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Régime minceur pour le Quartier des spectacles

Les trois projets, dont le 2-22, seront de moindre dimension et leurs chantiers seront retardés

Kathleen Lévesque   13 février 2010  Montréal
Trois des projets liés au Quartier des spectacles devront attendre avant de voir le jour. Aux prises avec des difficultés, notamment d'ordre financier, le promoteur de l'édifice du 2-22 Sainte-Catherine, du quadrilatère Saint-Laurent et de l'édicule du métro Saint-Laurent fait table rase et entend relancer des projets revus et corrigés.

La construction de l'édifice culturel phare du Quartier des spectacles, le 2-22 Sainte-Catherine, qui doit abriter la Vitrine culturelle, la radio communautaire CIBL, le Projet Imago, la galerie Vox et Artexte ne pourra pas débuter avant le 15 mai prochain. À l'origine, le chantier devait démarrer en octobre dernier, mais la tenue des élections municipales et la tourmente dans le secteur de la construction avaient freiné l'élan du promoteur, la Société de développement Angus (SDA). Mais le montage financier représentait le coeur du problème.

«Le coût des travaux était trop élevé pour la capacité de payer des organismes culturels. Il a fallu refaire le projet avec l'objectif de faire une économie de 1,7 million», a expliqué en entrevue au Devoir le président de la SDA, Christian Yaccarini.

Exit, l'immeuble de verre audacieux signé Paul Andreu. Le 2-22 comptera plutôt cinq étages faits notamment de briques, en harmonie avec l'architecture traditionnelle montréalaise. Le hall d'entrée conçu comme une place publique avec les plafonds très hauts sera ramené à des proportions moins coûteuses.

«Ce sera un geste architectural moins éclatant. On fera un bâtiment plus consensuel et plus modeste», a indiqué M. Yaccarini.

Le projet devra être soumis de nouveau à l'approbation de l'arrondissement de Ville-Marie, mais M. Yaccarini assure d'ores et déjà qu'il respectera en tout point le règlement d'urbanisme. Il n'est pas question de porter flanc aux nombreuses critiques des derniers mois et surtout, de retarder davantage l'arrivée des grues. Pour l'instant, le projet est revenu à l'étape des esquisses.

Quadrilatère Saint-Laurent

Un coup de barre majeur est également prévu du côté du quadrilatère Saint-Laurent. Le projet sera réduit des deux tiers. Ainsi, d'un projet de 300 000 pieds carrés, le quadrilatère Saint-Laurent ne comptera plus que 100 000 pieds carrés. Les investissements suivent la même pente, passant de 170 millions à environ 60 millions.

Hydro-Québec demeure le principal locataire du projet, mais il n'est plus question d'une tour de 15 étages pour y déménager ses quelque 1300 employés, qui logent actuellement à la place Dupuis. L'édifice ne dépassera pas son voisin patrimonial, le Monument-National.

«On n'est pas capable de livrer le bâtiment pour 2012 parce qu'on n'a pas réussi à acquérir le Cléopâtre. Ça n'a rien à voir avec une défection d'Hydro-Québec», a soutenu le président de la SDA.

De fait, le propriétaire du café Cléopâtre, un bar de danseuses nues, conteste devant la Cour supérieure le droit de la Ville de Montréal de l'exproprier au profit d'un promoteur privé. Avec le processus judiciaire, les changements de fond et les étapes d'approbation municipale, rien ne laisse croire que le projet de la SDA puisse s'enclencher avant deux ans, estime le promoteur.

Pendant ce temps, l'investissement de quelque 25 millions de la SDA est gelé et génère même un coût, c'est-à-dire le paiement des taxes foncières et l'entretien minimal des bâtiments barricadés. Hormis le Cléopâtre, la SDA détient 92 % des terrains et bâtiments qui doivent servir à la revitalisation du tronçon du boulevard Saint-Laurent au sud de la rue Sainte-Catherine.

Métro Saint-Laurent

Les ennuis de la SDA ne s'arrêtent pas là. Le troisième projet, qui est un complexe culturel érigé sur l'édicule du métro Saint-Laurent, est reporté d'au moins un an — dans le meilleur des cas. La difficulté pour les organismes culturels d'obtenir le financement gouvernemental nécessaire à leur installation déstabilise grandement le projet. Pour l'instant, seul LADMMI, une école de danse contemporaine, a les sous en poche. Le cinéma Parallèle a également prévu y déménager ses pénates en prenant de l'expansion (cinq salles sont prévues), mais le montage financier est à revoir. Tous les autres partenaires sont hypothétiques pour l'instant.

Au total, le quart seulement de la superficie du projet est occupé. «On a sept ou huit mois pour que le projet mature. Si ça ne fonctionne pas, on va laisser faire. On retarde la construction d'un an pour que les partenaires complètent leur bout de chemin», a soutenu Christian Yaccarini. La SDA a en poche une option d'achat avec la Ville de Montréal, ce qu'elle doit finaliser l'automne prochain.
 
 
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  • clemjoub
    Inscrit
    samedi 13 février 2010 09h17
    ouf!
    on l'a échappé belle! Bien content de voir qu'on révise ces projets montés à toute vitesse et qui étaient mal ficelés! D'un autre côté, c'est bien dommage pour les locataires qui y croyaient et ont vraiment besoin d'espace.
    Mais est-ce que M. Yaccarini pourrait engager des architectes québécois sensibles à la réalité montréalaise et qui ont fait leurs preuves? Je pense à Dan Hanganu (Musée Pointe-à-Callières, Pavillon de Design de l'UQAM, Complexe Chaussegros-de-Léry, Archives nationales sur Viger, siège social du Cirque du Soleil et plusieurs autres) ou Saucier Perotte (Usine C, Cégep Gérald-Godin, Nouveau pavillon de musique de McGill, etc) ou Éric Gauthier de FABG (Cirque du Soleil, Théâtre Dawson, Théâtre Quat'Sous, etc) ou Daoust-Lestage (Siège social de la Caisse de dépôt et placements, Maison du Festival de Jazz, Quartier International, Quartier des spectacles, etc)...

    Au moins avec un de ces architectes on ne refera pas l'erreur de l'OSM: choisir un projet sur la base du montage financier sans aucune considération architecturale...

    Pour une ville qui se veut une ville du design c'est pas fort et c'est d'autant plus frustrant qu'on a plusieurs architectes vraiment compétents et créatifs!

  • Paradis
    Inscrit
    samedi 13 février 2010 14h35
    Déchirer l'âme de l'artiste dans le Quartier des Spectacles
    Depuis son inauguration le projet de la SDA semble faire exclusion des artistes du Cabaret Cleo alors que nous nous y présentons en spectacle depuis 6 ans.

    Le cabaret Cleo n'est pas seulement qu'un "bar de danseuses" mais c'est aussi un 2ème étage avec une scène de type "show-bar" (la dernière à Montréal) qui accueille des centaines de spectacles alternatifs à chaque année. C'est aussi un 3ème étage entier dédié aux loges pour artistes!

    Lors des audiences de l'Office de Consultation Publique de Montréal nous avons proposé plusieurs alternatives d'inclusion des artistes dans le projet. Nous attendons toujours un retour d'appel de la Ville de Montréal et de la SDA à cet effet.

    Le Partenariat du Quartier des Spectacles, à ce jour, continue d'ignorer notre existence même après une démarche franche et constructive exprimant notre volonté de prendre part aux activités, et ce, après y avoir livré plus de plus de 200 spectacles depuis 2004.

    250 artistes et jeunes designers y ont participé. Un mouvement qui continue d'attirer des centaines de touristes provenant des quatre coins du monde à l'occasion de notre festival annuel, le Week-end Fétiche de Montréal.

    Il est dommage de déchirer l'âme de l'artiste en ignorant tout de ses réels besoins en le réduisant comme simple spectateur de son propre avenir n'ayant ni droit de parole ou d'apport.

    Il faut seulement regarder le nombre d'espaces commerciaux vacants
    entre le Centre Eaton et Papineau pour avoir une idée de l'hécatombe
    qui nous attend si l'on persiste à refuser d'y intégrer les artistes qui se battent depuis 8 mois pour y conserver une place qui leur revient de droit.

    On ne peut qu'imaginer 100 000 pieds carrés de locaux à louer en plein Quartier des Spectacles de Montréal.

    Alors que des villes comme New York avec son Greenwich Village, Miami avec son South Beach, Londres avec son Soho Village et New Orleans avec son Bourbon Street honorent la tradition artistique et culturelle de leur passé, Montréal efface la sienne.

    Notre futur ne peut que grandir par notre volonté d'y participer et
    c'est à Ville de Montréal et son partenaire de la SDA que revient la responsabilité de nous offrir des outils de continuité et de prospérité compétitifs.

    L'avenir, c'est ensemble qu'il faut le bâtir!

    Eric Paradis, président de la Coalition des Artistes du Cabaret Cléo, producteur du Club Sin et du Week-end Fétiche de Montréal.

  • Henry Fleury
    Inscrit
    dimanche 14 février 2010 07h00
    Le Quartier des copains
    Dans mon jeune temps, j'allais régulièrement chez Cléo pour me faire remonter le bouquet. Un endroit que j'ai toujours aimé. Aujourd'hui, si tu n'es pas "ami" de la bande, tu ne fais pas partie du quartier... des copains.

  • La Rouche
    Inscrit
    mardi 16 février 2010 07h20
    Le Quartier délabré
    Un projet qui donne la chance à ce pan de rue délabré d'avoir l'air d'autre chose qu'un dépotoir, c'est trop beau pour être vrai. En fait c'est trop beau pour qu'il se réalise et là comme ailleurs, le Montréalais s'oppose, procrastine et chiale. Pas compliqué la SDA, allez mettre vos (nos?) sous ailleurs, et laissez ce petti bout de rue tout sale tel qu'il est. J'ai autre chose à faire avec les 2500 $ de taxes que je paie à la Ville chaque année.

  • Olivier Begin-Caouette
    Inscrit
    mardi 16 février 2010 15h10
    Se renouveler, bâtir, mais ne pas exclure!
    Montréal est une ville d'inclusion. Elle tire sa beauté et sa force des groupes culturels qui y habitent et des différentes professions qui s'y pratiquent. Parmi celles-ci, il y a les artistes, une des grandes fiertés de la ville. Et, dans ces artistes, il y a les artistes nouveau genre, les artisans des cabarets et les bâtisseurs de spectacles marginaux. Pour que ceux-ci s'expriment, une scène du 2e étage du Cabaret Clé leur offre un environnement de choix et un public interational, venu des États-Unis, d'Europe, d'Asie et d'Australie pour admirer ces spectacles choquant mais si rares. Ils ne cadrent pas dans la morale populaire, certes, mais ne méritent pas non plus d'être exclus du projet de la Ville. Un quartier des spectacles, comme montréalais, j'en rêve. Mais je ne veux pas qu'il brime ces artistes marginaux. Je veux aller voir le Cinéma Parallèle, je veux aller aux différents festivals, mais je veux aussi pouvoir m'amuser au 2e étage du Cabaret Clé. Alors, si la ville est incapable de collaborer avec ces artistes qui ont mis de magnifiques propositions sur la table, tant pis si le projet se perd. Le montréalais n'est pas immobile comme croient certains québécois. Le montréalais est consensuel et, certes, le consensus prend du temps!

  • B. Nathalie
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 18h56
    Up datez vous, Ce n'est pas qu'un bar de danseuse!!
    J'en ai un peu marre d'entendre parler du café, cabaret Cléopatre comme BAR DE DANSEUSES quand le 2/3 de l'immeuble est consacré aux artistes de scène de tous les milieux, personnificateurs, modèls(es), photographes, performeur (se), artiste de cirque, DJ, chorégraphes, designer et j'en passe. À qui cela profite de colporter une image aussi restreinte. Cette endroit héberge non seulement la relève du milieu underground mais il est aussi l'endroit de prédilection pour y voir spectacle pour tout les gouts a prix très abordable (moyenne de 10$) qui d'autre ailleurs offre cela à Montréal. Des artistes international y performent que ce soit de tous les milieux, burlesque, fétiche, danse...demandez la liste des artistes qui y sont passé afin de bien savoir de quoi vous parler lorsque vous parlez du Cléopatre. Ou regardez ce vidéo http://bevisionhd.tv/video/malifice
    Ou l’émission les Franc Tireur en Mars qui ont fait un reportage. Je ne peux pas croire que certain journalistes sont moins « up date » que la modeste chaine téléquebec. La qualité des loges est impressionnantes et la générosité du propriétaire et d'égale proportion que ce soit pour les pratiques gratuite et l'offre du bar de jour pour des ateliers touchant différent sujet. Ce cabaret est l’hôte depuis les dernières années du célèbre Fetish weekend qui devenue le 2 ieme plus gros événement fétiche au MONDE en Septembre passé, il amène plus de 2500 personnes pour une seul soirée et plus de 800 personnes venant de partout à travers le monde pour apprécier la ville et le milieu fétichisme underground et fantaisiste en pleine croissance partout dans le monde. Encore la demandez au propriétaire de l’hôtel combien de nuitées il vend lors de ce festival sans parler des restaurateurs. Plus qu’un bar de danseuse une industrie et une renommé internationalement. La qualité des spectacles et des designers sont indiscutable!! Oublier le pantalon de cuir les gens sont vêtue comme des vraies stars digne du filme Matrix..

    Ce cabaret Cléo est la porte à toute cette effervescence que ce milieu fétiche apporte et la fantaisie que l'on ne peut y voir nulle part ailleurs dans aucun club. De part son coté underground et encore tabou je trouve cela dommage que bien des artiste et clients adeptes de ces soirées (des personnalités public) ne daigne en parler et promouvoir cette emplacement par peur de jugement. Cela aurait il un impacte plus crédible que de croire que nous sommes qu’un petit groupe minoritaire qui s’insurge pour un BAR DE DANSEUSE. Informez-vous faite vos recherches à moins qu’il y ait collusion aussi dans les medias pour le bien de la SDA. Le café Cléopâtre est une maison pour le milieu fétichisme comptant plus de 1000 membres connus, artistes, designer, etc.…mentionné plus haut. Le Cléo est une école, un tremplin pour des tas d’artistes qui n’ont pas de contacte dans le milieu artistique à Montréal connue pour ne favorisé qu’un cercle d’élue. Avec Johnny le proprio aucun favoritisme vous avez une idée vous voulez l’exploiter allez demandez lui, que ce soit une pièce de théâtre gore fait par des étudiants, jusqu’au spectacle raffiner de la célèbre Midori. Cet endroit est une mine d’or qui fait sauver bien de l’argent au gouvernement en subventions juste par la générosité du propriétaire du Cabaret Cléopâtre.

    Montréal a toujours été reconnue pour leur idée avangardiste le café cleopatre est plus qu’un bar de danseuse il est l’endroit ou émerge toute les nouvelles tendances du milieu fétichiste et des nouvelles tendances culturelle de la nouvelle génération. Dois-je vous rappeler Marie-Chantal Toupin qui revête sur sa pochette de cd un ensemble de latex de la compagnie Montréalaise Polymorphe. Lady Gaga, Beyoncé, Madonna sont à la fut des nouvelles tendances. Le café Cléopatre fait partis de l’histoire non seulement passé mais présent et futur. Montréal a tout à gagner de conserver cet endroit surtout s’il veut continuer d’être avangardiste en tendances mode fétiche et éviter les artistes et designers d’aller offrir leur talent ailleurs. Toutes les grandes villes possèdent on leur endroit renommé de la scène fétichiste.

  • Jean dominique Leccia
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 12h28
    Angus au centre-ville. L’abandon d’un projet qui détruisait le Quartier.
    Il faut se réjouir de l’abandon d’un projet qui détruisait le carrefour Saint-Laurent-Sainte-Catherine, qui éliminait la culture populaire du quartier des spectacles, et qui transformait le centre géographique de Montréal en un corridor d’immeubles, avec notamment une tour de treize étages.

    Des milliers de citoyens fréquentant le Red Light, des organismes aussi prestigieux que Patrimoine Montréal ou le Monument National et des autorités universitaires en matière d’urbanisme comme le Centre canadien d’architecture ont manifesté à plusieurs reprises leur opposition ou exprimé de sévères réserves au projet de la Société de développement Angus, mais la Ville de Montréal a toujours fait la sourde oreille.

    Habitant, le quartier, je constate aujourd’hui l’ampleur des dégâts de cette spéculation foncière avortée. Le promoteur Angus a déjà racheté des commerces à prix fort et a barricadé les lieux. Sera-t-il tenu de remettre le quartier en l’état avant que de nouveaux projets à dimension HUMAINE soient rapidement réalisès.

    La recomposition du cœur de Montréal, nécessite une concertation à laquelle nous n’avons en tout cas jamais été associés, alors que nous avons avancé des propositions raisonnables.

    Pour le Red Light, on doit préserver la vitalité, le maintien et l’amélioration des commerces et salles de spectacle en place, un immeuble résidentiel avec au sommet les ateliers d’artistes et en lieu et place du 2-22. des possibilités pour des artistes ou groupes des quartiers excentrés ou des régions éloignées de venir se produire.

    Bref mettre l’accent sur la connectivité, et la convivialité pour cette reconstruction qui devra etre IMAGINATIVE et dont on pourrait faire le symbole architectural de Montréal, un jeu de poupées russes du Red Light au quartier des spectacles jusqu’aux quartiers et régions déshéritées.

    Voilà un beau défi architectural et urbanistique que notre métropole, capitale culturelle de l’UNESCO est capable de réussir tant elle dispose d’artistes et de jeunes architectes de talent. Bravo à toute l’équipe de ne pas s’être résigné, notre mobilisation a fait la différence.

    Jean Dominique Leccia

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