Lettres - Recul des francophones à Montréal
Nul n'ayant réagi aux propos de Jack Jedwab sur la situation linguistique à Montréal (Le Devoir, 21 octobre), je me dois d'intervenir, ne serait-ce que pour débusquer le déni et la désinformation qu'il a véhiculés.
Commentant les dernières projections de Marc Termote publiées en septembre par l'Office québécois de la langue française, Jedwab qualifie de «récent» et de «faible» le recul des francophones à Montréal. Pourtant, depuis plus de 30 ans, le pourcentage de Montréalais de langue française n'a pas cessé de régresser, passant de plus de 60 % à 54 % en 2006.
De plus, les projections indiquent que le prolongement des tendances récentes (dont 50 000 immigrants par année) donnerait 47,4 % de francophones en 2031. Un scénario moins pessimiste (comptant 40 000 immigrants par année) conduirait tout de même la fraction des francophones à 51 % dans 20 ans.
Outre le déni, Jedwab sombre dans la désinformation en ajoutant que la fréquence d'utilisation du français «dans le domaine public [...] s'accroît continuellement». Comme il est le directeur général de l'Association d'études canadiennes depuis longtemps, il est très bien placé pour savoir qu'aucune série d'études ne soutient une telle affirmation. La seule enquête ayant cherché à mesurer l'usage des langues dans le domaine public est celle du Conseil de la langue française (1999). Lamentable échec, ce type d'exercice, qui devait être repris périodiquement, n'a pas encore été repensé ni refait.
***
Michel Paillé - Démographe - Québec, le 17 novembre 2011
Commentant les dernières projections de Marc Termote publiées en septembre par l'Office québécois de la langue française, Jedwab qualifie de «récent» et de «faible» le recul des francophones à Montréal. Pourtant, depuis plus de 30 ans, le pourcentage de Montréalais de langue française n'a pas cessé de régresser, passant de plus de 60 % à 54 % en 2006.
De plus, les projections indiquent que le prolongement des tendances récentes (dont 50 000 immigrants par année) donnerait 47,4 % de francophones en 2031. Un scénario moins pessimiste (comptant 40 000 immigrants par année) conduirait tout de même la fraction des francophones à 51 % dans 20 ans.
Outre le déni, Jedwab sombre dans la désinformation en ajoutant que la fréquence d'utilisation du français «dans le domaine public [...] s'accroît continuellement». Comme il est le directeur général de l'Association d'études canadiennes depuis longtemps, il est très bien placé pour savoir qu'aucune série d'études ne soutient une telle affirmation. La seule enquête ayant cherché à mesurer l'usage des langues dans le domaine public est celle du Conseil de la langue française (1999). Lamentable échec, ce type d'exercice, qui devait être repris périodiquement, n'a pas encore été repensé ni refait.
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Michel Paillé - Démographe - Québec, le 17 novembre 2011
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