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    Budget: Bergeron appuie Tremblay, à l'encontre de son propre parti

    26 janvier 2010 |Jeanne Corriveau | Montréal
    Richard Bergeron
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Richard Bergeron
    Membre du comité exécutif, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a décidé d'appuyer le budget de l'administration Tremblay même s'il en désapprouve de grands pans et que les élus de sa propre équipe le rejettent. À ses yeux, cette position ne constitue pas une contradiction, mais bien une attitude «responsable».

    Réunis à l'hôtel de ville hier, les membres du conseil municipal ont débattu toute la journée du budget 2010 de la Ville qui prévoit des hausses de taxes de 5,3 % pour les contribuables montréalais. Les échanges se sont poursuivis toute la soirée et à 23h35, les élus ont adopté le budget de 4,3 milliards de dollars dans une proportion de 38 contre 22 voix.


    Dilemme

    En après-midi, Richard Bergeron avait pris la parole pour faire savoir qu'il comptait appuyer le budget de l'administration Tremblay même s'il rejette plusieurs éléments qui s'y trouvent. «Je ne le ferai pas par opportunisme, comme certains mauvais esprits pourraient être tentés de le penser, mais bien parce que j'estime que ce budget va, à maints égards, dans la bonne direction», s'est-il efforcé d'expliquer lors de son intervention.

    S'il applaudit aux investissements importants consacrés aux transports en commun — 433,7 millions de dollars, dont 359,4 millions pour la Société de transport de Montréal — de même qu'à la réserve de 10 millions destinée à renforcer l'expertise technique de la Ville et à l'enveloppe de 12 millions supplémentaires pour les arrondissements, M. Bergeron aurait souhaité que la Ville abaisse le prix de la carte autobus-métro (CAM) à 60 dollars et investisse massivement dans la construction de logements sociaux. Il a aussi suggéré la création d'un fonds Transit Oriented Development (TOD) de 1,5 milliard de dollars pour financer une stratégie de développement axée sur le transport collectif.

    Malgré ses réticences, M. Bergeron a voté en faveur de ce budget alors que les neuf autres membres de sa formation l'ont rejeté. Il estime que sa position lui permettait d'être à la fois solidaire du comité exécutif dont il fait partie depuis novembre dernier et solidaire des élus du parti qu'il dirige. Tous les membres de son équipe ont approuvé sa décision, a-t-il assuré. «C'est un peu long à expliquer, mais je crois vraiment avoir résolu la quadrature du cercle, pas dans le sens mathématique du terme, mais dans le sens de la politique montréalaise, a-t-il indiqué en marge de la séance. Je me sens très à l'aise de voter avec mes collègues du comité exécutif et je me sens très à l'aise que mes neuf collègues élus de Projet Montréal votent contre le budget. Ça semble un peu tarabiscoté, mais c'est plus responsable que de simplement se lever et de quitter la salle.»


    Étonnement

    La chef de l'opposition, Louise Harel, n'en revenait pas du raisonnement de son collègue. «C'est la première fois en 27 ans de vie politique que je vois un élu parler contre [un budget] et voter en [sa] faveur», a-t-elle résumé. La conseillère de Louis-Riel, Lyn Thériault, qui siège elle aussi au comité exécutif, n'a pas participé aux débats en soirée et était absente lors du vote, s'exposant à une pénalité de 100 $. «Je ne pense pas que pour avoir le courage de ses convictions, ce soit ce montant qui la préoccupe», a indiqué Mme Harel. Ses troupes ont rejeté le budget.

    Plus tôt dans la journée, la chef de l'opposition avait pris soin de demander à Gérald Tremblay quelles directives il donnait aux deux membres de l'opposition siégeant au comité exécutif. Le maire avait répondu qu'en cas d'opposition, il suggérait aux deux élus de quitter la salle au moment du vote, mais qu'il remettrait en question la cohabitation si ceux-ci votaient contre le budget.

    La chef de l'opposition juge qu'en campagne électorale, le maire Tremblay n'a pas donné l'heure juste aux Montréalais en taisant les importantes hausses de taxes qui les attendaient.

    Lors de la plénière, les élus de Vision Montréal ont maintes fois dénoncé la réduction des investissements prévue en 2010 en raison de la révision des processus d'octroi de contrats décrétée par le maire Tremblay. Invariablement, les fonctionnaires ont répondu que le comité exécutif devrait ultérieurement cibler les dossiers prioritaires. «C'est une drôle façon de fonctionner. On a l'impression de signer un chèque en blanc», a fait remarquer Mme Harel qui voyait mal comment les élus pouvaient approuver à l'aveuglette de telles dépenses.

    Les partis d'opposition ont multiplié les amendements avec un succès inégal et ont remis en question certaines règles de procédure. Les trois partis se sont finalement entendus pour procéder au vote avant minuit.

    Les débats se sont déroulés en l'absence du numéro deux du parti Vision Montréal, Pierre Lampron, qui a été hospitalisé après avoir été victime d'un malaise jeudi dernier. Il devait subir un pontage coronarien hier.












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