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    Prendre le taxi... à moitié prix

    Projet pilote de taxi-partage en avril à Montréal

    20 janvier 2011 |Jeanne Corriveau | Montréal
    L'idée consiste à jumeler des passagers, qui ne se connaissent pas mais qui font un trajet similaire, pour leur permettre de partager les coûts de la course en taxi. Le concept s'apparente au système de taxi-partage qui existe en Amérique latine et dans plusieurs villes à travers le monde.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L'idée consiste à jumeler des passagers, qui ne se connaissent pas mais qui font un trajet similaire, pour leur permettre de partager les coûts de la course en taxi. Le concept s'apparente au système de taxi-partage qui existe en Amérique latine et dans plusieurs villes à travers le monde.
    Prendre le taxi, mais diminuer la facture de moitié, voire davantage, voilà l'idée de base du concept de taxi-partage sur lequel planche depuis trois ans Projets Saint-Laurent. L'organisme à but non lucratif, responsable de l'événement le Jour de la Terre, souhaite lancer un projet pilote à Montréal en avril prochain et voit dans la formule du taxi-partage une solution de rechange à «l'auto-solo».

    L'idée consiste à jumeler des passagers, qui ne se connaissent pas mais qui font un trajet similaire, pour leur permettre de partager les coûts de la course en taxi. Le concept s'apparente au système de taxi-partage qui existe en Amérique latine et dans plusieurs villes à travers le monde.

    À New York, l'un de ces services, baptisé Fare/Share, permet aux New-Yorkais qui désirent prendre un taxi de chercher un compagnon de route pour partager la facture. Par l'entremise de son téléphone intelligent, l'usager inscrit son lieu de départ et sa destination. Si quelqu'un d'autre veut faire le même trajet et se manifeste, les deux personnes ainsi jumelées se donnent rendez-vous, et le prix de la course s'en trouve diminué de moitié.

    Le concept imaginé par Pierre Lussier, vice-président de Projets Saint-Laurent, va cependant plus loin puisque celui-ci souhaite diviser l'île de Montréal en zones afin de pouvoir déterminer des tarifs fixes établis en fonction du nombre de zones traversées tout en offrant un service porte-à-porte pour chacun des passagers. Ainsi, contrairement au système Fare/Share de New York, des ententes préalables devront être conclues avec les propriétaires de taxis pour s'assurer que le coût de la course ne change pas au gré des aléas des conditions météorologiques ou de la congestion routière.

    À cet égard, M. Lussier évoque la mise en place d'un fonds de roulement qui permettrait aux chauffeurs de toucher le prix affiché au taximètre, peu importe les conditions de la route et la durée du trajet, et ainsi compenser la différence entre le coût réel de la course et celui déterminé par la tarification.

    La formule n'existe nulle part dans le monde, reconnaît M. Lussier, qui demeure toutefois convaincu de l'intérêt que pourrait susciter le concept compte tenu de l'augmentation des tarifs des transports en commun et de l'engouement des Montréalais pour des services comme Communauto et Bixi.

    Le taxi-partage pourrait notamment plaire aux employés qui, à l'heure actuelle, utilisent leur voiture pour se rendre à leur lieu de travail car ils jugent les transports en commun moins avantageux pour eux.

    Le concepteur misera sur les technologies de géopositionnement et l'usage des téléphones intelligents pour assurer la gestion du système. M. Lussier reconnaît toutefois que la marge d'erreur est limitée. «C'est sûr qu'on n'aura pas cinq essais avec la clientèle. Il faut que ça marche», dit-il.

    Projet vert

    Dans le cadre des consultations tenues en novembre dernier sur l'industrie du taxi à l'hôtel de ville de Montréal, Projets Saint-Laurent a présenté le projet qu'il souhaite implanter à Montréal. «Ça vient d'une réflexion de ma part sur la façon d'offrir une solution de rechange à l'auto-solo. Ça ne sert à rien de taper sur la tête des automobilistes, il faut trouver une façon de les faire sortir de leur voiture», explique-t-il.

    Le projet aurait l'avantage de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais les chauffeurs de taxi eux-mêmes pourraient en tirer des bénéfices, croit M. Lussier puisque, selon lui, le taxi-partage vise à attirer une nouvelle clientèle, celle des automobilistes.

    Le conseiller municipal Christian B. Dubois, qui préside la Commission sur le transport, la gestion des infrastructures et de l'environnement, voit d'un bon oeil le projet même s'il entretient certains doutes quant à sa mise en oeuvre à Montréal. «Le concept est bien, mais la question est de savoir si c'est faisable dans le cadre législatif du taxi. C'est le seul hic que je vois. Le but est d'assurer la pérennité du taxi à Montréal», dit-il.

    Pierre Lussier croit toutefois être en mesure de réaliser le projet sans qu'un amendement à la Loi concernant les services de transport par taxi soit nécessaire, même s'il admet qu'il faudra entreprendre des discussions avec le ministre des Transports.

    Pour sa part, François Pepin, directeur d'études en planification des transports à la Société de transport de Montréal (STM), juge «intéressant» le concept élaboré par Projets Saint-Laurent, mais il préfère en terminer l'évaluation avant de se prononcer de façon définitive. Il n'exclut pas la possibilité que la STM puisse éventuellement développer une entente de partenariat avec Projets Saint-Laurent. «On pourrait établir un partenariat au niveau de la promotion et d'échanges tarifaires, un peu comme on fait avec Communauto et Bixi», explique-t-il.

    Ex-coordonnateur du dossier du taxi au ministère des Transports de 1988 à 2001, Michel Trudel croit lui aussi au potentiel du taxi-partage à Montréal. «Je pense toutefois qu'il faudra commencer à petits pas, tester un axe ou un quartier et l'étendre peu à peu, dit-il. Quand on voit trop grand tout de suite, on risque de se planter.»

    Projets Saint-Laurent espère pouvoir lancer un projet pilote en avril, avant de déployer le service sur une plus grande échelle. D'ici là, les deux commissions de la Ville de Montréal qui se sont penchées, en novembre dernier, sur l'avenir de l'industrie du taxi, devraient déposer leurs recommandations au mois de mars. Leur appréciation du projet de taxi-partage pourrait figurer dans leur rapport final, indique le conseiller Dubois.












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