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Montréal projetterait d'installer des modules d'affichage à même son mobilier urbain

Lisa-Marie Gervais   20 juillet 2010  Montréal
La Ville de Montréal songerait à installer plus de 500 espaces d'affichage sur son mobilier urbain pour permettre aux citoyens de s'exprimer librement. Cette proposition est actuellement entre les mains de la Coalition pour la liberté d'expression (C.O.L.L.E.), qui fait le tour de ses membres pour recueillir les réactions et faire une contre-proposition à la Ville, a indiqué Sébastien Croteau, directeur général de l'Association des petits lieux d'art et de spectacle (APLAS) et instigateur de la Coalition.

Ainsi, des modules circulaires de 22 pouces de diamètres, un peu comme un moulin à prières utilisé par les bouddhistes tibétains, fixés à des poteaux ou des lampadaires, permettraient d'agrafer des affiches de 11 sur 17 pouces.

Jacques-Alain Lavallée, porte-parole de l'arrondissement de Ville-Marie, un secteur fort touché par l'affichage sauvage, a reconnu qu'un projet est à l'étude, mais sans vouloir en donner les détails. «Il va y avoir des espaces qui vont être mis en place. Pour le moment, on en est à cette étape. Je ne peux pas vous dire s'il y aura consultation publique», a-t-il indiqué au Devoir.

Jeudi dernier, un jugement de la Cour d'appel a donné raison au militant altermondialiste Jaggi Singh, à qui on reprochait d'avoir collé une affiche sur un poteau en 2000. M. Singh a contesté la validité du Règlement d'urbanisme de la Ville de Montréal, alléguant qu'il violait la liberté d'expression garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

Pour Sébastien Croteau, ce jugement ne fait que l'encourager dans la cause qu'il défend: celle de pouvoir communiquer l'art et la culture indépendante. «La Ville a une responsabilité en matière d'affichage. Elle doit fournir une solution de rechange», a-t-il soutenu. Dans une conférence de presse en mai dernier, C.O.L.L.E. Montréal a demandé au maire de s'attaquer au problème plutôt que de s'acharner à sévir. À ce jour, les membres de la Coalition avaient recueilli jusqu'à 215 000 $ en contraventions.

M. Croteau s'est donné jusqu'au début août pour sonder ses membres. Un rapport sur l'affichage, accompagné de recommandations, avait également été remis à la Ville en mars dernier. Déclaré invalide par le jugement de jeudi dernier, le Règlement d'urbanisme, qui «interdit d'inscrire un message, de coller ou d'agrafer une affiche ailleurs que sur une surface prévue à cette fin» demeurera toutefois en vigueur jusqu'au début de l'année 2011.
 
 
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  • Rino St-Amand
    Inscrit
    mardi 20 juillet 2010 09h50
    Droit à la libre expression vs droit de polluer
    Il me semble y avoir deux aspects dans cette cause, tout aussi important l’un que l’autre.

    Empêcher d’afficher représente effectivement un frein à la libre expression, mais apposer une affiche sur un lampadaire, sans jamais l’enlever, son effet cumulatif devient pour le moins polluant. Dans la rue, comme dans n’importe quel média, le message doit avoir une durée déterminée, sinon l’accumulation de ces affiches fini par être bordélique. Il me semble que la ville pourrait s’opposer à cette liberté de polluer, en exigeant que les afficheurs enlèvent leurs affiches après une durée d’exposition raisonnable. Et il me semble qu’un juge ne pourrait pas s’opposer à une telle exigence.

  • MichelG
    Inscrit
    mardi 20 juillet 2010 10h34
    sous culture
    Les Nations sans culture doivent devenir des grosses et vulgaires publicités

  • Benjamin Trottier
    Abonné
    mardi 20 juillet 2010 14h33
    J'appuie l'initiative
    C'est une excellente idée ! Il y a pleins des gens qui collent pleins de choses n'importe où de toute façon, alors pourquoi pas leur donner un espace prévu à cette fin ?

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 20 juillet 2010 18h48
    Futilités et balivernes...
    La meilleure façon pour nous Montréalais de s'exprimer clairement avec autorité ne serait-elle pas, de cesser de «tourner autour du pot» avec des insignifiances et d'exercer avec force et conviction notre droit de vote en temps et lieux?

    Ce serait le meilleur porte-voix que nous pourrions utiliser en cessant d'être une ville «juste pour rire»!

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