Citoyens, à vous de réagir!
«Nous venons de créer pour la première fois une table Québec-Grand Montréal»
Le Plan métropolitain d'aménagement et de transport (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est rendu à l'étape des consultations publiques. Entretien avec trois de ses artisans: Gérald Tremblay, Caroline St-Hilaire et Helen Fotopulos.
Selon Gérald Tremblay, maire de la ville de Montréal et président de la CMM, le PMAD vient compléter le travail amorcé par les élus après la création de la CMM. «À la création de la CMM, le gouvernement nous avait donné cinq grandes orientations: le plan économique, le financement du logement social, l'environnement, en particulier la gestion des matières résiduelles, l'aménagement et le transport au sens large. Nous avons répondu aux trois premières orientations, le PMAD répond aux deux dernières.»
Un des sujets abordés par le PMAD est la densité de la population. «Il y a un coût associé à une faible densité et le PMAD propose une plus grande densification des quartiers en fixant des taux cibles. Évidemment, certains verront ces taux comme trop élevés et d'autres comme trop bas. Il y a place pour la discussion.»
Un autre sujet où des accommodements devront être trouvés est celui de la protection des terres agricoles. «Certaines municipalités n'ont pas de terrain disponible pour le développement, sauf si elles empiètent sur les terres agricoles. Il faudra sans doute en tenir compte et accepter certains accommodements. Mais, peu importe la solution, elle doit être de type gagnant-gagnant. De plus, le PMAD propose de valoriser les terres agricoles par la création d'une grappe agroalimentaire où tous y trouveront leur compte.»
Bien que le PMAD se penche sur le transport des marchandises et sur les déplacements en automobile, l'accent est résolument mis sur le transport collectif. «Des équipements structurants de transport en commun sont incontournables et indispensables à un aménagement durable du territoire. L'un ne va pas sans l'autre.»
Une opinion que partage entièrement Caroline St-Hilaire, mairesse de la ville de Longueuil et vice-présidente du comité exécutif de la CMM. «L'agglomération de Longueuil s'est résolument engagée à définir son aménagement et son développement en fonction du transport collectif.»
C'est la raison pour laquelle elle soutient la vision d'aménagement du territoire que propose le PMAD et qui introduit le concept du TOD (Transport-Oriented Development). Ce concept propose de développer un territoire autour d'une infrastructure de transport collectif, par exemple une gare, en favorisant le développement résidentiel de bonne densité. De plus, l'arrivée de ces nouveaux habitants entraînerait l'ouverture de services de proximité. «Le premier TOD à voir le jour au Québec est celui de la Place Charles-Lemoyne, près du métro Longueuil. Nous avons déjà identifié quatre autres secteurs sur le territoire qui pourraient être développés selon le concept du TOD.» Le prolongement du métro sur la Rive-Sud, en plus de désengorger la station de Longueuil, serait aussi l'occasion de développer de nouveaux TOD. Idem pour un lien en transport collectif dans l'axe du pont Champlain.
Pour Caroline St-Hilaire, le PMAD est «non seulement l'occasion de donner une vision commune à notre agglomération, mais aussi de lui donner une envergure métropolitaine».
Des consultations publiques à venir
Le PMAD entame à la fin de septembre ses consultations publiques. La présidence de ces consultations publiques a été confiée à Helen Fotopulos, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et présidente de la commission de l'aménagement de la CMM. C'est d'ailleurs cette commission qui entendra les participants. «Nous avons reçu un total de 389 mémoires, qui seront déposés ou présentés lors des consultations publiques. Moi qui suis une partisane de la démocratie participative, je n'ai jamais vu de ma carrière une réponse de cette ampleur. Il est évident que les citoyens de la grande région montréalaise sont intéressés par le PMAD.»
Les mémoires proviennent de tous les secteurs de la société, sont représentatifs des cinq grandes régions qui composent la CMM et abordent l'ensemble des sujets soulevés par le PMAD. «Nous avons même reçu des mémoires portant sur la culture et le patrimoine.»
S'attend-elle à des réfutations des propositions contenues dans le PMAD? «Non, je m'attends plutôt à des mémoires qui disent oui... mais, ou non... mais. Le but des consultations est bien sûr d'expliquer le PMAD, mais c'est surtout d'écouter ce que les citoyens ont à dire et ainsi pouvoir bonifier le PMAD. On a beaucoup parlé longtemps d'un plan régional sans jamais aboutir. Mais, cette fois-ci, ça y est. Il est temps de positionner ensemble la région métropolitaine comme une métropole internationale.»
Pour la suite des choses
Le PMAD définitif devra être entériné par les élus de la CMM avant la fin de l'année, afin de se conformer aux exigences de la loi 58. Mais, pour que ce plan entre en vigueur et donne sa pleine portée, une importante question doit être résolue, selon Gérald Tremblay. «C'est ce que j'appelle le saute-mouton. Le PMAD ne peut pas pleinement fonctionner si on peut, aux abords du périmètre métropolitain couvert par le PMAD, développer sans contraintes. Il ne peut pas y avoir deux règles, une pour la CMM et une autre pour les autres. On doit tous jouer avec les mêmes règles sur l'ensemble du territoire québécois. C'est un important débat qu'il faut faire.»
Pour ce qui est du suivi de l'implantation du PMAD, déjà certaines pièces se mettent en place. «Nous venons de créer pour la première fois une table Québec-Grand Montréal qui assura le suivi et qui permettra de régler les problèmes dès qu'ils se présentent. Nous ne pouvons plus aujourd'hui travailler en silo et nous devons tous nous considérer comme des partenaires. C'est le seul moyen de doter la grande région métropolitaine d'une vision digne du XXIe siècle.»
***
Collaborateur du Devoir
Selon Gérald Tremblay, maire de la ville de Montréal et président de la CMM, le PMAD vient compléter le travail amorcé par les élus après la création de la CMM. «À la création de la CMM, le gouvernement nous avait donné cinq grandes orientations: le plan économique, le financement du logement social, l'environnement, en particulier la gestion des matières résiduelles, l'aménagement et le transport au sens large. Nous avons répondu aux trois premières orientations, le PMAD répond aux deux dernières.»
Un des sujets abordés par le PMAD est la densité de la population. «Il y a un coût associé à une faible densité et le PMAD propose une plus grande densification des quartiers en fixant des taux cibles. Évidemment, certains verront ces taux comme trop élevés et d'autres comme trop bas. Il y a place pour la discussion.»
Un autre sujet où des accommodements devront être trouvés est celui de la protection des terres agricoles. «Certaines municipalités n'ont pas de terrain disponible pour le développement, sauf si elles empiètent sur les terres agricoles. Il faudra sans doute en tenir compte et accepter certains accommodements. Mais, peu importe la solution, elle doit être de type gagnant-gagnant. De plus, le PMAD propose de valoriser les terres agricoles par la création d'une grappe agroalimentaire où tous y trouveront leur compte.»
Bien que le PMAD se penche sur le transport des marchandises et sur les déplacements en automobile, l'accent est résolument mis sur le transport collectif. «Des équipements structurants de transport en commun sont incontournables et indispensables à un aménagement durable du territoire. L'un ne va pas sans l'autre.»
Une opinion que partage entièrement Caroline St-Hilaire, mairesse de la ville de Longueuil et vice-présidente du comité exécutif de la CMM. «L'agglomération de Longueuil s'est résolument engagée à définir son aménagement et son développement en fonction du transport collectif.»
C'est la raison pour laquelle elle soutient la vision d'aménagement du territoire que propose le PMAD et qui introduit le concept du TOD (Transport-Oriented Development). Ce concept propose de développer un territoire autour d'une infrastructure de transport collectif, par exemple une gare, en favorisant le développement résidentiel de bonne densité. De plus, l'arrivée de ces nouveaux habitants entraînerait l'ouverture de services de proximité. «Le premier TOD à voir le jour au Québec est celui de la Place Charles-Lemoyne, près du métro Longueuil. Nous avons déjà identifié quatre autres secteurs sur le territoire qui pourraient être développés selon le concept du TOD.» Le prolongement du métro sur la Rive-Sud, en plus de désengorger la station de Longueuil, serait aussi l'occasion de développer de nouveaux TOD. Idem pour un lien en transport collectif dans l'axe du pont Champlain.
Pour Caroline St-Hilaire, le PMAD est «non seulement l'occasion de donner une vision commune à notre agglomération, mais aussi de lui donner une envergure métropolitaine».
Des consultations publiques à venir
Le PMAD entame à la fin de septembre ses consultations publiques. La présidence de ces consultations publiques a été confiée à Helen Fotopulos, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et présidente de la commission de l'aménagement de la CMM. C'est d'ailleurs cette commission qui entendra les participants. «Nous avons reçu un total de 389 mémoires, qui seront déposés ou présentés lors des consultations publiques. Moi qui suis une partisane de la démocratie participative, je n'ai jamais vu de ma carrière une réponse de cette ampleur. Il est évident que les citoyens de la grande région montréalaise sont intéressés par le PMAD.»
Les mémoires proviennent de tous les secteurs de la société, sont représentatifs des cinq grandes régions qui composent la CMM et abordent l'ensemble des sujets soulevés par le PMAD. «Nous avons même reçu des mémoires portant sur la culture et le patrimoine.»
S'attend-elle à des réfutations des propositions contenues dans le PMAD? «Non, je m'attends plutôt à des mémoires qui disent oui... mais, ou non... mais. Le but des consultations est bien sûr d'expliquer le PMAD, mais c'est surtout d'écouter ce que les citoyens ont à dire et ainsi pouvoir bonifier le PMAD. On a beaucoup parlé longtemps d'un plan régional sans jamais aboutir. Mais, cette fois-ci, ça y est. Il est temps de positionner ensemble la région métropolitaine comme une métropole internationale.»
Pour la suite des choses
Le PMAD définitif devra être entériné par les élus de la CMM avant la fin de l'année, afin de se conformer aux exigences de la loi 58. Mais, pour que ce plan entre en vigueur et donne sa pleine portée, une importante question doit être résolue, selon Gérald Tremblay. «C'est ce que j'appelle le saute-mouton. Le PMAD ne peut pas pleinement fonctionner si on peut, aux abords du périmètre métropolitain couvert par le PMAD, développer sans contraintes. Il ne peut pas y avoir deux règles, une pour la CMM et une autre pour les autres. On doit tous jouer avec les mêmes règles sur l'ensemble du territoire québécois. C'est un important débat qu'il faut faire.»
Pour ce qui est du suivi de l'implantation du PMAD, déjà certaines pièces se mettent en place. «Nous venons de créer pour la première fois une table Québec-Grand Montréal qui assura le suivi et qui permettra de régler les problèmes dès qu'ils se présentent. Nous ne pouvons plus aujourd'hui travailler en silo et nous devons tous nous considérer comme des partenaires. C'est le seul moyen de doter la grande région métropolitaine d'une vision digne du XXIe siècle.»
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Collaborateur du Devoir








