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Le pourrissement des élites québécoises

Maurice Tardif - Professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal et membre de l'Académie des sciences sociales du Canada  19 novembre 2010  Montréal
L'un des rares avantages d'une grave crise économique est de mettre en lumière les ressorts ordinairement invisibles qui assurent le fonctionnement de la société en temps normal. En période de crise, les ressources étant beaucoup plus rares et le risque de perdre quelque chose beaucoup plus important, les personnes comme les organisations (gouvernement, industries, banques, municipalités, etc.) doivent adopter des comportements de survie dans un environnement social nettement plus tendu.

Or, ces comportements, au fur et à mesure qu'ils se généralisent et se durcissent, provoquent inévitablement une montée des rivalités, car chacun est gagné par le sentiment de devoir lutter pour maintenir ses acquis ou simplement éviter d'être emporté par la crise. Si celle-ci perdure et surtout si son issue reste incertaine, ces rivalités se transforment alors en antagonismes.

Crise mimétique

Qu'en résulte-t-il? Ce que nous vivons au Québec depuis 2008: l'instauration d'un climat généralisé de dénonciations, de suspicions et d'insinuations malveillantes, de scandales à répétition, d'accusations de corruption et de fraude lancées de part et d'autre, et qui mettent en cause les élites économiques, administratives et politiques qui gèrent notre société. Ce climat se nourrit de ses propres miasmes, car chaque accusé — personne, groupe ou organisation — refuse de jouer le bouc émissaire et s'efforce de se défendre comme il peut en attaquant à son tour les autres, tous les autres.

L'anthropologue René Girard a consacré la majeure partie de son oeuvre à décrypter les mécanismes qui opèrent dans ce genre de situation. Sa thèse est simple et s'applique bien au cas québécois: dans une phase de crise, dès qu'on cherche des coupables, dès que les premières accusations fusent, s'enclenche par mimétisme une spirale d'accusations qui ne touchent plus seulement des individus, mais de vastes réseaux sociaux, économiques, politiques et, à terme, la société entière. Or, le fond de vérité de ces accusations (pot-de-vin, accointance mafieuse, délit d'initié, détournement de fonds, conflit d'intérêts, etc.) devient peu à peu secondaire aux yeux de la population, puisque tous les pouvoirs sociaux semblent compromis. C'est ce que Girard appelle la «crise mimétique».

En marche depuis la confession publique de Benoit Labonté en 2009 en passant par la commission Bastarache et les récentes déclarations de Vincent Auclair et Serge Ménard au sujet du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, cette crise mimétique met désormais en cause à peu près tout ce qui grouille et grenouille dans l'ombre depuis des années, voire des décennies, dans un très grand nombre de municipalités parmi les plus importantes du Québec, mais aussi dans la haute administration gouvernementale, dans l'industrie et les syndicats de la construction.

Il faut se souvenir de ce que disait Labonté en 2009. Il disait cette vérité mimétique: «Certes, je suis coupable, mais tout le monde municipal et une bonne partie de la classe politique sont aussi coupables; je n'ai fait qu'imiter les comportements des autres et je refuse par conséquent d'être leur bouc émissaire.»

Les boucs émissaires

Exactement dans la même veine, les accusations que se lancent mutuellement depuis plusieurs mois les plus hauts responsables politiques et juridiques du Québec sont elles aussi exemplaires de cette crise mimétique, car elles montrent avec force qu'il n'y a plus d'innocents. Dans le même sens, la diffusion publique quasi continue des salaires et primes versés aux élites dirigeantes (hauts cadres, p.-d.g., présidents de compagnie, banquiers, retraités de luxe, commissaires d'école, etc.) finit par engendrer une situation mimétique d'indifférenciation: tous ces gens ne sont-ils pas au fond à mettre dans le même sac, ne se remplissent-ils pas sans vergogne les poches pendant qu'on demande aux contribuables et travailleurs québécois de payer les déficits?

La réaction sociale la plus naturelle à une crise mimétique est d'essayer de la contenir en cherchant des boucs émissaires. Cette recherche s'accompagne forcément d'une campagne de moralisation de la vie publique. Les médias s'efforcent d'identifier des coupables, tandis que des éditorialistes et chroniqueurs tentent de donner des leçons d'éthique aux dirigeants. Au bout du compte, chacun veut croire que l'existence d'une presse libre et indépendante finira par rassurer les citoyens dégoûtés.

Mais plutôt que de servir d'exutoire à notre dégoût, la crise actuelle ne devrait-elle pas accroître notre lucidité par rapport au fonctionnement normal de la société québécoise? Au fond, une telle crise ne constitue-t-elle pas un véritable laboratoire social, car elle révèle ce qui est d'ordinaire caché? N'en doutons pas, la corruption politique et la prédation économique sur grande échelle qui sont aujourd'hui dénoncées existent dans l'ombre du fonctionnement normal de nos institutions depuis des années, et la pourriture qui est désormais visible ne constitue vraisemblablement que la pointe d'un iceberg en place depuis des décennies. Mais oublions un instant la pointe de cet iceberg et allons voir sous la mer.

Triste spectacle

Que se passe-t-il quotidiennement au Québec? Les urgences des hôpitaux débordent et les médecins sont inaccessibles sauf si on est prêt à les payer en passant par le privé. Le réseau routier est l'un des plus dégradés d'Occident et ceux qui le réparent nous arnaquent. Le taux de décrochage explose dans les écoles publiques pauvres alors que les écoles d'élite sont largement financées. Les fonds de retraite se vident ou sont spoliés par des courtiers. Des services publics sont démantelés ou réduits à faire de la figuration sociale. La justice sert les mieux nantis.

L'environnement (les lacs, le fleuve, la forêt, les sols, l'eau potable, etc.) souffre de l'incurie des pouvoirs publics et de l'appétit débridé des compagnies qui l'exploitent. L'incompétence et la malhonnêteté semblent largement répandues parmi les dirigeants et les puissants, tandis que les soupes populaires n'ont jamais été aussi fréquentées, y compris par des familles avec des enfants en bas âge, alors que les gouvernements demandent aux citoyens de faire toujours plus d'efforts pour renflouer les poches de ceux qui ont liquidé une part substantielle de nos avoirs collectifs et personnels. Des gens qui ont travaillé toute leur vie ne peuvent plus prendre leur retraite. Des salariés s'appauvrissent en travaillant. Chaque décennie, 300 000 de nos enfants vont à l'école pour y décrocher. Voilà le spectacle habituel de notre société québécoise.

En tant que collectivité, on doit donc sérieusement se poser cette question: se peut-il que la crise actuelle révèle cette vérité sur nos élites dirigeantes, à savoir qu'elles oeuvrent en temps normal, dans la complicité feutrée des cabinets ministériels et des conseils d'administration, avant tout pour leur propre profit et non pas pour notre bien collectif?
 
 
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    19 novembre 2010 02 h 02
    Pourrissement de la société québécoise grâce à votre vision trop pessimiste
    Si je trouve intéressante la citation de l'anthropologue René Girard sur la «crise mimétique», je suis un peu consterné de lire votre vision du «triste spectacle» de la société québécoise. Que d'affirmations non vérifiées données à la pelletée ! Mais qu'avez-vous lu ou vu pour dire ça ? Les manchettes des journaux à sensation ?

    Vous parlez du réseau routier du Québec comme « l'un des plus dégradés d'Occident ». Pourtant, des amis qui ont visité New York récemment m'ont dit qu'il y avait plus de nids-de-poule à Manhattan qu'à Montréal. De plus, L'Actualité de novembre 2010 décrit la débâcle de certains états américains, réduits à remplacer l'asphalte des routes par le gravier pour sauver les fonds qui restent. Face à ça, le réseau routier du Québec, même imparfait, fait assez belle figure !

    Vous parlez des hôpitaux au Québec. Avez-vous vérifié ce qui se passe dans les autres provinces canadiennes ? On m'a dit qu'au Nouveau-Brunswick, il y avait jusqu'à récemment beaucoup d'attente pour certains traitements, notamment le cancer et la dermatologie. Vous parlez de soupes populaires qui n'ont jamais été aussi bondées. Est-ce que la situation est pire que dans les années de la Grande Dépression ? Du XIXe siècle ?

    Vous êtes un professeur universitaire, de mon université en plus ! N'êtes-vous pas justement le représentant du savoir ? Le garant de la rigueur intellectuelle rejetant toute distorsion de la réalité par sentimentalisme ou emphase ? Le chercheur qui impose une méthodologie scientifique pour se protéger de ce genre de dérive ?

    Nous avons besoin d'intellectuels qui savent donner une vision claire de la situation actuelle, sans chichis et sans pleurnicheries, et qui savent proposer des solutions. Des penseurs, décideurs et agisseurs, voulant le bien de leur communauté pour redresser cette problématique de la corruption. Pas des «élites» qui se pourrissent à affirmer des banalités sans fonde
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  • Georges Paquet - Abonné
    19 novembre 2010 04 h 37
    Monsieur Tardif fait du mimétisme!
    Comment, de façon plus évidente, tomber dans le piège que l'on dénonce?
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    19 novembre 2010 05 h 18
    Une lutte inégale...
    Il y a dans votre analyse certains points discutables, surtout lorsque vous parlez de raréfication. Ce qui se passe, dans la réalité, c'est que ceux et celles qui possèdent ne veulent pas subir le lot du commun et cherchent à continuer à s'enrichir, à pouvoir continuer à jouir de privilèges, crise ou pas crise.

    Ils s'emploient, ainsi, à transgresser les lois pour ce faire. C'est la cupidité qui l'emporte. Certains croient que tout s'achète : la dignité, l'honnêteté, la santé, le bonheur, etc. D'autres sont prêts à vendre leur âme pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Vous avez des carriéristes, des opportunistes de toutes sortes qui, pour le pouvoir, qui, pour la notoriété, qui, pour la fortune, sont prêts à tout et à n'importe quoi.

    Alors, oui, il y a des factions politiques qui s'affrontent, ayant chacune une vision de la vie en société différente : les uns plus orientés vers leurs intérêts personnels, les autres carrément focalisés sur le bien commun.

    Nous en sommes à une étape charnière de notre passage à l'économisme : allons-nous remiser au magasin des accessoires la justice sociale, le souci du bien commun afin de démontrer que c'est l'argent qui mène le monde et que tout est possible si vous êtes fortuné ou bien allons-nous poursuivre une redistribution de la richesse collective pour chacun selon ses besoins. Le contrat social faisant figure soit de loi de la jungle ou de loi de la compassion humaine.
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  • Victor Raiche - Inscrit
    19 novembre 2010 06 h 36
    Au plus fort la poche
    En tant que collectivité, on doit donc sérieusement se poser cette question: se peut-il que la crise actuelle révèle cette vérité sur nos élites dirigeantes, à savoir qu'elles oeuvrent en temps normal, dans la complicité feutrée des cabinets ministériels et des conseils d'administration, avant tout pour leur propre profit et non pas pour notre bien collectif?

    POSER LA QUESTION, C'EST Y RÉPONDRE
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  • Françoise Maertens - Inscrite
    19 novembre 2010 07 h 51
    Tràs intéressant!
    Merci de cette analyse qui nous permet d'avoir un peu de recul ...mais que faire maintenant? Par ailleurs, je crois qu'il aurait fallu l'intituler Le pourissement de CERTAINES élites québécoises car je crois encore qu'il y a beaucoup d'élite dans notre Québec qui seraient capabl;es de diriger pour le bien collectif plutôt que pour leur enrichissement personnel. Toutefois, ils ont de la difficulté à se rendre au pouvoir parce qu'ils ne sont pas financés part les grosses compagnies qui préfèrent leurs petits amis moins scrupuleux!!!!!!!!!!!!!
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  • alen - Inscrit
    19 novembre 2010 08 h 07
    Oui... mais.
    ... Mais nous n'avons pas été terrassés par la crise (économique) au Québec. Jean Charest s'en allait pépère, sur le <cruise control>, les deux mains sus l'volant...

    Le point de vue d'Habermas que la crise s'enracine dans l'économie et se transforme progressivement en crise de motivation, puis en crise de légitimité est certes défendable, mais il est questionnable dans les circonstances.

    Je crois que c'est plutôt l'élévation du niveau de vigilence de la population à la suite des attaques répétées de la droite contre le modèle (québécois) qui est en cause. Comme s'il s'agissait de se protéger contre le terrorisme... le terrorisme de la droi-droite!
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  • michel lebel - Inscrit
    19 novembre 2010 08 h 35
    La nécesscité de l'autocritique...
    Voilà une analyse intéressante qui est aussi une forme d'autocritique de la société québécoise. Une société à la dérive, sans balises, où la médiocrité et la vulgarité règnent trop souvent. En particulier chez la classe médiatique, qui se dit sans reproche! Nous vivons dans une société éclatée, fortement individualiste et hédoniste, où toute notion de transcendance se veut absente. Mais quand nous aurons atteint le fond du baril, nous devrions remonter. C'est une loi de la physique... comme la loi de la circulation(vie et mort) des élites(Pareto).


    Michel Lebel
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    19 novembre 2010 08 h 47
    La présence Libérale fédéraliste corrompue
    Une fois dirigé par un Parrain les pratiques mafieuses pénètrent la société en son entier économique. L'avidité de John James Charest fait du Québec un milieu économique menacé de ruine. Il faut que ça cesse sans délai.
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  • Daniel Faucher - Inscrit
    19 novembre 2010 09 h 09
    Quand on cherche le pouvoir plutôt que la solidarité
    Lorsque M. Charest, minoritaire à l'Asemblée nationale, est allé en élection pour avoir les deux mains sur le volant, nombreux ont été ceux qui s'opposaient à une telle élection et demandaient plutôt que le Premier ministre relève le défi de se concerter avec les autres partis pour faire face à la crise économique. Obligés de s'entendre sur des solutions plutôt que de lutter pour la conquête du pouvoir, les partis auraient dû faire preuve d'une moralité élevée et cela aurait sans doute éloigné (un peu) les profiteurs et «graisseurs» de tout acabit. Il en aurait été de même au fédéral si M. Harper avait osé laissé une coalition des partis d'opposition prendre le contrôle de la Chambre des communes. Devant quoi nous sommes-nous retrouvés? Devant des gouvernements qui utilisent à leur avantage la loi du nombre, comme à Québec, et même du faible nombre (comme à Ottawa) pour se ficher des citoyens qui ne veulent pas supporter le prix de nouvelles élections une fois celles-ci faites. Dépités avant les élections, les citoyens ne sont guère allés voter. Dépités après les élections, les citoyens ont enduré jusqu'à ce qu'ils découvrent que, crise économique ou pas, leurs gouvernements continuent de dépenser allègrement sans trop de contrôle - ni par leurs administrations ni par les citoyens.
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  • Daniel Faucher - Inscrit
    19 novembre 2010 09 h 10
    Quand on cherche le pouvoir plutôt que la solidarité (suite)
    On peut faire les thèses universitaires ou anthropologiques que l'on voudra, il y a une petite vérité que tout le monde peut expérimenter: quand ça sent la merde quelque part, on finit par avoir l'impression que ça sent la merde partout. M. Tardif appelle cela le «mimétisme»... En réalité, ce que les citoyens réalisent, c'est que non seulement leurs élus utilisent souvent leur pouvoir comme si les fonds publics étaient les leurs propres mais encore que, une fois les lois votées et les règlements promulgués, les ressources humaines et financières sont rarement débloquées pour que tout cela soit efficace. Les cas des garderies et des foyers pour personnes âgées ne sont que deux des illustrations de ce vide. Les citoyens voient aussi des administrateurs publics être récompensés au nom des clauses de leur contrat d'emploi même si leur performance a laissé à désirer et s'ils ont été plus ou moins forcés de démissionner à cause de ce manque de performance. Le cas de plusieurs hauts dirigeants de la Caisse de dépôts et placements n'en est qu'une illustration. Dans les autres sphères de l'administration publique, c'est le même laxisme qu'on voit: au niveau municipal, scolaire, ministériel, la gestion «en bon père de famille», pour reprendre l'expression consacrée, semble devenue désuète dans beaucoup de cas. En bonne partie, semble-t-il, parce que ces gens se sentent moins surveillés. Quand tout le monde le fait et que personne n'est vraiment sanctionné, on finit par se dire que c'est «normal» et qu'on est bien niais de n'en point profiter si on en a l'occasion. En bout de ligne, les citoyens qui n'ont pas exercé leur droit de vote comme ils auraient dû le faire, et ceux qui l'ont exercé en croyant les engagements électoraux des politiciens qui ont gagné le pouvoir, finissent par se demander ce qui est advenu de la moralité publique, et ce, indépendamment des allégeances politiques. D'où la colère actuelle - qui man
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  • Franfeluche - Abonné
    19 novembre 2010 10 h 37
    Une invitationn à lire
    Je viens de terminer la lecture du livre d'Hervé Kemph « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Ce livre nous permet de comprendre ce qui se passe non seulement au Québec mais ailleurs dans le monde. Je suis même porté à citer le proverbe suivant : quand on se regarde, on se désole, mais quand on se compare, on se console.
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  • Charles-Étienne Filion-Provencher - Inscrit
    19 novembre 2010 11 h 53
    Une belle analyse
    Je vous félicite, M. Tardif, pour ce portrait brossé sans retenue.Et j'aimerais rappeler aux lecteurs qu'on ne peut pas comparer les conditions d'existence de la Grande Dépression des années 30 et celles de maintenant, le contexte était beaucoup trop différent. Mais pour avoir été intervenant auprès d'une clientèle plus défavorisée qui fréquente les soupes populaires, il est évident que la population s'appauvrit pendant que les élites se chamaillent sur des "technicalités", à savoir de la fraude à petite, moyenne ou grande échelle avec l'argent des contribuables. Et que, sans verser dans le tiers-mondisme, la dégradation de l'univers politique provincial et municipal qui amène une dégradation des actions gouvernementales sur le terrain nous plonge petit à petit dans une situation où le déficit augmente tandis que les services coûtent de plus en plus cher, les salaires ne suivent même pas l'inflation, et l'écart entre les plus riches et les plus pauvre se creuse inexorablement.

    L'attrait de la politique étant à son plus bas niveau ces temps-ci, les jeunes motivés qui pourraient se lancer pour changer les choses sont pour le moins freinés dans leurs ardeurs. Ne reste que les anciens pour continuer, et les anciens, pour être gentil, n'ont pas toujours prêché par l'exemple...

    Jusqu'où pourra se rendre l'indignation et le cynisme des Québécois? Jusqu'à la banqueroute, où serons-nous assez hardis pour brûler le Parlement?
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  • Sandrine Gris - Inscrit
    19 novembre 2010 12 h 03
    Que tombent les masques!
    Comprenons bien le sens du propos de Maurice Tardif. Les lecteurs voient trop le côté pessimiste. Pourtant, le texte dit simplement: une crise économique met en lumière des mécanismes sociaux de pouvoir au sein des élites qui sont d’ordinaire cachés. Le message qu’il transmet aux gens est le suivant: plutôt que de jouer les surpris ou les outrés, profitez de cette crise pour voir comment marche notre société et essayer de la changer.
    Que tombent les masques!
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  • lemarin - Inscrit
    19 novembre 2010 12 h 17
    L'envers de la médaille
    Si on suit René Girard, ce sont ces crises mimétiques toujours plus puissantes qui entraînent un niveau de culture supérieur, une organisation meilleure afin de réprimer cette crise. Nous trouverons bien notre bouc-émissaire, qui sera vraisemblablement Jean Charest. Nous avons fait de même avec Duplessis et ça nous a donné la Révolution tranquille. Quand on aura fini de faire le ménage nous serons peut-être la société la plus propre politiquement d'Amérique, qui sait. Jusqu'à la prochaine crise, bien sûr.

    À notre nouvelle révolution!
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  • France Marcotte - Abonnée
    19 novembre 2010 12 h 19
    Objets d'étude
    De son oeil froid et détaché, le sociologue observe la rue par la fenêtre de son bureau de l'Université. Il regarde ce qu'il interprète comme une grande réaction en chaîne à "une grave crise économique", les pions se déplaçant selon un mouvement prévisible, sans libre arbitre, mouvement correspondant à une théorie longuement étudiée par un collègue anthropologue. C'est le mimétisme qui se répand dans la population enténébrée. Pendant ce temps, la crise révèle aussi le fonctionnement ordinaire, érigé depuis des décennies, des instances dirigées par les élites. C'est pourri, et depuis longtemps.
    Seule nouveauté et source d'espoir peut-être, lui-même, le sociologue, représentant d'une élite, intellectuelle celle-là, daigne enfin déposer le fruit de ses observations aux pieds de la populace en écrivant ce texte pour Le Devoir. Et un pion, en ma pauvre personne, lui répond que sa non-implication jusqu'ici, cette distance entre lui et son objet d'étude, cette perception de la rue comme un laboratoire où se déplacent des "sujets" sans volonté, font sans doute fait partie du problème.
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  • Michel Simard - Abonné
    19 novembre 2010 17 h 00
    La récession n'a rien à voir là-dedans
    Bel exercice de spéculation théorique. Toutefois, le comportement corruptif d'une élite membre du Parti libéral du Québec n'a aucun lien avec le cycle économique. L'avidité de ceux qui contrôlent réellement ce parti et les annexes municipales est permanente. Et, que je sache, les familles et personnes qui fréquentent les banques alimentaires, dont le nombre est en forte augmentation, ne font pas plus de vols à l'étalage.

    Deuxio, la corruption au QLP et ses annexes municipales et des élites qui y sont liées, ne signifie aucunement que le citoyen québécois soit lui-même enclin à la corruption ou à la malhonnêteté.

    Tertio, la méthode scientifique suppose qu'on appuie ses hypothèses sur quelque moyen empirique, tout à fait absent ici.

    Mais tout cela ferait bien l'affaire des dépendantistes que les Québécois seraient naturellement ou culturellement enclins à la corruption (cela inclut également les Ontarois dont M. George Paquet), ce qui justifierait que notre nation ne peut se gouverner elle-même.

    Par ailleurs, Michel Lebel me surprendra toujours par ses contradictions. Comment peut-il être libéral et s'attrister d'"une société éclatée, fortement individualiste et hédoniste", n'est-ce pas le slogan des libéraux-conservateurs. Si Michel Lebel promeut une société plus cohérente, solidaire et fraternelle, il serait mieux de privilégier les partis pour qui notre nation et notre société est plus qu'une collection d'individus, soit tendre vers le nationalisme, l'indépendantisme et la social-démocratie. Mais son attachement irrationnel à une vague idée du Canada - sans trop savoir ce que ça veut dire - l'amène à privilégier le dépendantisme et justifier le corruptisme qui en est le corrolaire.
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  • Roger Sylvain - Inscrit
    19 novembre 2010 17 h 18
    HONTE!!!!
    Nos politiciens tant péquistes que libéraux font en sorte que le Québec s'autorépubliquedebananise.
    J'ai honte de nos politiciens,j'ai honte du Québec et j'ai honte d'être Québécois.
    Qu'est-il advenu de la mission de servir le peuple pour le bien de tous?
    Roger Sylvain
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  • 54lili - Inscrit
    19 novembre 2010 17 h 22
    @France Marcotte
    ABSOLUMENT

    je ne l'aurais pas si bien écrit mais

    ABSOLUMENT
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  • Côté Marcel - Inscrit
    19 novembre 2010 17 h 37
    UN GRAND MÉNAGE, ENSUITE UN ENCADREMENT TRÈS SÉVÈRE PAR UN CODE ÉTHIQUE DANS UNE CONSTITUTION QUÉBÉCOISE.
    Bonjour.
    Il y a toute sorte hypothèse de fait,de thèse,allégation,sur la coruption ,mais il y a un mais,il faut encadré les partis politiques et la gouvernance par une constitution et des codes en éthique très sévère pour protéger nos institutions de services et administratives et donner au trésors québécois les ressouces nécessaire pour soustenir le tous et il y va une constitution de un avec toute les spécificités et l'autonomie territoriale pour nos ressouces naturelles .

    De deux un projet de société proposer dans une constitution État et voter par la population du Québec et toujours sur le même bulletin vote, voter pour les représentants pour la gouvernance pour faire respecter cette constitution .

    Par la suite si cette constitution demande des amendements constitutionnelle bien il faut revenir devant le peuple car le pouvoir suprême va appartenir au peuple et faire voter le peuple sur les amendements constitutionnelle voilà maintenant au peuple d'avoir une constitution pour le peuple et des représentants pour la gouvernance pour la faire respecter.

    Cette constitution d'État va servir de proposition d'entente constitutionnelle avec le gouvernement fédéral et si il y a refus du gouvernement fédéral bien dans les trente jours qui vont suivre le refus des propositions de l'entente bien le Québec va faire sécession avec le gouvernement fédéral et le système Monarchique pour être un autre pays voilà.

    Pour le Québec les deux options sont là, une comme un État à l'intérieur du système Monarchique et l'autre comme nouveau pays et être une République fédéral.

    Exemple;Une République fédéral comme la France ou la Suisse ou L'Allemagne tout va dépendre du choix du peuple.
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  • MJ - Inscrite
    19 novembre 2010 20 h 48
    Le développement humain - La conscience individuelle et collective (1)
    Je prendrai un raccourci pour exprimer ma façon de voir le comportement de certaines élites qui sont depuis quelque temps mises en cause dans de nombreux scandales de corruption.

    Selon Sigmund Freud, l’humain est gouverné par trois instances intérieures: le ça, le moi et le surmoi. Le ça représente le principe de plaisir, le moi le principe de la réalité et le surmoi est en quelque sorte la conscience morale de l’individu. L’enfant est d’abord régi par le principe du plaisir, l’adulte est régi davantage par le principe de réalité et, la conscience morale est acquise par l’éducation parentale. Le surmoi est une intériorisation des interdits parentaux et est acquis par l’enfant autour de “l’âge de raison”, soit à la période de l’âge scolaire.

    Selon Kohlberg, la conscience morale n’est pas acquise par tous les individus. Ce plus haut niveau de conscience éthique ne serait le fait que d’une minorité qui a atteint un certain degré de développement personnel et de conscience de l’autre par empathie. Un niveau inférieur de conscience morale prendrait sa source dans la peur d’être pris en défaut. Les lois et leurs sanctions pour comportements fautifs seraient à l’origine de ce niveau de conscience morale non internalisé mais en tant que source externe puisque fondé sur des lois et sanctions et, la peur d’être pris en défaut, comme la punition que l’on inflige à un enfant pour le respect de certaines règles. Cette conscience morale prendrait donc sa source dans les lois et leurs sanctions pour agir sur les individus. Une majorité d’individus n’aurait atteint que cette source extérieure de conscience morale.
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  • MJ - Inscrite
    19 novembre 2010 20 h 50
    Le développement humain - La conscience individuelle et collective (2)
    Un philosophe indien, Aurobindo (Calcutta, 1872 - Pondicherry, 1950) aurait atteint un niveau supérieur de conscience - sa vie est relatée par un Français Satprem (qui a pris un nom Indien) dans “L’aventure de la conscience”. Ce philosophe originaire du Bengale a fait des études en Angleterre et réalisé une synthèse des cultures occidentale et orientale. Il a étudié le sanskrit et les grands textes hindous. Il a travaillé pour le ministère de l’Instruction publique (éducation) en Inde. Il a fondé un ashram (lieu de rencontre de diverses cultures issues de divers pays) à Pondicherry dans le Sud de l’Inde et a consacré sa vie à l’écriture. L’un de ses ouvrages est “La Synthèse des Yoga”.

    Si je reviens à l”’homo politicus”, j’oserais avancer qu’il est mû essentiellement par le principe de plaisir que l’on peut assimiler à un état instinctuel, soit celui de l’enfant. L’homo politicus n’a pas développé une conscience morale élevée, ni en tant que conscience individuelle ou conscience sociale et collective. Ce qui fait qu’il n’est pas maître dans sa propre “maison”. Il est tiraillé par ses instincts et ne réussit pas à faire la paix avec lui-même et encore moins avec les autres. Sa vie est une lutte perpétuelle avec lui-même et les autres. L’harmonie est le fait de se libérer de la tyrannie du ça dont l’avidité est sans bornes et aussi de la tyrannie d’un surmoi exigeant qui demande un idéal de perfection et d’excellence chez certaines personnes (pas le fait de l’homo politicus).
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  • bla bla - Inscrit
    23 novembre 2010 07 h 24
    c'est mercredi
    Tout le monde tire sur sa couverte parce qu'ils tiennent à leur proches et leur rythme de vie :

    Des cadres qui bouffent les budgets et nuisent à la compagnie pour s'en mettre un maximum dans les poches c'est la norme.

    Des employés pleurnichards qui volent leur employeur ou triche sur leurs tâches de travail ''pour se venger de l'exploitation'' c'est aussi beaucoup trop commun.

    Ce qu'il faut regarder en temps de crise c'est son nombril. Chaque personne compte dans l'ensemble et la répercussion de tout nos petits abus finissent par donné le feu vert à nos élites pour qu'ils fassent pareil à grande échelle.
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