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Échangeur Turcot - Vers un nouveau consensus

Richard Bergeron - Chef de la deuxième opposition à l'Hôtel de Ville et chef de Projet Montréal  13 novembre 2010  Montréal
Un meilleur Turcot est encore possible.<br />
<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Un meilleur Turcot est encore possible.

Au cours des derniers jours, les Montréalais ont graduellement pris conscience de la supercherie dont ils ont été victimes. Tous savent maintenant que les projets d'établissement d'un tramway, d'un train de banlieue, d'un parc, d'une piste cyclable, de bâtiments à l'architecture audacieuse, d'un marché public et d'un nouveau Quartier du canal qu'on voit sur les illustrations du MTQ ne font pas partie de Turcot 2.0.

Aucun de ces projets n'a été planifié. Aucun budget ne leur a été affecté. Certains sont physiquement impossibles. D'autres exigeraient l'expropriation d'industries comme Kruger, rien de moins! Ce sont là pures vues de l'esprit, de belles images visant à dissimuler l'inavouable: Turcot 2.0 n'est qu'un échangeur à capacité accrue au coeur de Montréal. Prétendre qu'il s'agit d'un «projet de développement urbain dans un contexte de développement durable» est proprement odieux. Aurais-je personnellement avalisé cette tromperie pour pouvoir continuer à siéger au comité exécutif de la Ville, comme le maire Tremblay me l'a proposé, que je n'aurais plus été capable de me regarder dans un miroir.

Quoi d'autre?


La prochaine question qui se pose et que de nombreux citoyens m'ont posée est donc: «Que proposez-vous?»

Je propose un retour au consensus des milieux politique, urbanistique, communautaire, économique, culturel et environnemental montréalais. Je propose que nous retroussions nos manches et profitions des dix-huit mois qui nous séparent du début du chantier Turcot pour construire un vrai tramway en métal, et non un tramway numérique, dans l'axe Lachine-LaSalle-centre-ville. Je propose qu'on fasse enfin aboutir les projets de mise en place de la navette aéroportuaire, de construction de la gare Lachine sur la ligne de train de banlieue vers Delson et d'amélioration substantielle des trains de banlieue desservant l'ouest de l'île. Je propose l'aménagement de voies réservées pour autobus tout au long du corridor routier reliant l'ouest de l'île au centre-ville — et non uniquement sur un tronçon de trois ou quatre kilomètres au coeur de l'échangeur Turcot. Je propose, finalement, un Turcot 3.0 aux dimensions réduites et à la capacité moindre dans son axe est-ouest (A20 et A720).

Globalement, je propose une mobilité des personnes radicalement améliorée, assortie d'une diminution du trafic automobile sur l'échangeur et, de là, dans les rues de nos quartiers. Je propose que Montréal reprenne ainsi la voie d'une relance durable, comme l'ont fait Paris, Séoul, Londres, Stockholm, Lyon, Copenhague, San Francisco, Bordeaux, New York, Portland, Munich, Melbourne, Vancouver, Barcelone ou Strasbourg avant elle, en s'appuyant sur des moyens similaires.

Moment charnière

Ces propositions sont-elles utopiques? Non.

Dans l'histoire de toute ville se présentent des moments charnières qui procurent une occasion de changement. Montréal se situe à un tel moment.

Tout d'abord, le gouvernement du Québec entend investir six milliards de dollars pour reconstruire ou compléter le coeur autoroutier de la région métropolitaine: environ trois milliards dans la démolition-reconstruction du système 20-720-Turcot, deux milliards pour Notre-Dame et un milliard pour remplacer Bonaventure par une entrée de ville décente. Le défi est de le convaincre d'investir autrement cette somme fantastique.

Deuxièmement, toutes les politiques adoptées à Québec et à Montréal depuis dix ans prétendent aller dans le sens du développement durable, de l'amélioration de la santé publique, de la lutte contre l'étalement urbain, de la promotion du transport collectif et de la lutte contre les changements climatiques. Jusqu'ici, ce ne furent là que des mots. Le défi est qu'ils deviennent réalité.

Troisièmement, nous avons enfin pris conscience de l'extraordinaire potentiel de développement que recèle le coeur de Montréal. Le Grand Griffintown, le Quartier de la falaise proposé par Montréal, le site de Radio-Canada et la somptueuse entrée maritime de Montréal pourraient accueillir à eux seuls 23 000 logements. Cela combiné aux centaines d'autres terrains vacants, de plus petite taille, et à la reconversion programmée de nombreux immeubles tels l'hôpital Royal-Victoria, il est permis d'envisager l'ajout de 50 000 logements pouvant accueillir 100 000 habitants dans le grand centre-ville de Montréal. Le défi est de faire de celui-ci un lieu agréable où vivre, où élever une famille même.

Plein potentiel

Où se réalisera cet extraordinaire potentiel de développement sociodémographique et économique? Où les 25 milliards de dollars que représente l'accueil de 100 000 nouveaux habitants seront-ils investis? Ce sera soit au coeur de Montréal, soit à Mascouche, à Boisbriand, à Saint-Constant et à Sainte-Julie. La raison même de mon entrée tardive en politique est de créer les conditions de réalisation du plein potentiel de Montréal, plutôt que d'assister béatement à l'exode de classes moyennes montréalaises vers les banlieues.

Tout dépendra des décisions qui seront prochainement prises en matière de mobilité des personnes. Le projet du MTQ de reconstruire et de compléter les trois autoroutes donnant accès au centre-ville confirme qu'aux yeux du gouvernement du Québec, c'est dans les banlieues lointaines que le potentiel de développement de Montréal doit être redirigé. Si le gouvernement provincial appuyait plutôt une stratégie de type Living First, façon Vancouver, ce qui implique de miser résolument sur les transports collectifs de haut niveau, le coeur de Montréal deviendrait à son tour une référence mondiale pour sa beauté, sa qualité de vie et son dynamisme économique.

Le concept que la Ville a rendu public en avril dernier mettait à profit ce moment charnière pour relancer Montréal. Sur le fond, il était en tous points conforme aux propositions que j'énonce ci-dessus. Sur la forme, les urbanistes de la Ville ont dessiné un échangeur circulaire. D'autres préconisent une fort prometteuse tour à haubans. Répétons-le, cet aspect est tout à fait secondaire à cette étape-ci.

La Proposition Montréal aurait dû amener le MTQ à revoir complètement son projet Turcot à la lumière des objectifs des Montréalais. Elle a été rejetée sous le prétexte qu'il fallait agir d'urgence et qu'elle ferait grimper les coûts à 6 milliards de dollars. [...]

Un virage vers les transports collectifs électriques de haut niveau est encore possible. Un meilleur Turcot est encore possible. Il faut d'urgence revenir au consensus réel qui existe à Montréal, sur les objectifs, et mettre nos meilleurs cerveaux à contribution pour créer un nouveau consensus sur les moyens à utiliser et les façons de les financer. C'est à l'atteinte de ce but que Projet Montréal consacrera tous ses efforts au cours des mois à venir.

***

Richard Bergeron - Chef de la deuxième opposition à l'Hôtel de Ville et chef de Projet Montréal
 
 
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  • 54lili - Inscrit
    13 novembre 2010 06 h 41
    pétition contre le projet
    M.Bergeron, il faut mobiliser la population dès maintenant car le gouvernement actuel n'a aucune crédibilité en ce qui a trait au développement durable (veuillez consulter des juristes sur ce point),
    la preuve étant le dossier des gas de schiste.

    La seule priorité du PLQ est de donner des milliards à ses ptizamis
    entrepreneurs et contributeurs au parti.

    Montréal dépérit de jour en jour, le trafic en est la cause première détruisant la qualité de vie et favorisant l'étalement urbain.
    Comme vous dites, l'époque charnière pour changer les choses,
    c'est maintenant car il est indéniable que Turcot doit être démoli,
    alors faisons de ce projet de reconstruire une Vision ­écologique et
    économique, les deux sont compatibles.
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  • klujoe - Inscrit
    13 novembre 2010 07 h 37
    Projet mafieux
    Eh oui! comme tout le monde peut le constater ce projet a été dicté par certains "groupes" qui bien evidement "aide à la gestion" de la ville, encouragé par la FTQ , les électriciens et bein sur le maire.....Ou sont leurs interets? tous ces groupes sont "commandités" par la fameuse grande famille qui nous vient d'Italie via New-York dont un des menbres , non des moindres, vient de nous quitter.
    Il est compréhensible que la FTQ et autres sont totalement contre une commission d,enquete sur la construction, puisque l'enquete sera sur eux meme.....et les Quebecois pourraient découvrir le vrai dessous de la politique de construction, d,entre autre Turcot.....
    Entre le fait que trop d'impot tue l,impot, trop de public tue le public mais patience trop de magouille les tuera tous.....
    Peut etre qu Un jour les autres provinces du canada ainsi que les autres pays ne parleront plus du Quebec en tant que province "bananiere" ou corrompue mais parleront plus souvent du futur hypothetique bien vivre (esperons le)

    L'echangeur Turcot est une mascarade, le Maire de Montreal se prend pour CAESAR.....et il n'ecoute pas ses administrés....Rappelez vous de cela devant les urnes....

    Bonne journée
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  • Claude Kamps - Inscrit
    13 novembre 2010 07 h 47
    Richard
    On te prendrais au sérieux, si t'avais pas été un pion de Tremblay pour diviser le vote de l’opposition!

    Tu as contribué à faire élire Tremblay qui ne le méritait vraiment pas et en plus le lendemain des élections tourner ta veste et aller faire semblant, grassement payer , de représenter l'opposition au conseil de ville....

    Si au moins à la veille des élections tu avais fait front commun avec Louise, on te croirais un peu plus....
    Dans les démocraties occidentale, surtout si le gagnant à la majorité, il devient despote et peut durant son temps faire ce qu'il veut.... l'opposition est juste là pour se préparer au prochaines élections et certainement pas pour applaudir le maire comme tu l'as fait.....
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  • André Boulanger - Inscrit
    13 novembre 2010 10 h 55
    L'écolonomie de Montréal est dépendante des TC
    Plus il y aura accès au TC vers Montréal plus l'écolonomie montréalaise sera en santé pour le bien de tous.

    Merci à Richard ROCKET 2 Bergeron pour ce brillant article.

    (on appelait Maurice Richard le Rocket en référence au premier tramway de Montréal. On en a vraiment besoin d'un deuxième ;0)
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  • Stephane Beaudoin - Inscrit
    13 novembre 2010 13 h 49
    Reduction du flot de circulation?????
    ok, y'a t'il quelqu'un qui peut m'expliquer comment on peut justifier une reduction de la capacité alors que cet échangeur est engorgé depuis sa construction???????

    3 milliards a l'eau.....non mais...c'est qui le grand génie derriere ce nouvel échec du bon sens????
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  • Monique Désy Proulx - Abonnée
    13 novembre 2010 17 h 14
    À Stéphane Beaudoin
    Si les gens prenaient le tramway pour entrer à Montréal, plutôt que leur automobile, ça libérerait les rues de Montréal, et ça nous permettrait de diminuer la capacité routière de monstres comme l'échangeur Turcot. Autrement dit, l'existence d'un système de transport sur rails nous permettrait tous de nous déplacer sans avoir d'auto, on aurait alors plus d'argent pour aller au concert ou au théâtre, sans se demander où mettre cette fichue voiture qui nous coûte la peau des fesses. Voilà qui serait intelligent de la part des Québécois qui ne produisent ni voitures ni pétrole, mais qui produisent des trains, des tramways et de l'électricité.
    Vivement qu'on allume et qu'on mise sur l'avenir!
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  •  
  • aberrrant - Inscrit
    14 novembre 2010 21 h 46
    de grand rêveurs
    présentement dans presque tout les familles , l'homme et la femme travail ,. donc , il faut déposer les enfants a la garderie et aller les chercher le soir . avec l'autobus ou tramway , impossible .

    les marchandises pour tout niveaux , faut aller les chercher et les livrer .

    nous somemes en 2010 , il faut prévoir pour au moins 20 ans non sioit 2030 ou 40 non , donc , si on réduit la capacité des éxchangeurs on va vers la catastrophe non .

    MONTREAL est une grande ville , il ne faut pas l'organiser comme un village de st clain clain . elle va faire faillite .
    sa lui prend des industrie de tout niveaux , pour faire vivre sa population . non . avec tout les avantages et inconvéniants , qui égale
    polution minimum .

    les écolos , qui veulent ecologuer , c'est bien simple , ils déménagent en forest , batissent leur maisons - leur routes - leur écoles - leur pistes cyclable - planifie leur industries écolos et que vont'ils faire , pour recevoir et expédier leurs marchandises et autres . ?????

    donc arrêtez de vouloir vivre en campagne , en plien centre ville .
    déménagez ailleurs .

    les rêveurs du PLATEAU vous êtes hors norme ou hor réalité .
    vous participez au déclin de la ville et a sa faillite possible .
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    15 novembre 2010 10 h 00
    À Aberrant...
    Vous avez bien choisi votre surnom...
    Bien des gens n'ont pas de voiture et vont déposer leurs enfants à la garderie ou à l'école en transport en commun. Je l'ai fait pendant des années.
    Les écolos ne veulent pas tous vivre à la campagne, mais bien en ville, où l'habitat est dense et où on peut se rendre quelque part en marchant, en pédalant, et où le transport en commun peut être efficace...
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  • NGS - Abonné
    17 novembre 2010 00 h 30
    Québec Solidaire????
    Personne n'a parlé de quelque intervention ou prise de position que ce soit de la part de QS ou de son député montréalais sur Turcot. Pourtant la balle est dans la cour des garnements à Québec depuis un an. Étrange, très étrange...inquiétant même! Omertà dans l'Assemblée dite Nationale?
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