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Compteurs d'eau - Harel prend Québec pour modèle

L'achat et l'installation devraient coûter 55 millions aux Montréalais

Jeanne Corriveau   29 novembre 2011  Montréal
Louise Harel estime que les contribuables montréalais paient trop cher pour les compteurs d’eau.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louise Harel estime que les contribuables montréalais paient trop cher pour les compteurs d’eau.
Montréal devrait s'inspirer de la Ville de Québec et faire payer aux industries, commerces et institutions (ICI) l'achat et l'installation des compteurs d'eau, estime Louise Harel. À deux jours du dépôt du budget 2012 de la Ville de Montréal, la chef de l'opposition a fait valoir hier que les contribuables n'avaient pas à assumer la facture de 55 millions de dollars liée à ce projet.

À la suite du fiasco du contrat des compteurs d'eau accordé à Génieau, la Ville a revu ses ambitions à la baisse. En octobre dernier, un comité d'experts dirigé par Réjean Lévesque, directeur du Service de l'eau, a présenté une nouvelle version du projet. Le nombre de compteurs est passé de 30 500 à 16 200 et la Ville renonçait désormais à subventionner certaines dépenses, dont la préparation de la tuyauterie dans les ICI. En revanche, l'équipe de M. Lévesque a proposé que la Ville assume les frais d'achat des compteurs et certaines autres dépenses pour un total de 55 millions, au lieu des 195 millions prévus à l'origine.

Pour le parti d'opposition Vision Montréal, ces coûts sont encore trop élevés. Selon l'équipe de Louise Harel, Montréal devrait imiter la Ville de Québec qui a transmis aux ICI la facture liée à l'achat et à l'installation des compteurs d'eau. «Québec a appris des erreurs de Montréal. Peut-être que Montréal pourrait apprendre des bons coups de la Ville de Québec», a indiqué la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

La sortie de Louise Harel est prématurée, croit le maire Gérald Tremblay. Une commission permanente du conseil s'est penchée sur le dossier de l'eau, et ses recommandations sont attendues pour jeudi, a-t-il rappelé hier: «Mme Harel a pris la mauvaise habitude de vouloir se substituer aux commissions. [...] Attendons ces recommandations avant de prendre une décision.»

Reste qu'à Québec, l'installation des 4400 compteurs se fait à coûts nuls pour les contribuables. La Ville a acheté les compteurs et les revend aux ICI qui assument les frais de leur installation. «Il y a des coûts d'administration pour ce programme, mais ils sont très minimes par rapport au coût global», a précisé Jacques Perron, conseiller en communication à la Ville de Québec. Et les entreprises n'ont pas contesté cette stratégie, dit-il.

À la Ville de Montréal, on explique qu'une formule différente a été choisie par souci d'efficacité. «La gestion est plus simple au niveau de la conformité pour s'assurer que tous ont le même équipement, et plus efficace au niveau du contrôle, qu'il s'agisse du calendrier et des délais d'implantation», a fait valoir Philippe Sabourin, chargé de communications à la Ville de Montréal. Les investissements initiaux seront à terme absorbés par les revenus de la facturation, a-t-il ajouté: «Ça revient à peu près au même».

Hausse de taxes


Des investissements importants seront par ailleurs nécessaires au cours des dix prochaines années pour réhabiliter le réseau d'aqueducs et d'égouts en état de décrépitude. L'administration Tremblay a déjà annoncé que les taxes foncières allaient grimper de 2,5 % l'an prochain, mais l'épineux dossier de l'eau fera gonfler le compte de taxes des Montréalais de 0,5 à 1 %.

Les deux partis d'opposition, soit Vision Montréal et Projet Montréal, dirigé par Richard Bergeron, estiment toutefois que les hausses devraient se limiter à 2,5 %, taxe d'eau comprise. Hier, le maire Tremblay n'a pas voulu dévoiler les intentions de son administration à ce sujet, se contentant de qualifier de «sobre» le budget qui sera déposé par son administration demain.
 
 
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    29 novembre 2011 08 h 24
    pas aux citoyens de payer
    1 pour Chantal Rouleau : effectivement, on ne devrait pas externaliser les couts d'affaire pour ceux qui utilisent l'eau à des fins lucratives.

    voir http://www.youtube.com/watch?v=X8TBmTVGY3M

    Par contre, il est dommage que personne (parmi les élus) n'a tenté de faire invalider le premier contrat à génieau, que ce soit par une motion de blâme envers Zampino ou autrement, pour un contrat qui a été octroyé de façon malicieuse.

    Les montréalais ne devraient pas payer pour les dépenses des ICI, et ne devraient pas non-plus payer la pénalité d’annulation du contrat de génieau.

    Guillaume Blouin-Beaudoin
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  • BROMONTOIS - Inscrit
    29 novembre 2011 08 h 28
    Bravo pour l'apparence d'efficacité .
    Les dépenses encourus seront déductibles d'impôt et le manque à gagner du gouvernement sera imputé au peuple ; ces dépenses ainsi que les frais de les comptabiliser , seront ensuite passés par les industries aux consommateurs .
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  • jean-claude Vincent - Abonné
    29 novembre 2011 09 h 42
    Pensez y 360 millions !!!
    Cette saga des compteurs d'eau de la ville de Montréal illustre tellement bien la rapacité d'un secteur privé laissé à lui-même sans aucun contrôle.
    Pensez-y deux minutes comment ont-ils pu avoir l'audace de vouloir facturer 360 millions pour 30,500 compteurs?

    Après le scandale des coûts de médicaments facturés par les cliniques privées de la semaine dernière , le rapport Duchesneau et la surprime de 30% que paie le Québec pour ses travaux routiers, les tenants de l'état minceur de l'institut économique de Montréal , de la droite populiste et leurs gouvernements complices ,sont KO, rien de moins!

    L'état doit être fort et surtout nanti de postes de contrôle qui empêchent les bars ouvets qu'on retrouve dans tous les ministères et dans toutes les municipalités qui ont abdiquées leur rôles de gardiens de l'intérêt public.
    La démonstration a au moins le mérite d'être claire après les milliards qu'elle aura coûtée à l'ensemble des Québécois.
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  • TRIPOD - Inscrit
    29 novembre 2011 11 h 09
    L'industrie et NOTRE eau ...
    Effectivement, ce serait plutôt à l'industrie premièrement, de payer ces compteurs et, deuxièmement, à elle également d'en être pourvue, elle qui utilise NOTRE eau courante à toutes les sauces, qu'elle paie normalement au prix dérisoire d'à peine quelques sous la TONNE et nous la revend, dans certains cas, sous forme d'eau embouiteillée à
    1$ ou plus du 500 ml ! Dans d'autres cas, où l'eau qui ne sert que d'agent refroidissant, elle est gaspillée de façon éhontée, les vannes étant souvent ouvertes 24 heures par jour, 365 jours par année !
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  • Jean_Yves - Abonné
    29 novembre 2011 13 h 59
    «la rapacité d'un secteur privé»
    Wouin...

    Vous avez vu ce que les cytoyens de Montréal mettent dans les régimes de retraite des employés de cette ville?

    326 millions$ pour 2010, 450 millions$ cette année et 578 millions sont prévus pour 2012...

    C'est pas que je veulent défendre les entreprises privées, surtout pas dans ce cas, mais question de rapacité, privé ou publique, c'est pas mal blanc/bonet-bonet/blanc, me semble...
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    29 novembre 2011 16 h 36
    Régime de retraite
    Il ne faut pas oublier que ces sommes faramineuses procèdent de la décision de Jean Drapeau, acceptée par Québec, de reporter à plus tard le renflouement des caisses de retraite, suite à une loi des années 60!

    Le plus tard, c'est maintenant.
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  • BROMONTOIS - Inscrit
    29 novembre 2011 19 h 57
    Curieux ...
    Le fonds de pension des policiers de Montréal qui est autogéré à fait bénéficier l'employeur de congé de paiement sur 10 ans , d'environ 500 millions de dollars . Comme quoi une saine administration et un fonds qui n'est pas un "pay as you go" peut bénéficier l'employeur autant que l'employé .
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