'en mêler. En septembre dernier, Toronto a adopté un règlement interdisant aux animaleries de vendre des animaux à moins que ceux-ci ne proviennent de refuges reconnus. «Je ne crois pas que ce type d'interdiction soit la voie à suivre», estime Richard Deschamps.
La Dre Chantal Allinger, présidente de l'Association des médecins vétérinaires du Québec, est aussi de cet avis. «Il y a beaucoup d'animaleries qui sont très responsables. Donc, de taper sur les animaleries, c'est un faux débat pour nous. Il faut plutôt regarder du côté des usines à chiots et d'Internet, où il y a beaucoup de ventes d'animaux», dit-elle.
Pour la SPCA, la volonté démontrée par la Ville de prendre en mains la gestion animale est une bonne nouvelle. «C'est vraiment encourageant et on aimerait bien travailler avec la Ville pour réduire la surpopulation d'animaux», a indiqué Allana Devine, porte-parole de l'organisme.
Le président de Berger blanc, Pierre Couture, met en garde contre les coûts importants que pourrait engendrer le projet de la Ville et des risques de conflits syndicaux susceptibles de mettre en péril les soins aux animaux. À cet effet, il a rappelé la grève des cols bleus en 1975 au cours de laquelle trois dauphins étaient morts de faim: «Est-ce que tout cela va nous amener à un monde meilleur dans lequel il va y avoir une collaboration plus étroite? Je le souhaite personnellement.»
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