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Circulation - Pas de catastrophe sur le Plateau!

Richard Bergeron - Chef de Projet Montréal et conseiller de Jeanne-Mance  25 juin 2011  Montréal
À lire et à écouter les médias, on pourrait croire que le maire du Plateau-Mont-Royal a provoqué une catastrophe aux proportions titanesques pour Montréal en modifiant le sens de deux rues — Christophe-Colomb et Laurier — sur une partie de leurs parcours, le 14 mai dernier.

Ce qu'on reproche à Luc Ferrandez, ce n'est pas tant sa vision des choses, que les beaux esprits se flattent généralement de partager, que sa «manière». Badauds ou chroniqueurs attitrés, tous auraient fait mieux que lui, semble-t-il, chacun sachant ce qu'il aurait mieux fallu faire: «consulter», «faire appel à des experts», «attendre un plan global», «coordonner les chantiers», «y aller moins vite» ou «investir d'abord dans les transports collectifs».

«Consulter»


La circulation excessive est la principale préoccupation exprimée par les habitants du Plateau Mont-Royal au cours de la dernière décennie. Que ce soit lors des consultations publiques sur le plan d'urbanisme, en 2002, sur le Plan de transport de Montréal, en 2007, ou encore lors de la préparation du Plan de déplacement urbain du Plateau, en 2008 et en 2009, les résidants n'ont cessé de réitérer leur espoir de voir la circulation réduite. Ce point fait tellement l'unanimité que, lors de l'élection générale de novembre 2009, tous les candidats se sont engagés à en faire une priorité.

«Faire appel à des experts»

Il va sans dire que les modifications ont été planifiées par des experts de l'arrondissement et de la ville centre. Malheureusement, les études techniques préalables ont leur utilité, mais aussi leurs limites. Il ne sert à rien de rêver à un plan général qui mènerait instantanément aux objectifs recherchés. Il faut plutôt lancer une première phase sur un secteur limité, puis en évaluer les impacts. L'essentiel des impacts iront dans le sens voulu: ils réduiront la circulation sur les rues ciblées. Mais il y aura aussi des impacts négatifs, regrettables mais inévitables, aux limites du secteur d'intervention. Une seconde phase viendra corriger ces impacts négatifs et agrandir du même coup la zone apaisée. Et ainsi de suite.

C'est précisément cette approche que l'administration Ferrandez a retenue. La phase 1 de son projet a entraîné des impacts négatifs indéniables dans certaines rues. Au plus tard à la fin d'août, une phase 2 corrigera ces impacts. D'autres phases suivront et, à terme, c'est tout le quadrilatère compris entre Saint-Denis, Saint-Joseph, Papineau et Saint-Grégoire qui deviendra un espace de vie beaucoup plus sécuritaire et paisible.

«Attendre un plan global»

Partout dans le monde, à Londres, à Paris, à New York, à Copenhague, à Munich, à Stockholm, à Lyon, à Berlin, à Strasbourg, à Rabat, et j'en passe, l'objectif principal que l'on s'est donné depuis une vingtaine d'années est de redéfinir la place de l'auto en ville. Ici, on semble encore croire que la principale fonction d'une ville est de faciliter le passage des automobiles... sauf sur le Plateau, justement! Quel plan global peut-on attendre d'une administration Tremblay qui s'est inclinée devant un nouveau Turcot conçu pour accélérer l'étalement urbain et intensifier la circulation de transit à Montréal?

«Y aller moins vite»

Que peut-on faire de moins, comme première intervention, que modifier le sens de deux segments de rue? N'a-t-on pas remarqué que le réseau routier et autoroutier craque de partout, que la congestion est devenue le lot de tous, où que l'on habite sur le territoire du Grand Montréal? Depuis l'an 2000, 450 000 autos sont venues grossir le parc automobile de la région métropolitaine. Combien de temps encore laissera-t-on aller les choses? Si la réponse est «indéfiniment», ce sont 100 milliards de dollars, d'ici 2025, qu'il faut prévoir pour presque doubler la capacité de notre réseau autoroutier. Beau programme, au moment où le réseau existant tombe en pièces et à l'ère, prétendument, du développement durable!

«Investir dans les transports collectifs»


C'est en 1988, il y a 23 ans, que la plus récente station de métro fut inaugurée sur l'île de Montréal. Un énième comité réfléchit présentement au prolongement de la ligne bleue jusqu'à Anjou, tandis qu'un autre comité poursuit son interminable réflexion sur le tramway. Dans les faits, il ne se passe rien car c'est Gérald Tremblay, un homme qui parle, parle, sans agir, qui est maire de Montréal.

Luc Ferrandez, lui, a eu le courage de briser cette paralysie, comme le lui demandaient les citoyens. Les problèmes qui en résultent localement seront réglés à brève échéance. Et dès l'automne 2013, si la population de Montréal en décide ainsi, l'administration Projet Montréal déploiera une stratégie résolue d'investissement dans les transports collectifs de qualité qui permettra de réduire sans heurts la circulation dans tous les quartiers de Montréal.

Non, il n'y a pas de catastrophe sur le Plateau. Au contraire, le maire Luc Ferrandez indique avec courage la direction à prendre pour faire de Montréal une ville phare du XXIe siècle.

***

Richard Bergeron - Chef de Projet Montréal et conseiller de Jeanne-Mance
 
 
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  • Diane Collin
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 09h53
    Rue Chambord
    Je vis sur la Chambord depuis plus de vingt ans, une rue que j’ai toujours connue tranquille. Depuis le 14 mai, une grande quantité de la circulation détournée de la rue Christophe-Colomb transite sur ma petite rue où l’on retrouve deux écoles primaires et une habitation pour personnes âgées. On parle ici de deux communautés vulnérables à la vitesse et à l’impatience des automobilistes. Il y a catastrophe sur la rue Chambord...

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 25 juin 2011 10h59
    J'admire le geste que le maire du Plateau a posé.
    Le maire du Plateau Mont-Royal a posé les bons gestes dans ce dossier. De ce fait, ce maire n'est pas parmi les politiciens qui sont comme de mauvais parents auprès d'une certaine classe de la population. Appelons-les, si on parle de leur maturité, les enfants du groupe dans la population. Quand je parle de la population, je dois mettre un certain bémol.

    En effet, il y a une certaine portion de la population et aussi certains politiciens qui sont fort probablement très influencés par la classe marchande. Cette portion de la population est d'autant plus influencée quand ce sont les politiciens et les marchands qui défendent la facilité que peuvent leur apporter les marchands et les politiciens pour magasiner sans problème.

  • Darwin666
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 11h38
    Pas sur mon chemin !
    «Luc Ferrandez, lui, a eu le courage de briser cette paralysie, comme le lui demandaient les citoyens.»

    Je suis un de ceux qui le demandaient et suis bien content de son travail.

    Bizarre, personne ne dénonce l'immobilisme de ceux qui résistent au changement, cette fois ! C'est pourtant bien ce qu'ils font... On est d'accord comme société pour réduire notre dépensance au pétrole et à l'automobile, mais il ne s'agit que d'un seul petit changement (difficile de faire moins, comme le dit M. Bergeron) pour que les immolistes crient au scandale !

    On assiste vraiment à une manifestation du syndrome du «Pas sur mon chemin», variante automobiliste du «Pas dans ma cour» !

  • DanielDesjardins
    Abonné
    samedi 25 juin 2011 14h49
    Bravo pour cet article qui remet les pendules à l'heure et merci au Devoir!
    Merci à Richard Bergeron, merci à Luc Ferrandez et merci au Devoir qui ne se contente pas de répéter ce que disent les autres médias à tort ou à travers.

    La population du Plateau a choisi d'y vivre afin, entre autres, de ne pas devoir prendre la voiture pour aller acheter un litre de lait ou le Devoir.

    Elle demande juste à ne pas être envahie par les automobilistes qui ne font que passer et tente de le faire le plus vite possible.

    Le pétrole se fera de plus en plus cher; il faudrait que plus de gens comprennent, comme Richard Bergeron et comme Luc Ferrandez, que le mode de vie "dans son automobile" n'est plus soutenable.

  • France09
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 15h17
    Bravo
    Malgré que j'habite sur l'une des rues qui a subi les changements (la rue Mentana), je salue le courage du maire Ferrandez et j'espère que les récalcitrants qui croient que l'automobile a tous les droits, vont comprendre qu'il est agréable de laisser sa voiture à la maison et de prendre les transports en commun, ou encore le vélo. J'habite sur le Plateau et j'ai envi qu'il y ait moins de voiture .

  • Gabriel Deschambault
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 16h56
    Vivement 2013
    Se pourrait-il que quelque chose change en 2013? Difficile à dire. Pourtant le changement sur le Plateau était aussi, d'une certaine façon, relativement imprévisible en 2009. Il s'agissait là véritablement de l'expression d'une volonté populaire. Il nous reste à espérer et à convaincre le plus de gens possible.

    Serions-nous tous des fous et des imbéciles sur le Plateau Mont-Royal?

    J'en ai ras le bol que les interventions minimales proposées dans notre quartier soient, le plus sérieusement du monde, cataloguées comme des gestes irréfléchis; ayant des répercussions sur l'économie de la grande région de Montréal et faisant perdre des milliards au commerce montréalais.

    Ça va faire les niaiseries!

    Hey! les chroniqueurs frustrés; soyez sérieux. Faites vos devoirs et cessez d'affirmer des "réalités" ou des "catastrophes annoncées" qui ne sont basées sur aucun fait objectif. On répete le déjà entendu; on beurre une autre couche d'âneries par-dessus les précédentes.

    C'est bien beau la politesse et de toujours réagir de façon constructive et bla-bla-bla, mais un m'ment donné!!

    Bon dimanche

  • Marc Donati
    Abonné
    samedi 25 juin 2011 19h35
    Ces chroniqueurs-là
    J'ai lu et entendu la plupart des chroniques traitant de la circulation sur le Plateau depuis que le ''scandale'' a éclaté. Je remarque quelque chose de frappant: l'écrasante majorité des journalistes qui ont conspué le plan de Ferrandez et qui ont alimenté la polémique habitent en banlieue et travaillent à Montréal. Chaque jour, ils traversent le Plateau pour se rendre qui à Radio-Canada, qui à La Presse ou au Journal de Montréal. Ils se dévoilent tous sans complexe lors de leur montée de lait. Combien de journalistes voyagent à vélo? Est-ce que Nathalie Petrowski et Yves Boisvert peuvent seulement comprendre ce que signifie circuler à vélo à Montréal à l'heure de pointe?

    Dans le même ordre d'idées, j'ai un collègue qui travaille à la ville de Montréal. Il a toujours pris sont vélo pour se rendre au travail. Lorsqu'il a été promu, les autres fonctionnaires lui ont intimé de se procurer une voiture. Mon collègue ne comprennait pas, il habitait et travaillait en ville, il n'avait pas besoin de voiture. Son patron lui a fait savoir qu'une voiture ça faisait plus ''sérieux''; Qu'on ne se pointait pas au bureau avec un ridicule vélo du moment qu'on gagnait plus que 40 000 dollars par année, que ça n'était pas crédible. Mon collègue s'est entêté et le service a fini par lui louer une voiture aux frais du service.

    On a un sérieux problème de culture, les amis. Les médias et les politiciens sont sensés nous protéger contre les dérives des pétrolières et le modèle du tout-à-l'auto. Ils revendiquent exactement le contraire, sous couvert de défendre un modèle de réussite et la liberté individuelle - la leur, plus précisément -.

    Ceci étant dit, merci au Devoir de publier la réplique d'un homme intelligent et dévoué qui, on l'espère, remportera la mairie en 2013.

  • André Boulanger
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 19h45
    Ferrandez a raison, le plan est bon.
    Le plan Ferrandez a le mérite de répondre à la demande de sécurité des cyclistes et usagers du TC voulant circuler Est-Ouest dans le Plateau Mont-Royal.
    Y'a pas juste les automobilistes dans la ville, il y aussi des marcheurs, des cyclistes, des utilisateurs d'autobus, de métro, d'auto-partage. Tous ces gens qui laissent la place à ceux qui ont vraiment besoin de circuler en auto personnelle.

    Bravo Ferrandez. Bravo Bergeron.

  • André Boulanger
    Inscrit
    samedi 25 juin 2011 19h53
    Ferrandez a raison, le plan est bon.
    Le plan Ferrandez a le mérite de répondre à la demande de sécurité des cyclistes et usagers du TC voulant circuler Est-Ouest dans le Plateau Mont-Royal.
    Y'a pas juste les automobilistes dans la ville, il y aussi des marcheurs, des cyclistes, des utilisateurs d'autobus, de métro, d'auto-partage. Tous ces gens qui laissent la place à ceux qui ont vraiment besoin de circuler en auto personnelle.

    Bravo messieurs Ferrandez et Bergeron, la ville que vous voulez rebâtir ressemble à celle que nous voulons faire vivre.

  • Hugues Tremblay Manigouche
    Inscrit
    dimanche 26 juin 2011 16h56
    Bravo!
    D'un côté, une multitude se plaint du marasme des politiciens actuels. De l'autre côté, on se plaint qu'un maire prenne des décisions qui s'imposent.

    Je dis 'Bravo!' à quiconque en position de pouvoir qui sait faire des décisions impopulaires mais nécessaires, quitte à en payer un prix politique.

  • Anne-Marie Gagnon
    Inscrit
    lundi 27 juin 2011 10h43
    Un petit instant
    Je ne suis pas contre les mesures du maire du Plateau, je le dis d'emblée. Je suis pour des mesures de réduction de la circulation automobile.

    Mais attention, ces mesures se retournent présentement contre les usagers du transport en commun, plus précisément de l'autobus 47 Masson Est et des cyclistes.

    En effet, l'autobus met présentement 15 minutes au minimum le soir pour traverser la rue Laurier et tourner sur Brébeuf pour ensuite rejoindre St-Grégoire... 15 minutes pour deux coins de rue, c'est LONG si vous souhaitez révolutionner le transport actif...

    Et que dire quand on est en vélo. Je n'ai rarement circulé de façon aussi stressée en vélo que depuis que des nouvelles pistes cyclables ont été installées sur Laurier. Le fait que les automobilistes continuent de transiter par cette avenue me laisse perplexe tellement c'est long, mais me rend nerveuse puisqu'ils empiètent constamment sur la voie cyclable, reculent, tournent sans faire d'angles morts, tout ça, parce que la piste vers l'est a été mise à la gauche des voitures stationnées et non pas collées sur le trottoir...

    Vous dites que vos experts ont fait des études et que ces dernières ont des limites, je le crois certainement en tant qu'usagère de l'autobus et du vélo, qui pour l'instant, ce sent totalement pénalisée, sans qu'il y ait pour autant une baisse significative des usagers de la voiture dans ce secteur...

  • Lydie Coupe
    Inscrite
    lundi 27 juin 2011 19h46
    La république du Plateau
    Cet été, les habitués et visiteurs du parc Lafontaine peuvent profiter d'une pause repas dans le nouvel espace resto situé en plein coeur de ce poumon de verdure. C'est, en soi, une excellente nouvelle. J'entends déjà le vénérable mais détestable à ses heures, René Homier-Roy (radio de Radio-Canada) relater ce fait provenant encore une fois de la «République» du Plateau...

    Cette république et ses seigneurs qui osent ainsi imposer des mesures draconiennes pour trouver une solution à un engorgement automobile qui ne date pas d'hier. Bien sûr, on peut ne pas être d'accord avec ces mesures qui, en effet, relèvent plutôt d'une réflexion stratégique et centralisée de la Ville. Fussent-elles narcissiques, irréfléchies ou racoleuses, ces prises de décision ont pourtant le mérite d'être provocatrices. En espérant qu'elles le soient suffisamment pour faire sortir nos élus de leur immobilisme dans lequel ils sont figés depuis trop longtemps.

    Car ce n'est pas une déviation de circulation par ci par là qui va régler cet enjeu majeur en ville. D'autres, ailleurs, l'ont déjà compris et notre fleuron national doit être heureux d'en tirer profit. Je fais ainsi allusion au nouveau contrat de 258 millions de dollars US que Bombardier Transports vient récemment de décrocher en Australie pour l'élaboration, la fabrication et l'exploitation d'un réseau de transport léger sur rail.

    Mais qu'attendons-nous ???

  • André Boulanger
    Inscrit
    mardi 28 juin 2011 09h29
    Combien rapporte la pub auto au Québec ?


    Tous nos media québécois, incluant Radio-Canada, carburent grandement à la pub d'auto. Est-ce possible de savoir quel est le montant global de la publicité automobile dans nos media écrits et audio-visuels ? Je crois que ces montants sont si colossaux qu'il est impossible que nos éditorialistes de journaux se permettent de tirer sur cette vache-à-lait qui fait des nids-de-poule. Un reportage sur le sujet serait apprécié.

    Merci.
    andré boulanger

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