Le PQ juge que l'UPAC doit céder sa place à Montréal
Nathalie Normandeau doit préciser quel type de relation elle entretient avec l’ex-chef de police de Montréal Yvan Delorme, croit Stéphane Bergeron
À retenir
«Disqualifiés» par les révélations du Devoir, Robert Lafrenière et son Unité permanente anticorruption (UPAC) doivent céder leur place à une Commission d’enquête publique à Montréal, croit le Parti québécois. C’est ce que le critique péquiste en matière de sécurité publique, Stéphane Bergeron, a réclamé solennellement de la part du premier ministre cet après-midi, en marge du congrès du PQ
Dans cet élan, il a exigé aussi que Jean Charest demande à sa vice-première ministre, Nathalie Normandeau, de préciser publiquement quel type de rapport elle entretient ou a entretenu avec l’ex-chef de police de Montréal Yvan Delorme.
Ce matin, Le Devoir révélait qu’à l’automne 2009, M. Lafrenière, alors sous-ministre à Sécurité publique, réclamait de la GRC une enquête sur Yvan Delorme, en raison de ses liens avec le propriétaire de la défunte firme de sécurité BCIA (Bureau canadien d’investigations et ajustements) qui a fait faillite depuis. Or, quelques mois plus tard, M. Lafrenière recommandait au conseil des ministres à Québec le renouvellement de M. Delorme comme chef de police du SPVM. À la surprise générale, ce dernier démissionnait début mai 2010 et choisissait de prendre sa retraite à 47 ans.
«C’est gros, c’est très gros», a insisté Stéphane Bergeron, rappelant la cascade d’événements du début mai 2010 lorsqu’a éclaté l’affaire BCIA: «24 heures plus tard, le chef de police. 72 heures plus tard, le ministre [Tony] Tomassi démissionne. Une semaine plus tard, le ministre [Jacques] Dupuis se retrouve dans l’embarras pour une affaire de permis de port d’arme impliquant BCIA.»
Selon les sources consultées par Le Devoir, Luigi Coretti, de BCIA, se vantait à une certaine époque d’être un homme influent puisque, soutenait-il, il était à l’origine de l’embauche d’Yvan Delorme comme chef du SPVM. Cela aurait été possible, disait-il, grâce à son ami Tony Tomassi, alors ministre de la Famille, qui lui aurait donné accès au ministre Jacques Dupuis.
«Juge et partie»
La semaine dernière, le gouvernement confiait un mandat très large à l’UPAC pour qu’elle enquête sur l’administration de Montréal. Pour Stéphane Bergeron, du PQ, il n’est pas acceptable que M. Lafrenière, qui a à la fois réclamé une enquête de la GRC et recommandé M. Delorme au conseil des ministres, soit celui chargé de faire la lumière sur ce qui se passe à Montréal. «Il ne peut pas être juge et partie dans cette affaire», a soutenu M. Bergeron. Le député a toutefois nié vouloir remettre en question l’intégrité de M. Lafrenière.
Au bureau du premier ministre, on a balayé d’un revers de main ces accusations. «Ce type d’attaque basse et vicieuse était prévisible puisque le PQ cherche à faire diversion sur son congrès, où les radicaux et extrémistes sont en train de prendre le contrôle du PQ. C’est la méthode Marois», a commenté l’attaché de presse du premier ministre, Hugo D’Amours, par courriel.
Plus de détails à venir
Dans cet élan, il a exigé aussi que Jean Charest demande à sa vice-première ministre, Nathalie Normandeau, de préciser publiquement quel type de rapport elle entretient ou a entretenu avec l’ex-chef de police de Montréal Yvan Delorme.
Ce matin, Le Devoir révélait qu’à l’automne 2009, M. Lafrenière, alors sous-ministre à Sécurité publique, réclamait de la GRC une enquête sur Yvan Delorme, en raison de ses liens avec le propriétaire de la défunte firme de sécurité BCIA (Bureau canadien d’investigations et ajustements) qui a fait faillite depuis. Or, quelques mois plus tard, M. Lafrenière recommandait au conseil des ministres à Québec le renouvellement de M. Delorme comme chef de police du SPVM. À la surprise générale, ce dernier démissionnait début mai 2010 et choisissait de prendre sa retraite à 47 ans.
«C’est gros, c’est très gros», a insisté Stéphane Bergeron, rappelant la cascade d’événements du début mai 2010 lorsqu’a éclaté l’affaire BCIA: «24 heures plus tard, le chef de police. 72 heures plus tard, le ministre [Tony] Tomassi démissionne. Une semaine plus tard, le ministre [Jacques] Dupuis se retrouve dans l’embarras pour une affaire de permis de port d’arme impliquant BCIA.»
Selon les sources consultées par Le Devoir, Luigi Coretti, de BCIA, se vantait à une certaine époque d’être un homme influent puisque, soutenait-il, il était à l’origine de l’embauche d’Yvan Delorme comme chef du SPVM. Cela aurait été possible, disait-il, grâce à son ami Tony Tomassi, alors ministre de la Famille, qui lui aurait donné accès au ministre Jacques Dupuis.
«Juge et partie»
La semaine dernière, le gouvernement confiait un mandat très large à l’UPAC pour qu’elle enquête sur l’administration de Montréal. Pour Stéphane Bergeron, du PQ, il n’est pas acceptable que M. Lafrenière, qui a à la fois réclamé une enquête de la GRC et recommandé M. Delorme au conseil des ministres, soit celui chargé de faire la lumière sur ce qui se passe à Montréal. «Il ne peut pas être juge et partie dans cette affaire», a soutenu M. Bergeron. Le député a toutefois nié vouloir remettre en question l’intégrité de M. Lafrenière.
Au bureau du premier ministre, on a balayé d’un revers de main ces accusations. «Ce type d’attaque basse et vicieuse était prévisible puisque le PQ cherche à faire diversion sur son congrès, où les radicaux et extrémistes sont en train de prendre le contrôle du PQ. C’est la méthode Marois», a commenté l’attaché de presse du premier ministre, Hugo D’Amours, par courriel.
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