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Appels d'offres - Bergeron demande d'exclure toute future soumission de Tony Accurso

4 octobre 2011 | Jeanne Corriveau | Montréal
Richard Bergeron<br />
Photo : Pedro Ruiz Archives Le Devoir Richard Bergeron
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, croit que Québec devrait modifier la loi qui oblige les municipalités à octroyer leurs contrats au plus bas soumissionnaire conforme, mais il a rejeté hier la suggestion du chef de la deuxième opposition, Richard Bergeron, d'écarter systématiquement les soumissions des entreprises de Tony Accurso.

À l'instar de Chantal Rouleau, mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, le maire Tremblay soutient que la Villene peut empêcher une entreprise présumément liée à la mafia d'obtenir des contrats à moins que cette firme n'ait été reconnue coupable par un tribunal de collusion, de manoeuvres frauduleuses ou d'«autres actes de même nature».

Si la Ville refuse d'attribuer le contrat au plus bas soumissionnaire, elle doit respecter un délai de 6 à 12 mois avant de relancer l'appel d'offres, a-t-il rappelé. «Je suis entièrement d'accord avec ce qu'elle a dit. On a fait des représentations au gouvernement et ça fait deux ans qu'on attend que le gouvernement du Québec change les dispositions, notamment au niveau du plus bas soumissionnaire et des délais si on refuse le plus bas soumissionnaire», a-t-il expliqué lorsque questionné par la chef de l'opposition, Louise Harel, lors d'une séance du conseil municipal hier matin.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n'a pas mis de gants lors de son intervention en évoquant le nom de Tony Accurso, dont deux entreprises, Constructions Louisbourg et Simard-Beaudry Construction, ont reconnu leur culpabilité à des accusations de fraude fiscale. «Je trouve qu'on tourne trop autour du pot. L'homme par qui le scandale est venu, le scandale des compteurs d'eau, s'appelle Tony Accurso, a expliqué M. Bergeron. Est-ce que pour débloquer la situation, nous ne pourrions pas, nous, en ce conseil, refuser d'accorder tout nouveau contrat aux entreprises de Tony Accurso?», a-t-il demandé au maire. «Non», a aussitôt répliqué Gérald Tremblay.

Richard Bergeron estime qu'en cas de doute concernant une entreprise, la Ville peut très bien refuser d'octroyer un contrat. Selon lui, les délais occasionnés par une telle décision seraient un «moindre mal»: «Que l'on attende une année plutôt que de tolérer encore deux ans, trois ans, quatre ans la déliquescence de notre institution et, vraisemblablement, le gaspillage d'une certaine proportion de l'argent que les contribuables cotisent pour mettre dans nos infrastructures», a-t-il dit. Lorsqu'un élu de la majorité s'est indigné de certains propos tenus par M. Bergeron, celui-ci a laissé tomber: «Si Tony Accurso veut me poursuivre, qu'il me poursuive!»

Ces échanges ont eu lieu alors que les élus étaient réunis pour l'adoption du Programme triennal d'immobilisations qui prévoit des investissements de 4,4 milliards de dollars pour les trois prochaines années. L'assemblée a été ajournée en début d'après-midi et se poursuivra ce matin.
 
 
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