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L'OMS veut un urbanisme axé sur la santé des citadins

Le Centre d'écologie urbaine de Montréal espère que la métropole québécoise prendra cette tangente dans son futur plan d'urbanisme

Fabien Deglise   8 avril 2010  Montréal
Mieux penser la ville au nom de la santé. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé hier aux grandes métropoles du monde de penser autrement leur trame urbaine de manière à inciter les citadins à adopter des modes de vie active et des comportements sains. Un appel que gagnerait à écouter Montréal lors de la révision, cette année, de son plan d'urbanisme, ont souligné hier les défenseurs de la santé publique.

Hier, à Genève, l'OMS a profité de la Journée mondiale de la santé pour lancer une campagne de sensibilisation à l'intention des autorités municipales afin qu'elles adoptent rapidement des plans d'urbanisme respectant la santé des populations, mais aussi faisant la promotion de modes de vie sains. L'organisme estime que les milieux urbains ont un impact direct sur la santé des citadins et que, d'ici 2050, sept personnes sur dix devraient vivre dans des zones urbaines, contre quatre sur dix il y a 30 ans.

«En général, les populations urbaines s'en tirent mieux que les populations rurales, a indiqué Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, par voie de communiqué. Mais les villes concentrent aussi les menaces pour la santé, comme [...] la pollution, les accidents de la circulation, les épidémies de maladies infectieuses et les habitudes de vie malsaines.»

Pour enrayer cette tendance, l'OMS suggère donc des changements en profondeur au sein des gouvernements municipaux et appelle à la promotion de plans d'urbanisme différents, à l'amélioration des conditions de vie en milieu urbain, à l'adoption de modes de gouvernance participative, à la construction de villes ouvertes à tous et adaptées aux personnes âgées. Entre autres.

«La diversité des questions de santé dans les villes et leurs déterminants suppose des politiques coordonnées entre de multiples secteurs, dont l'environnement, le transport, l'éducation, les parcs, les loisirs et l'urbanisme, a indiqué Ala Alwan, responsable des maladies non transmissibles à l'OMS. Nous sommes à un tournant de l'histoire urbaine, où nous pouvons apporter un réel changement.»

Montréal doit bouger

Pour Luc Rabouin, directeur général du Centre d'écologie urbaine de Montréal, «l'OMS vient de donner de la crédibilité au lien connu entre développement urbain et santé. Avec la révision de son plan, Montréal a donc une belle occasion de démontrer qu'elle a assimilé la corrélation».

M. Rabouin rappelle que, dans les villes aménagées pour la voiture, les problèmes d'obésité, de pollution atmosphérique ou encore d'accidents sont nombreux. «À Montréal, huit enfants sont frappés chaque semaine par une voiture, dit-il au Devoir. Avec un plan d'urbanisme qui accorde de l'importance à d'autres types de transport [en commun, sur pattes ou sur deux roues], la santé des citadins ne pourrait qu'en être améliorée.»
 
 
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  • Gabriel Deschambault
    Inscrit
    jeudi 8 avril 2010 09h38
    l'OMS maintenant!
    "Mieux penser la ville au nom de la santé" Aie, Aie, Aie! ...après la Santé Publique; après les deux premiers plans d'urbanisme; après le Plan de transport de la Ville de Montréal, son Plan de développement durable et tout le reste; c'est maintenant au tour de l'OMS. Il ne nous manquera plus que l'ONU!
    Le problème de la "voiture idiote" et de ses effets en milieu urbain sur les résidents des quartiers centraux est connu depuis fort longtemps. Il n'y a pas grand chose à y rajouter. Malheureusement, la solution doit obligatoirement passer par l'application (très. très hypothétique) d'une autre phrase creuse :..."une volonté politique ferme doit s'exprimer".
    Si nos élus ne font rien quant au fait de laisser entrer en ville, chaque jour, des millions de "voitures-solos"; s’ils veulent toujours ménager la chèvre et le chou et ne choquer personne; il ne se passera rien.
    Mais de grâce; faites-nous au moins l'économie de toutes ces Politiques, Plans et autres études qui ne s'appliqueront JAMAIS, faute de l’existence de cette fameuse volonté politique.

  • Christian Boulais
    Inscrit
    jeudi 8 avril 2010 17h16
    On espère... eh... on espère...

    Bien d'accord avec Gabriel Deschambault: comme si on ne le savait pas encore et qu'on avait besoin de l'OMS pour en juger... encore qu'avec les doutes qui semblent grandir quant aux influences qui auraient orientés l'OMS dans l'affaire du H1N1, on se demande si ça ne nuira pas à la cause...

    Mais la mièvrerie face à la place du char en ville n'est pas que le fait des polluticiens, dont l'audace en la matière est archi-connue... Veuillez notez le cliché insipide d'un représentant de la bureaucratie de l'environnement ...

    «À Montréal, huit enfants sont frappés chaque semaine par une voiture. Avec un plan d'urbanisme qui accorde de l'importance à d'autres types de transport la santé des citadins ne pourrait qu'en être améliorée.»

    Ça, c'est du jolie convenu sans conséquence ... Si le "directeur-général" avait dit souhaiter un plan d'urbanisme qui fait appel aux mesures d'apaisement de la circulation pour instaurer les quartiers maximum 30 km/h, il serait déjà plus concret car cela s'attaque directement au problème tout en favorisant du même coup les vélos et deux pattes... mais être concret c'est déjà exprimer une volonté de se battre qui est difficile à concilier avec la business des Maisons de ci et de ça pour le bien contre le mal une branlette à la fois quand il faut se faire aimer de tout le monde pouvant faire rouler la carriérette, y compris les polluticiens... faut garder sa bonne réputation, tout de même!

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