Lettres - L'escouade Pinochet
La police, n'ayant rien d'autre à faire, met sur pied l'escouade Pinochet (officiellement GAMMA) pour mater les méchants gauchistes qui nous préparent, selon la Kommandantur locale, le remake de la Commune de Paris. Eh ben, dis donc! Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour justifier des budgets, des achats d'équipements (il y a des soldes à la CIA?), de futures promotions et du pétage de bretelles?
Lors de ma manif de mars dernier contre le budget Charest/Bachand, j'ai vu l'évacuation de la douzaine de ti-culs arrêtés, entre autres parce qu'ils étaient habillés en noir. Dommage qu'il n'y ait pas eu de journalistes compétents présents. C'était surréaliste comme scène. Des policiers casqués, équipés comme si la Troisième Guerre mondiale venait d'éclater. Il manquait juste à leur panoplie un missile sol-air et un porte-avions pour transporter les dangereux terroristes qu'ils venaient bravement d'encercler. Sans oublier les chevaux casqués et l'éternelle matraque de leurs collèges, outils essentiels à une saine démocratie. Il fallait voir l'armada policière en place pour une manif bon enfant. «On sort les joujoux, pis vous allez voir comment on est bons.» Ils apprennent quoi, à l'école de police, comment tuer une mouche avec un destroyer?
Je ne suis pas du tout du genre antipolice, au contraire. Mais l'arrivée de l'escouade Pinochet me fatigue énormément, comme on dit. Pendant ce temps, les dossiers concernant les mafias, la corruption (c'est vrai que là, on se rapproche de l'élite économique, du POUVOIR!), les gangs de rue, et j'en passe, ils s'entassent où? Juste à côté des tanks et des lance-flammes?
***
Martin Richard - Montréal, le 21 juillet 2011
Lors de ma manif de mars dernier contre le budget Charest/Bachand, j'ai vu l'évacuation de la douzaine de ti-culs arrêtés, entre autres parce qu'ils étaient habillés en noir. Dommage qu'il n'y ait pas eu de journalistes compétents présents. C'était surréaliste comme scène. Des policiers casqués, équipés comme si la Troisième Guerre mondiale venait d'éclater. Il manquait juste à leur panoplie un missile sol-air et un porte-avions pour transporter les dangereux terroristes qu'ils venaient bravement d'encercler. Sans oublier les chevaux casqués et l'éternelle matraque de leurs collèges, outils essentiels à une saine démocratie. Il fallait voir l'armada policière en place pour une manif bon enfant. «On sort les joujoux, pis vous allez voir comment on est bons.» Ils apprennent quoi, à l'école de police, comment tuer une mouche avec un destroyer?
Je ne suis pas du tout du genre antipolice, au contraire. Mais l'arrivée de l'escouade Pinochet me fatigue énormément, comme on dit. Pendant ce temps, les dossiers concernant les mafias, la corruption (c'est vrai que là, on se rapproche de l'élite économique, du POUVOIR!), les gangs de rue, et j'en passe, ils s'entassent où? Juste à côté des tanks et des lance-flammes?
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Martin Richard - Montréal, le 21 juillet 2011
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