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Couvent Mont-Jésus-Marie - Triste démocratie

Rassemblement pour la sauvegarde du 1420 Mont-Royal

Collectif d'auteurs  21 août 2010  Montréal
Le plan d’urbanisme a été modifié pour permettre un projet immobilier.<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Le plan d’urbanisme a été modifié pour permettre un projet immobilier.
Le geste que s'apprête à poser le maire Tremblay dans le cas de l'ancienne maison mère des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à Montréal, sera un jour sombre non seulement pour les défenseurs de cet édifice patrimonial, mais aussi pour tout le Québec. Il consacrera, une fois de plus, le triomphe de la finance et des jeux de coulisses sur la démocratie. Nous nageons en plein «duplessisme».

Rappelons que l'Université de Montréal avait acquis l'édifice à bon compte et qu'elle avait l'obligation morale de lui conserver sa vocation institutionnelle, d'autant plus qu'il est situé dans l'arrondissement naturel et historique du mont Royal. Or l'Université a plutôt choisi de le jeter en pâture au promoteur Catania, qui entend le transformer en luxueux condos, et cela, avec la complaisante collaboration du maire de Montréal.

Depuis près de deux ans, un groupe de citoyens, librement engagés dans leur milieu, se sont massivement et vigoureusement opposés à cette odieuse transaction; en outre, les partis de l'opposition à l'Hôtel de Ville ont appuyé leur action en ce sens. En dépit de ces faits, le maire est parvenu, en mars dernier, à modifier le zonage et le plan d'urbanisme régissant et protégeant jusque-là l'immeuble en question.

Néanmoins, les opposants au projet de Catania n'ont pas baissé les bras: ils ont choisi de poursuivre la lutte par la seule voie qui leur restait, celle d'un référendum portant sur des aspects majeurs du projet. C'est l'administration Tremblay qui en a fixé les règles: il fallait d'abord obtenir la signature de 125 citoyens parmi les quelques privilégiés résidant à proximité du bâtiment; en second lieu, il s'imposait que 224 citoyens, appartenant à la zone définie à la première étape, aillent signer un registre demandant la tenue du référendum. (Pour nous faciliter la tâche, sans doute, monsieur le maire a fixé au 22 juin l'ouverture du registre, alors que de nombreux citadins ont quitté la ville pour leurs vacances.)

Malgré cela, 278 personnes, soit plus de 13 % des citoyens habilités à voter, se sont présentées pour signer la demande de référendum, lequel devait être tenu avant le 14 octobre. On a alors noté, avec une certaine satisfaction, que le pourcentage des gens qui se sont déplacés pour aller signer le registre a été, proportionnellement, plus élevé que celui des Montréalais qui se sont donné la peine d'aller voter pour monsieur Gérald Tremblay aux dernières élections municipales.

Légal, mais immoral

Et voilà que nous apprenons ces jours-ci que monsieur le maire Tremblay décide qu'il n'y aura PAS de référendum! La Charte de la Ville de Montréal lui permet, semble-t-il, un tel comportement, lequel, s'il est légal, est tout aussi immoral que celui de l'Université de Montréal, que nous avons dénoncée ci-dessus.

Comment peut-on ridiculiser avec une telle désinvolture le processus démocratique et les nombreux citoyens qui ont agi de bonne foi? Comment pourra-t-on, devant de telles pratiques odieuses, s'étonner du cynisme des électeurs, qui ne daigneront plus se déplacer pour exercer leur droit de vote?

Heureusement, osons-nous dire, il est encore temps de rappeler l'administration Tremblay à l'ordre en vue de prévenir que pareille farce sinistre se répète ailleurs au Québec: rappeler à l'ordre par une vaste mobilisation de l'opinion publique et par les interventions appropriées du ministre des Affaires municipales et de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.

Mais le temps presse. Il est interdit de laisser bafouer impunément les droits de la démocratie!

***

Andrea Audet, Danielle Blanchard, René Brault, Micheline Cabana, André-Pierre Contandriopoulos, Denise Courteau, Jean Décarie, Louis Dumont, Ginette Dupré, Claude Godon, Sylvie Hébert, Michèle Joubert, Pierre Labelle, Jean-Claude Marsan, Isabelle Péretz, Mariette Plante, Madeleine Reid, Madeleine Sauvé, Michel Seymour, Daniel Turp, Denyse Vézina.
 
 
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  • André Chevalier
    Abonné
    samedi 21 août 2010 09h35
    Privatisation des biens publics
    La désinvolture avec laquelle les dirigeant de l'université de Montréal ont trahi l'obligation morale qu'ils avaient envers les religieuses les déshonorent.
    Quant au maire Tremblay, sous son apparence bon enfant à l'écoute des citoyens, il se comporte en individu à la solde d'intérêts privés occultes qui cherchent à faire main basse sur les biens publics par tout les moyens.

  • Wina Forget
    Inscrite
    samedi 21 août 2010 16h03
    bravo aux citoyens engagés
    Le maire Tremblay agit avec mépris envers sa population ! Il se doit de représenter sa population qui lui a clairement exprimé son désaccord à la construction de condos de luxe. La démocratie est bafouée sans relâche au Québec. Une chance qu'il y a des citoyens engagés ! Ne laissons pas le privé détruire une fois de plus notre patrimoine ! Le peuple québécois doit se réappoprier son patrimoine, son histoire et sa fierté !

  • Pierre Samuel
    Abonné
    dimanche 22 août 2010 09h08
    So what! Le party continue...
    Comment se surprendre? La majorité des Montréalais se foutent éperdument de l'administration municipale depuis toujours. Le simple fait qu'un jovialiste déconnecté soit constamment réélu essentiellement par une minorité de résidants du West Island pour cause d'indifférence générale, ne peut que «favoriser le triomphe de la finance et des jeux de coulisses sur la démocratie.»

    Les Montréalais apathiques, anesthésiés d'artifices et de festivals ne veulent surtout rien savoir des «casseux de partys» peu importe ce qu'il leur en coûte... «Du pain, des jeux, that's it, that's all»! Tout le monde a du «fun», tout le monde il est heureux...même le «Times» est d'accord!

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    dimanche 22 août 2010 09h56
    Tremblay est contre la démocratie
    Il demande aux gens de se signer un registre pour un référendum. Les gens le font et il décide de ne pas en tenir un. Parce qu'il sait qu'il va le perdre.

    La démocratie est bafouée dans tous les niveaux de gouvernement, incluant les commissions scolaires.

    On se demande ensuite pourquoi la population est cynique envers les politichiens...

  • France Marcotte
    Abonnée
    dimanche 22 août 2010 12h22
    Pis après?
    Votre commentaire est toujours aussi encourageant que d'habitude Pierre Samuel...

    À part le déluge, la vie est-elle possible après vous?

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 22 août 2010 18h05
    Une transaction strictement privée
    Cela est une transaction strictement privé, l'aspect extérieur de la battisse sera maintenu et d’où sort cette obligation morale????

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 23 août 2010 07h32
    @ France Marcotte
    Si vous êtes en désaccord avec mes commentaires sur le contenu, ne serait-il pas plus approprié d'y répondre avec des arguments crédibles autrement que par des attaques sans fondement?

    En quoi mon commentaire est-il faux, chère dame?

  • Andre Groleau
    Abonné
    lundi 23 août 2010 11h49
    La suite des choses
    Dans le débat relatif à la préservation du couvent Mont-Jésus-Marie, j'appuie la nécessité de préserver le Mont-Royal, j'appuie le maintien de l'édifice actuel dans sa plus grande intégrité possible. Mais il m'est difficile de comprendre la finalité espérée dans ce dossier. Nous sommes devant un édifice magnifique qui était une maison d'enseignement, propriété d'une congrégation religieuse. À partir du moment où cette congrégation vend cet édifice et que son premier acheteur ne souhaite pas poursuivre le projet initialement prévu (maintenir la vocation académique de l'édifice) et que l'on considère que la conversion en condo n'est pas une option, on fait quoi avec cet édifice? Il serait aidant pour moi, dans le débat actuel, d'avoir des points de vue sur cette question. Il ne faudrait pas qu'une victoire quant à sa préservation fasse en sorte que cet édifice soit délaissé, voire inhabité pendant une longue période.

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