Lettres - Couvent Mont-Jésus-Marie: un joyau détourné
Dès qu'il a été question de la revente du couvent Mont-Jésus-Marie à un promoteur de condos, la colère m'a envahie. Soustraire ainsi du revers de la main un lieu aussi magnifique à nos étudiants qui auraient dû en profiter est proprement scandaleux. J'irais jusqu'à dire malhonnête de la part d'une institution à vocation culturelle comme l'Université de Montréal. Les sœurs leur avaient cédé le couvent justement à cause de cette vocation.
J'ai eu la chance de visiter l'endroit et d'assister à une célébration dans sa superbe et étonnante chapelle. Comment décrire ce joyau? Je me sentais dans un roman baroque en contemplant la coupole du plafond haut de plusieurs étages et les petites alcôves, reliées par des galeries intérieures, dont les fenêtres surplombaient le choeur de la chapelle. De ces discrètes ouvertures, des religieuses, affaiblies ou malades, suivaient la messe. Je me souviens de mon émerveillement devant les boiseries blanches, les peintures, la luminosité et l'apparente légèreté de cet ouvrage pourtant monumental. J'étais soufflée que personne ou presque ne soupçonnât l'existence de ce lieu féerique. Comment ne pas imaginer la bibliothèque grandiose ou l'auditorium inspirant qu'on aurait pu y aménager? Que dire aussi des larges corridors, des parquets et des boiseries qu'on aurait pu conserver pour créer un environnement riche d'histoire, lumineux, calme, autant pour les étudiants que pour le personnel enseignant?
Tout cela juché sur une verte colline, à deux pas du campus principal. Mais non. Le rêve est terminé. Laissons cela aux universités anglophones, comme McGill qui achète sans sourciller tout ce qui est à vendre dans le secteur de son campus. Continuons d'entasser nos chercheurs dans de petits bureaux étriqués de part et d'autre de longs corridors froids et sans âme. Et souhaitons beaucoup de bonheur aux riches investisseurs qui, encore une fois, élargiront leur patrimoine personnel aux dépens du public.
***
Élisabeth Melançon - Montréal, le 19 août 2010
J'ai eu la chance de visiter l'endroit et d'assister à une célébration dans sa superbe et étonnante chapelle. Comment décrire ce joyau? Je me sentais dans un roman baroque en contemplant la coupole du plafond haut de plusieurs étages et les petites alcôves, reliées par des galeries intérieures, dont les fenêtres surplombaient le choeur de la chapelle. De ces discrètes ouvertures, des religieuses, affaiblies ou malades, suivaient la messe. Je me souviens de mon émerveillement devant les boiseries blanches, les peintures, la luminosité et l'apparente légèreté de cet ouvrage pourtant monumental. J'étais soufflée que personne ou presque ne soupçonnât l'existence de ce lieu féerique. Comment ne pas imaginer la bibliothèque grandiose ou l'auditorium inspirant qu'on aurait pu y aménager? Que dire aussi des larges corridors, des parquets et des boiseries qu'on aurait pu conserver pour créer un environnement riche d'histoire, lumineux, calme, autant pour les étudiants que pour le personnel enseignant?
Tout cela juché sur une verte colline, à deux pas du campus principal. Mais non. Le rêve est terminé. Laissons cela aux universités anglophones, comme McGill qui achète sans sourciller tout ce qui est à vendre dans le secteur de son campus. Continuons d'entasser nos chercheurs dans de petits bureaux étriqués de part et d'autre de longs corridors froids et sans âme. Et souhaitons beaucoup de bonheur aux riches investisseurs qui, encore une fois, élargiront leur patrimoine personnel aux dépens du public.
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Élisabeth Melançon - Montréal, le 19 août 2010
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