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    Il faut faire vivre le paysage

    Les municipalités pourraient être gestionnaires de projets

    24 septembre 2011 |Frédérique Doyon | Montréal
    Exemple d’aménagement vert dans Rosemont–Petite-Patrie<br />
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Exemple d’aménagement vert dans Rosemont–Petite-Patrie
    L'aspect récréotouristique du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) tient en un tout petit objectif. Mais ô combien «porteur» et «nécessaire», selon Paul Arsenault, du réseau de veille en tourisme de la Chaire de tourisme Transat.

    Après avoir doté le Grand Montréal de transports collectifs structurants et de milieux de vie durables, le PMAD propose de protéger et de mettre en valeur son environnement. C'est dans cette toute dernière orientation du plan que surgit la dimension récréotouristique.

    Le dernier objectif du volet destiné à l'environnement consiste à «mettre en valeur le milieu naturel, le milieu bâti et les paysages dans une perspective intégrée et globale à des fins récréotouristiques», peut-on lire dans le document de la Communauté métropolitaine de Montréal (CCM) destiné à guider la vision de développement des municipalités.

    «Le coeur [du plan] n'est pas récréotouristique, je pense que la dimension récréotouristique permet surtout d'aborder des questions de beauté, d'esthétisme et des paysages à préserver, donc d'éviter le développement résidentiel à tout prix.»

    Intégration des réseaux


    Les paysages, le patrimoine bâti et le milieu naturel, lorsqu'on les décline à l'échelle métropolitaine, comportent plus précisément les atouts distinctifs du centre de la ville (architecture, équipements culturels, patrimoine) et de la périphérie (parcs, marchés, etc.), les plans d'eau, les espaces riverains et les Montérégiennes. Le PMAD propose leur mise en valeur «intégrée», c'est-à-dire en les intégrant aux réseaux récréatifs, de transport, cyclables et navigables existants ou projetés. Un exemple? Le Cap Saint-Jacques, sur la rive nord-ouest de l'île de Montréal, un bijou de parc riverain, auquel on peut toutefois difficilement accéder autrement qu'en voiture. La municipalité pourrait décider d'instaurer une navette reliant la gare de train à l'entrée du parc, ou cette entrée et les différentes «stations» du parc (plage, ferme, etc.).

    En ce sens, le PMAD est d'abord une invitation lancée aux municipalités afin qu'elles s'approprient leur milieu de vie et qu'elles le développent de manière attrayante pour leurs habitants et les visiteurs. Un principe touristique élémentaire.

    «Ce type de plan est davantage un incitatif et des orientations qu'un plan de match, indique M. Arsenault. Les municipalités restent maîtresses de leur destin. Mais on arrive à la conclusion, à l'échelle d'une métropole, d'une communauté métropolitaine, qu'il y a des enjeux qui sont conjoints. Le plan propose des principes vers lesquels on peut tendre en commun.»

    Autrement dit, il s'agit d'un élan fédérateur, d'un squelette de plan de développement autour duquel les agglomérations devront mettre la chair. Le but n'est pas tant de développer de nouveaux sites d'intérêt que de consolider les acquis, tous acteurs unis.

    Enjeux communs

    Des exemples d'enjeux communs à plusieurs agglomérations? Les parcs nationaux d'Oka, du Mont-Saint-Bruno et des Îles-de-Boucherville. «Ce n'est pas rien que d'avoir des parcs nationaux sur le territoire de la métropole», note M. Arsenault. Et le réseau cyclable, qui donne l'illusion de faire le tour de l'île. Or non seulement manque-t-il des segments cyclables, mais l'offre de services adaptés aux cyclistes fait aussi défaut.

    «D'un point de vue récréotouristique, on parlera beaucoup de la nécessité de la signalisation, de services connexes (restauration, boutiques). Je pense que la notion d'animation, d'interprétation, deviendra importante. Une piste cyclable n'est pas seulement un tronçon de béton: ça prend des haltes, des parcs, un endroit où pique-niquer, où réparer un pneu crevé.»

    Dans ce cadre, le réseau bleu et la reconquête des berges du fleuve, tant attendue, pourraient bien se concrétiser enfin. Certaines municipalités ont pris les devants, comme Sainte-Anne-de-Bellevue et Valleyfield, mais la plupart tardent à le faire. Le plan suggère notamment «l'augmentation des points d'accès à l'eau à des fins récréatives (mise à l'eau d'embarcations, activités récréatives en rive, aires d'accostage, etc.)».

    «Les municipalités ont le pouvoir de faire des choses, elles sont propriétaires des rives, mais ça coûte très cher et c'est difficile à faire accepter à ses citoyens résidants. L'argent utilisé à des fins récréotouristiques, c'est de l'argent "pitché" par les fenêtres, pour les citoyens.»

    Surtout si on considère que les municipalités n'ont pas le pouvoir de générer des revenus autonomes autrement que par les taxes. C'est ici que le PMAD prend son sens, puisque la CMM peut offrir un soutien aux projets structurants.

    «La mise en valeur, c'est aussi de faire en sorte que les municipalités favorisent la gestion, avec des mandataires ou concessionnaires», indique M. Arsenault. Il cite le cas de Parcs Canada, qui a développé le pôle des rapides de Lachine.

    Le PMAD aura sûrement un «effet de levier», croit-il. Vivement son adoption!












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