Circulation - Pas de catastrophe sur le Plateau!
À lire et à écouter les médias, on pourrait croire que le maire du Plateau-Mont-Royal a provoqué une catastrophe aux proportions titanesques pour Montréal en modifiant le sens de deux rues — Christophe-Colomb et Laurier — sur une partie de leurs parcours, le 14 mai dernier.
Ce qu'on reproche à Luc Ferrandez, ce n'est pas tant sa vision des choses, que les beaux esprits se flattent généralement de partager, que sa «manière». Badauds ou chroniqueurs attitrés, tous auraient fait mieux que lui, semble-t-il, chacun sachant ce qu'il aurait mieux fallu faire: «consulter», «faire appel à des experts», «attendre un plan global», «coordonner les chantiers», «y aller moins vite» ou «investir d'abord dans les transports collectifs».
«Consulter»
La circulation excessive est la principale préoccupation exprimée par les habitants du Plateau Mont-Royal au cours de la dernière décennie. Que ce soit lors des consultations publiques sur le plan d'urbanisme, en 2002, sur le Plan de transport de Montréal, en 2007, ou encore lors de la préparation du Plan de déplacement urbain du Plateau, en 2008 et en 2009, les résidants n'ont cessé de réitérer leur espoir de voir la circulation réduite. Ce point fait tellement l'unanimité que, lors de l'élection générale de novembre 2009, tous les candidats se sont engagés à en faire une priorité.
«Faire appel à des experts»
Il va sans dire que les modifications ont été planifiées par des experts de l'arrondissement et de la ville centre. Malheureusement, les études techniques préalables ont leur utilité, mais aussi leurs limites. Il ne sert à rien de rêver à un plan général qui mènerait instantanément aux objectifs recherchés. Il faut plutôt lancer une première phase sur un secteur limité, puis en évaluer les impacts. L'essentiel des impacts iront dans le sens voulu: ils réduiront la circulation sur les rues ciblées. Mais il y aura aussi des impacts négatifs, regrettables mais inévitables, aux limites du secteur d'intervention. Une seconde phase viendra corriger ces impacts négatifs et agrandir du même coup la zone apaisée. Et ainsi de suite.
C'est précisément cette approche que l'administration Ferrandez a retenue. La phase 1 de son projet a entraîné des impacts négatifs indéniables dans certaines rues. Au plus tard à la fin d'août, une phase 2 corrigera ces impacts. D'autres phases suivront et, à terme, c'est tout le quadrilatère compris entre Saint-Denis, Saint-Joseph, Papineau et Saint-Grégoire qui deviendra un espace de vie beaucoup plus sécuritaire et paisible.
«Attendre un plan global»
Partout dans le monde, à Londres, à Paris, à New York, à Copenhague, à Munich, à Stockholm, à Lyon, à Berlin, à Strasbourg, à Rabat, et j'en passe, l'objectif principal que l'on s'est donné depuis une vingtaine d'années est de redéfinir la place de l'auto en ville. Ici, on semble encore croire que la principale fonction d'une ville est de faciliter le passage des automobiles... sauf sur le Plateau, justement! Quel plan global peut-on attendre d'une administration Tremblay qui s'est inclinée devant un nouveau Turcot conçu pour accélérer l'étalement urbain et intensifier la circulation de transit à Montréal?
«Y aller moins vite»
Que peut-on faire de moins, comme première intervention, que modifier le sens de deux segments de rue? N'a-t-on pas remarqué que le réseau routier et autoroutier craque de partout, que la congestion est devenue le lot de tous, où que l'on habite sur le territoire du Grand Montréal? Depuis l'an 2000, 450 000 autos sont venues grossir le parc automobile de la région métropolitaine. Combien de temps encore laissera-t-on aller les choses? Si la réponse est «indéfiniment», ce sont 100 milliards de dollars, d'ici 2025, qu'il faut prévoir pour presque doubler la capacité de notre réseau autoroutier. Beau programme, au moment où le réseau existant tombe en pièces et à l'ère, prétendument, du développement durable!
«Investir dans les transports collectifs»
C'est en 1988, il y a 23 ans, que la plus récente station de métro fut inaugurée sur l'île de Montréal. Un énième comité réfléchit présentement au prolongement de la ligne bleue jusqu'à Anjou, tandis qu'un autre comité poursuit son interminable réflexion sur le tramway. Dans les faits, il ne se passe rien car c'est Gérald Tremblay, un homme qui parle, parle, sans agir, qui est maire de Montréal.
Luc Ferrandez, lui, a eu le courage de briser cette paralysie, comme le lui demandaient les citoyens. Les problèmes qui en résultent localement seront réglés à brève échéance. Et dès l'automne 2013, si la population de Montréal en décide ainsi, l'administration Projet Montréal déploiera une stratégie résolue d'investissement dans les transports collectifs de qualité qui permettra de réduire sans heurts la circulation dans tous les quartiers de Montréal.
Non, il n'y a pas de catastrophe sur le Plateau. Au contraire, le maire Luc Ferrandez indique avec courage la direction à prendre pour faire de Montréal une ville phare du XXIe siècle.
***
Richard Bergeron - Chef de Projet Montréal et conseiller de Jeanne-Mance
Ce qu'on reproche à Luc Ferrandez, ce n'est pas tant sa vision des choses, que les beaux esprits se flattent généralement de partager, que sa «manière». Badauds ou chroniqueurs attitrés, tous auraient fait mieux que lui, semble-t-il, chacun sachant ce qu'il aurait mieux fallu faire: «consulter», «faire appel à des experts», «attendre un plan global», «coordonner les chantiers», «y aller moins vite» ou «investir d'abord dans les transports collectifs».
«Consulter»
La circulation excessive est la principale préoccupation exprimée par les habitants du Plateau Mont-Royal au cours de la dernière décennie. Que ce soit lors des consultations publiques sur le plan d'urbanisme, en 2002, sur le Plan de transport de Montréal, en 2007, ou encore lors de la préparation du Plan de déplacement urbain du Plateau, en 2008 et en 2009, les résidants n'ont cessé de réitérer leur espoir de voir la circulation réduite. Ce point fait tellement l'unanimité que, lors de l'élection générale de novembre 2009, tous les candidats se sont engagés à en faire une priorité.
«Faire appel à des experts»
Il va sans dire que les modifications ont été planifiées par des experts de l'arrondissement et de la ville centre. Malheureusement, les études techniques préalables ont leur utilité, mais aussi leurs limites. Il ne sert à rien de rêver à un plan général qui mènerait instantanément aux objectifs recherchés. Il faut plutôt lancer une première phase sur un secteur limité, puis en évaluer les impacts. L'essentiel des impacts iront dans le sens voulu: ils réduiront la circulation sur les rues ciblées. Mais il y aura aussi des impacts négatifs, regrettables mais inévitables, aux limites du secteur d'intervention. Une seconde phase viendra corriger ces impacts négatifs et agrandir du même coup la zone apaisée. Et ainsi de suite.
C'est précisément cette approche que l'administration Ferrandez a retenue. La phase 1 de son projet a entraîné des impacts négatifs indéniables dans certaines rues. Au plus tard à la fin d'août, une phase 2 corrigera ces impacts. D'autres phases suivront et, à terme, c'est tout le quadrilatère compris entre Saint-Denis, Saint-Joseph, Papineau et Saint-Grégoire qui deviendra un espace de vie beaucoup plus sécuritaire et paisible.
«Attendre un plan global»
Partout dans le monde, à Londres, à Paris, à New York, à Copenhague, à Munich, à Stockholm, à Lyon, à Berlin, à Strasbourg, à Rabat, et j'en passe, l'objectif principal que l'on s'est donné depuis une vingtaine d'années est de redéfinir la place de l'auto en ville. Ici, on semble encore croire que la principale fonction d'une ville est de faciliter le passage des automobiles... sauf sur le Plateau, justement! Quel plan global peut-on attendre d'une administration Tremblay qui s'est inclinée devant un nouveau Turcot conçu pour accélérer l'étalement urbain et intensifier la circulation de transit à Montréal?
«Y aller moins vite»
Que peut-on faire de moins, comme première intervention, que modifier le sens de deux segments de rue? N'a-t-on pas remarqué que le réseau routier et autoroutier craque de partout, que la congestion est devenue le lot de tous, où que l'on habite sur le territoire du Grand Montréal? Depuis l'an 2000, 450 000 autos sont venues grossir le parc automobile de la région métropolitaine. Combien de temps encore laissera-t-on aller les choses? Si la réponse est «indéfiniment», ce sont 100 milliards de dollars, d'ici 2025, qu'il faut prévoir pour presque doubler la capacité de notre réseau autoroutier. Beau programme, au moment où le réseau existant tombe en pièces et à l'ère, prétendument, du développement durable!
«Investir dans les transports collectifs»
C'est en 1988, il y a 23 ans, que la plus récente station de métro fut inaugurée sur l'île de Montréal. Un énième comité réfléchit présentement au prolongement de la ligne bleue jusqu'à Anjou, tandis qu'un autre comité poursuit son interminable réflexion sur le tramway. Dans les faits, il ne se passe rien car c'est Gérald Tremblay, un homme qui parle, parle, sans agir, qui est maire de Montréal.
Luc Ferrandez, lui, a eu le courage de briser cette paralysie, comme le lui demandaient les citoyens. Les problèmes qui en résultent localement seront réglés à brève échéance. Et dès l'automne 2013, si la population de Montréal en décide ainsi, l'administration Projet Montréal déploiera une stratégie résolue d'investissement dans les transports collectifs de qualité qui permettra de réduire sans heurts la circulation dans tous les quartiers de Montréal.
Non, il n'y a pas de catastrophe sur le Plateau. Au contraire, le maire Luc Ferrandez indique avec courage la direction à prendre pour faire de Montréal une ville phare du XXIe siècle.
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Richard Bergeron - Chef de Projet Montréal et conseiller de Jeanne-Mance
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